‹ DE L'ÉTAT MENTAL DE BAUDELAIREChapitre 14 sur 15 · SET · texte numérisé non relu

SET

des bains de Barèges et des bains de vapeur, purifient un homme ».

Il semble bien que nous tenons là le « confitentem reum ». Les médecins, au moment où la paralysie se déclara, ne soupçonnèrent point la syphilis chez leur malade, mais combien de syphilis restent méconnues ?

Peut-on attribuer à la syphilis le premier rôle dans l’évolution de la maladie qui mit fin aux jours de Baudelaire ? Nous trouvons bien évidemment chez notre auteur une céphalée violente, des étourdissements, des vertiges qui peuvent faire songer à une syphilis cérébrale ; cependant l'hémiplégie dans ce cas est le plus souvent progressive, elle met plusieurs jours à s'étendre, elle est souvent incomplète. Ce n’est pas ce qui s’est produit pour Baudelaire, terrassé brutalement à Namur.

Nous avons indiqué plus haut qu’un médecin qui avait soigné le poète avait prononcé le mot d'hystérie, mais Ja marche de la maladie, telle que nous l'avons rapporté, indique que nous avons bien affaire à une hémiplégie organique.

La céphalée violente que ressentait Baudelaire, accompagnée de vomissements, de vertiges, de dépression, peut nous faire penser à une tumeur cérébrale. Mais bien des renseignements qu'aurait donné un examen complet nous manquent et nous empêchent de conclure de façon définitive dans ce sens.

L'ictus qui frappa Baudelaire est-il dù à une hémorragie cérébrale ou à un ramollissement? Il semble bien que c'est là qu'il faille chercher la véritable cause de l’affection qui met fin à ses jours. Cette fois encore trop de renseignements nous font défaut qui nous permettraient de faire le diagnostic certain. Cependant la localisation de l'hémiplégie à droite, l’'aphasie consécutive paraissent devoir faire pencher la balance du côté du ramollissement. C'est en fin de compte à cette dernière hypothèse que nous nous rattacherons.

Page 1