‹ De l'état nerveux aigu et chroniqueChapitre 11 sur 31 · PASSIONS · texte numérisé non relu

PASSIONS

(jieux et politique qui exalte et trouble la raison ; les sérieuses qiréoccupations littéraires et scientifiques qui passionnent l’esprit, et l’appliquent d’une façon continue à l’étude d’un objet difficile, etc., finissent toujours par donner au système nerveux général une susceptibilité excessive, qui se traduit par des troubles aussi nombreux que mobiles et qui constituent un état morbide véritable.

Tout le monde connaît les tristes résultats du mysticisme exagéré sur la raison et sur la santé, son influence sur la démonomanie, sur les maladies extatiques, convulsives et paralytiques des siècles passés. René, Vertber et Chatterton ont par leurs déclamations maladives énervé une foule d’individus qui ont cherché dans le suicide un remède aux souffrances, déterminés par la contemplation sympathique de leur exemple. Toute une génération de. femmes s’est, de nos jours, perdue au contact d’une littérature impudique, honorant les filles dégradées, les épouses adultères, et le vice aimable, impudent et doré. Que d’homn^es enfin n’ai-je pas vus, victimes de leur affiliation aux sociétés secrètes, politiques ou religieuses, dépérira l’œuvre et tomber par la fatigue d’une constante excitation cérébrale, en proie aux plus violents désordres nerveux pouvant aller jusqu’à la folie.

DE l’état nerveux OU NERVOSISME.

§ G. liassions.

Toutes les passions, surtout celles que l’on qualifie si justement àei jmssions dépressives, telles que le remords, la jalousie, la haine, l’envie et l’avarice, les chagrins prolongés produits par la perte d’un enfant ou d’un ami, par les revers de fortune ; par les déceptions du jeu, de l’ambition politique, déterminent des résultats à peu près semblables. Toutes ces impressions morales altèrent notablement la santé, et de Tétât dyspeptique qu’elles engendrent d’abord, à la faiblesse qui les suit et qui amène l’état nerveux aigu ou chronique, il n’y a qu’un pas.

Obs. III. — Nervosisme aigu, suite d’impression morale.

— Fièvre. — Insomnie. — Délire. — Spasmes. — Vomissements. — Marasme. — Mort (1).

(( Sous l’influence de grands remords, un homme trèsfort que voyait Tissot succomba au bout de cinq semaines après avoir offert les phénomènes suivants : le sommeil l’abandonnait totalement et il ne pouvait prendre qu’un peu de lait et d’eau mêlés, Teau seule lui donnait une crampe d’estomac, et il la rendait, le lait pur lui répugnait ; il n’eut que deux selles pendant tout ce temps ; il maigrissait d’un jour à l’autre, sa peau devenait exactement friable ; pendant les premières semaines il passait quelquefois vingt-quatre heures à s’agiter continuellement dans sa chambre. Quand il n’eut plus la force de marcher, il se roulait ; d’autres fois il était aussi longtemps sans changer d’attitude ; mais les dix derniers jours, il perdit totalement les forces, et ne put plus sortir du lit ; il n’a-

(I) Tissot, t. III, p. 305.

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