IL. — Valeurs du chlore sanguin
dans les néphrites
Thiers, à la Société de Biologie de Lyon, a proposé en 1929 la classification suivante qui a l’avantage de se borner à enregistrer les faits, sans prétendre les faire cadrer avec une conception pathogénique toujours discutable. C’est elle que nous adopterons.
Pie DE LR
A. — Néphrites avec rétention chlorée :
On peut constater l’une des trois images sanguines. suivantes : |
1° Hyperchlorie plasmatique et globulaire avec abaissement du rapport chloré érythroplasmatique.
Dans ces cas, on constate : une augmentation du chlore plasmatique ; une augmentation du chlore globulaire qui, en outre, est plus élevée que ne l’exigerait le chlore plasmatique, de telle sorte que le rapport érythroplasmatique est abaissé.
2° Hypochlorémie plasmatique avec hyperchlorie globulaire et abaissement du rapport érythroplasmatique. — Ici, le chlore globulaire est toüjours augmenté ; mais, fait extraordinaire et qui a dérouté les. chercheurs d’avant-guerre, le chlore plasmatique est abaissé. Cet abaissement est tantôt modéré, et le chlore plasmatique oscille entre 3 gr. et 3 gr. 4, tantôt extrêmement marqué : le chlore plasmatique est inférieur à 3 gr.
3° Chlorémie plasmatique normale ; hyperchlorie globulaire et àabaissement du rapport érythroplasmalique. — Il s’agit d’une éventualité aussi exceptionnelle qu'inattendue, dont nous possédons cependant un exemple typique et auquel n’a pas manqué la vérification anatomique.
: B. — Néphrites avec syndrome chloropénique de Blum :
Il y a lieu de distinguer séparément :
l’état du CI du sang, l’état de la réserve alcaline-et de l’urée.
1° Le Cl du sang. — Ici le C1 du sang est diminué, c’est-à-dire que sont inférieurs aux chiffres normaux non seulement le chiffre du C1 plasmatique et celui du total, mais encore celui des hématies. Nous tenons à insister sur cette notion qui est essentielle : constater un C1 plasmatique bas ne suffit pas pour affirmer qu'il existe une chloropénie : en effet, il y a des rétentions avec hypochlorémie plasmatique, comme nous venons de le voir. Constater que le Cl du sang total est abaissé, est encore insuffisant : nous avons dit plus haut que si le volume globulaire est diminué et que le C] plasmatique est lui-même bas, le CI du sang total peut être bas, alors que l’augmentation du Cl globulaire montre que le sujet est bien en rétention. Il est donc nécessaire que le CI globulaire soit luiaussi abaissé pour que l’on puisse affirmer la chloropénie : autrement dit, on ne peut pas faire le diagnostic de chloropénie si on a étudié seulement le Cl du plasma et celui du sang total ; il faut absolument et sans contestations possibles, pratiquer le dosage du Cl globulaire. Nous nous excusons d’insister sur ce point : mais il ne semble pas que les cliniviens se soient bien pénétrés de ces notions, et certains admettent trop facilement une chloropénie sanguine sous prétexte que le CI du sang total et celui du plasma sont abaiïssés ; on s’expose ainsi à confondre une rétention avec forte hypochlorémie plasmatique et un syndrome chloropénique. ;
2° La réserve alcaline et l’urée. — Blum a montré que dans le syndrome chloropénique, il existe une
augmentation de l’urée sanguine et une élévation de la réserve alcaline,