‹ De L'État de la Sensibilité Chez Quelques MélancoliquesChapitre 24 sur 24 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1° Les troubles de la sensibilité sont de règle dans le cours de la mélancolie et se montrent indifféremment dans les formes dépressives, anxieuses et stupides de cette affection. Ces troubles très mobiles apparaissent, augmentent.et disparaissent avec les autres symptômes.

2° Il est une perturbation de la sensibilité qui est constante, c’est la perte ou la diminution considérable, sur une ou moins grande partie du corps, de la sensibilité à la douleur avec conservation de la sensibilité tactile et souvent aussi des autres sensibilités.

3° La forme des zones d’analgésie est très variable. Le plus souvent l’analgésie envahit toute la surface du corps pour ne laisser qu'unefpetite portion saine. Le dernier refuge de la sensibilité douloureuse semble souvent être la lèvre supérieure.

Partois aussi l’analgésie se localise à un membre ou même à l’une des faces d’un membre.

Ces lésions sont souvent mais non toujours symétriques. L'on peut voir, par exemple, la perte de la sensibilité douloureuse. sur un avant-bras et sur une jambe du même côté.

L'on trouve souvent un retard dans la perception de la

. douleur.

msi)

4° La sensibilité tactile est diminuée dans un quart des cas au niveau des zones d’analgésie, mais cette diminution est toujours très légère.

5° La sensibilité électrique, la sensibilité Si musculaire sout diminuées dans les 3/4 des cas.

60 La diminution de la sensibilité thermique s abserie principalement dans la forme anxieuse.

7° Nous avons pu observer une fois la perte de la sensation -du chatouillement et la diminution de la sensibilité à la pression,

8° Les réflexes disparaissent souvent chez ces malades à cause même des anesthésies. Nous avons trouvé quatre fois le réflexe patellaire exagéré.

9° Les hypéresthésies s’observent dans un tiers des cas.

Elles sont en général de peu d’étendue et se localisent en un point très variable.

Lorsqu'une zone d’hypéresthésie se trouve au milieu d’une zone d’analgésie, la sensibilité va progressivement en diminuant du centre à la périphérie, de sorte, que les zones semblent à un moment être séparées par une zone normale.

10° Les organes des sens sont toujours plus ou moins atteints dans la mélancolie.

L'on observe dans la moitié des cas et souvent chez le même sujet :

La diminution et parfois l’abolition de l’ ner d’un ou des deux côtés avec disparition de la sensibilité tactile de la muqueuse.

La diminution de la sensibilité gustative.

PRO 7e

- La diminution de l’acuité auditive des deux côtés.

La diminution de l’acuité visuelle qui coïncide le plus souvent avec la diminution du champ visuel des deux cô- tés ; une fois du daltonisme, une fois de l’hémianopsie. Quatre de nos malades sont presbytes. Un présente le signe d’Argyle-Roberston.

11° Du côté des sensations internes.

Les sensations de faim et de soif sont diminuées dans la plupart des cas. Nous avons trouvé une seule fois la soif exagérée.

La sensibilité de la muqueuse rectale et vésicale est aussi presque toujours émoussée. Les mouvements respiratoires très irréguliers sont souvent moins fréquents que chez une personne saine.

12° Les sensations sujectives se retrouvent très nettes dans trois cas. La céphalalgie est presque derècle:

13° Pour ce quiest des hallucinations, dans deux cas, ‘il nous a été impossible de les trouver. Dans les autres nous avons les hallucinations de l’ouïe et de la vue, et des hallucinations psycho-motrices.

Vu le Président de la thèse :

A. JOFFROY Vu le Doyen :

Page 1