‹ De l'état de l'instruction primaire à LondresChapitre 6 sur 12 · SG · texte numérisé non relu

SG

gueur du corps et ces habitudes de simplicité qui ne doivent pas s'évanouir. Un terrain de onze acres entoure rétablissement; une ferme y est établie, et, à part l'étude de la botanique, la taille des arbres, etc., les travaux de cette ferme (soin des animaux de basse-cour , culture des terres, etc.) sont confiés aux jeunes maîtres, — 11 semblait difficile de concilier ces devoirs avec les études : on y est parvenu; et les travaux de la maison , de la ferme, du jardin, sont répartis alternativement entre différentes sections, plus ou moins nombreuses. Un moniteur dirige chaque groupe et di-tribue la besogne en raison de l'expérience et des forces. Le plus ancien élève exerce une juridiction générale ; c'est lui qui règle les occupations de chaque jour sous la direction de i'indu s trial masicr, et qui veille à l'exacte exécution. C'est lui aussi qui recueille les plaintes , et apaise les différends.

L'unique ressort de cette discipline est , on le voit , l'influence de la hiérarchie, la confiance mutuelle et le respect de soi. Le directeur n'intervient que dans les cas d'impérieuse nécessité : système excellent, qui accoutume l'intelligence à compter sur ses propres ressources , qui trempe la volonté et rend l'esprit qu'il façonne capable de ces devoirs dont la pratique est , pour l'individu, la science de la vie, pour les peuples, la condition de leur dignité, et que les Anglais ont résumé sous un nom : Self-rjoveniment.

Ce système, les faits le démontrent, atteint véritablement son but, et les vocations répondent aux efforts qui sont faits pour les développer. Parmi les jeunes hommes récemment sortis de St-Mark's collège, quatre sont entrés dans les ordres, et l'un d'eux est missionnaire sur les côtes du Labrador ; deux sont engagés au service de la Naiional-Societi/, à titre d'organising masters; un a créé une école dans l'Amérique du Nord, un autre à Bombay. Sept sont attachés à des écoles normales en qualité de directeurs ou de maîtres. Plusieurs sont à la tête d'importantes écoles à Londres, à Brighton, à Lichtield, à Newcastle, à Southampton; les autres, et c'est le plus grand nombre, occupent des places dans des villages (1).

(t) Je me haie d'ajouter que, sur le grand nombre des jeunes gens sortis de St-Vark's collège, très-peu (verij few) ont trompé Patiente des directeurs par une conduite réprchensible. (Fortieih report of ihi national society, p. 21 (V

Mans celte atmosphère religieuse des écoles normales de la National-Society, et particulièrement, ai-je besoin de le répéter? dans l'école de St-Mark, se produit sans contrainte ce Eh H heureux dont je parlais plus haut, l'intime alliance de l'instituteur et du prêtre. Une éducation commune a fondé cette alliance; la communauté des vues la cimente ; je veux citer ce fragment d'une lettre tout récemment adressée par d'anciens élèves-maîtres au comité de la Société nationale :

« Depuis deux ans, on a établi une conférence à Windsor d'après un plan qui paraît bien répondre au but qu'on s'est proposé; ce plan a d'ailleurs l'avantage de pouvoir être facilement adopté par tout membre du clergé qui voudrait fonder une association du même genre.

« Nous nous réunissons à peu près six fois par an chez un des ministres membres de l'association. Enété, rassemblée a lieu, pendant le jour et à la campagne. On commence par des prières faites en commun à l'église du village, prières suivies d'une instruction sur les devoirs de l'instituteur. Vient ensuite un diner à la maison du pasteur ou à l'école. L'après-midi se passe en divertissements; ou bien l'on visite quelque monument célèbre du voisinage. Je puis l'affirmer, d'après ma propre expérience, ces réunions ne lont pas moins de bien à l'âme qu'à l'esprit.

« Je puis en dire autant de nos assemblées d'hiver, bien qu'elles soient consacrées moins au plaisir qu'à l'instruction; car on y traite quelque sujet de religion, de morale ou d'enseignement dont on avait arrêté le programme à la séance précédente. Chaque membre y donne son opinion ou par écrit, ou de vive voix. Déjà nous avons discuté diverses questions telles que celles-ci : de la prière dans l'école ; de l'influence de la famille sur Cèduca lion; du caractère que doivent avoir les punitions. Après la séance, nous prenons le thé, et le reste de la soirée se passe dans des entretiens familiers.

« Pour soutenir l'œuvre, nous nous cotisons annuellement : G francs pour les maîtres et 12 francs pour les membres du clergé. On prépare aujourd'hui la formation d'une bibliothèque.

Windsor, novembre 1851.

Ainsi, la société trouve unis sur un terrain commun les deux r eprésentants de ses plus chers intérêts. Et c'est surtout aux

écoles normales, en Angleterre, qu'il faut reporter l'honneur de ce précieux résultat.

Avant de m'occuper des écoles normales de la ôritish and /breign society, je dois vous parler de nouveau , Monsieur le Minisire % de l'école normale d'institutrices et de directrices d'asile de Graijs inn rond : je vous ai fait connaître les principes généraux qui président à la marche de cet établissement; il laut maintenant entrer dans les détails que nécessite son importance. Je crois utile de donner un spécimen abrégé de plusieurs des cours professés dans cette école. L'existence d'une institution analogue à Paris, institution peu comprise et souvent méconnue, lui donne, à nos yeux, un intérêt spécial. L'école normale de Grai/s inn road a, pour la France, comme objet d'étude et comme modèle, toute proportion gardée, l'importance qu'en 1831 M. Cousin, dans un rapport célèbre, attribuait aux écoles normales de Brùhl et de Postdam.

cours d'instruction religieuse.

Nécessité de la Révélation.

Page 1