LEO
du cou, près de la tête, qu'est-ce que cela prouve, si ce n'est que le traitement salutaire (salsepareille, iodure de potassium) a peut-être prévu ces accidents. La blessure intérieure n'était pas... dites-vous? La preuve ? Quant à l'ulcération extérieure, je l’ai vue, et vous savez ce que je vous ai dit tout de suite. D'une manière générale rappelezvous que tout traitement anti. est excellent et rajeunissant de sa nature, et qu'il n'y a pas de traitement... sans mercure... »
Après les journées de 1848, il écrivait : « Nous avons tous l'esprit républicain dans les veines, comme la vérole dans les os, nous sommes démocratisés et syphilisés. » Sur une couverture de revue il griffonnait ces deux mots : « Jeanne, ma mère »et vis-à-vis il mettait le nom de Ricord, souligné à gros traits : n'était-ce pas comme une hantise du mal quile minait. Il se pourrait, comme certains le pensent, que son voyage aux Indes fut décidé par son beau-père, pour le punir d’avoir contracté cette maladie. Ce serait, ajoute-t-on, Sarah Louchette, qui lui aurait fait ce triste présent, Sarah Louchette dont « tous les beaux cheveux noirs ont fui la blanche nuque ». Dans la pièce écrite pour la Présidente, le poète ne parle-t-il pas de «son venin »; faut-il voir là une allusion à sa maladie?
Une lettre écrite à sa mère nous procure des renseignements plus certains : «Il est inutile d’avoir de la pudeur avec toi. Tu sais, écrit-il le 6 mai 1861, qu'étant très Jeune, j'ai eu une mauvaise maladie, que plus tard j'ai cru totalement guérie. À Dijon, après 1848, elle a fait une nouvelle explosion. Elle a été de nouveau palliée. Maintenant elle revient et elle prend une nouvelle forme, des taches sur la peau et une lassitude extraordinaire dans toutes les articulations. Tu peux me croire, je m'y connais. Peut-être dans la tristesse où je suis plongé, ma terreur grossit-elle le mal. Mais il me faut un régime sévère et ce n'est pas dans la vie que je mène que je pourrai m'y livrer », et plus loin : «trois mois d'iodure de potassium,