‹ De l'état-major et des différentes armesChapitre 22 sur 24 · CRÉATION D'UN CORPS DE MÉDECINS OPÉRATEURS · texte numérisé non relu

CRÉATION D'UN CORPS DE MÉDECINS OPÉRATEURS

Le chirurgien voit ce qu'il fait et prend l'habitude de se rendre compte de phénomènes dont les manifestations et les causes le frappent continuellement, tandis que le médecin arrive trop souvent à méconnaître les faits dont l'explication lui échappe, et il se laisse entraîner aux hypothèses et aux systèmes qu'offre invariablement l'histoire de la médecine et que chaque nouvelle génération répudie.

Les chirurgiens, toujours curieux des causes de la guérison et de la mort, versés dans la connaissance de l'anatomie, appliquent ces heureuses dispositions à l'étude de la médecine, et la voix publique a dit depuis longtemps : Jeune chirurgien , vieux médecin.

En supposant le doute permis à cet égard, l'intérêt du service exige la réforme que nous proposons.

Avec un corps unique de chirurgiens, tous les blessés et les malades trouvent des secours, et l'on n'est plus exposé à se heurter contre le danger de laisser des multitudes de blessés dans les hôpitaux et sur les champs de bataille, privés des opérations qui les conserveraient à leur famille , à leur carrière et à l'État

Avec Jcs mômes sacrifices, le service sera beaucoup mieux assuré; et plus on étudiera cette question, plus on apercevra la nécessité de constituer un corps unique de chirurgiens militaires, ou, si l'on aime mieux cette seconde dénomination, de médecins opérateurs, et d'accroître ainsi les ressources et l'utilité du corps de santé.

Strasbourg, 26 novembre 1868.

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