OBSERVATION V
Mélancolie anxieuse.
Mme Alphonsine B..., 50 ans. Sans profession.
Antécédents. — Son père était triste, soucieux de questions d'argent. Il est mort d’une maladie de cœur. Il était aisé et empruntait de l'argent pour économiser le | capital.
Sa mère est morte d'une maladie de cœur.
Sa fille a un goître exophtalmique. Comme antécédents personnels, nous ne trouvons chez cette malade qu’une fièvre typhoïde à l’âge de 25 ans.
. Mme Alphonsine entre le 14 janvier 1893 avec le certificat suivant :
Délire mélancolique, anxiété très vive, craintes imaginaires, hallucinations, « Sa fille est condamnée, elle ne
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peut plus vivre ; son mari va perdre son emploi, etc, , etc. Insomnie, refus d’aliments.
Signé : Docteur G...
9 Décembre 1893. Les sergents de ville l'ont arrêtée parce qu'ils croyaient qu’elle se jetait sous les voitures boulevard de Clichy..., c'était faux, elle allait chez ses enfants. |
Son mari a une maladie du cerveau, elle voulait le mettre à Charenton. Un parent de sa fille lui a dit de ne pas le faire, de bien le soigner etc., etc.
Son mari est représentant en spiritueux, il aeu du délirium trémens. Actuellement il est incapable de travailler. TH écrit tout le temps, c'est une monomanie.
Elle fond en larmes. Tout le monde l’accuse et est contre elle. Elle est lasse d’être torturée ; on la menace, on la camisole, on la torture. Elle est cause de la mort de toute sa famille par ses imbécilités et ses méchancetés. Elle a fait semblant de se jeter sous les voitures, elle ne Vaurait pas fait.
20 Décembre. Geste d’effroi quand on l'approche. Dit qu'on vient l’interroger et qu’elle avoue tout. Elle a perdu tous les siens et un gendre qui l'aimait bien.
25 Décembre. Geste de terreur. Hallucinations. Tendance au suicide. Culpabilité imaginaire. Scrupules.
Janvier. Nourriture à la sonde.
Avril. À essayé de se couper la gorge avec un verre. Anxiété extrême. Les médecins s’engraissent de la douleur et des tourments qu’ils lui font subir.
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Mai. Exitation violente. Se frappe la tête après les murs. |
Juillet. Tentative de suicide par strangulation.
Mai 05. La malade s’écorche à chaque instant l'oreille et le bras.
Actuellement Mme Alphonsine est toujours une mélancolique anxieuse. Elle dit être cause de la mort du Bon Dieu ; tout le monde doit mourir par sa faute, sans elle Pranzini serait encore vivant.
Examen de la sensibilité.
Au point de vue de la sensibilité nous constatons chez cette malade les modifications suivantes.
1° Abolitior de la sensibilité de la peau à la douleur (piqüreset pincements) sur toute la surface du corps, sauf à la face.
2° La sensibilité de la peauà l'électricité, la sensibilité électro-musculaire sont normales, mais la douleur n'est provoquée qu'avec un courant très fort.
3° La douleur produite par une piqûre profonde ne s'accuse qu'après un retard de trois secondes.
4° Les sensations de tact, de pression sont normales. Nous avons donc une dissociation de la sensibilité à la douleur et des autres sensibilités.
5° La perception des températures est défectueuse.
6 Anesthésie du voile du palais et de la luette et disparition de tout réflexe lorqu'on titille cet organe.
Exagération du réflexe patellaire.
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7° Diminution dans la perception des saveurs. La solution amère paraît salée.
8° Hallucinations.
Exagération de la soif.
Angoisse précordiale.
Constipation.