‹ De l'état nerveux aigu et chroniqueChapitre 25 sur 31 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

fièvre et de la production du marasme nerveux.

Dans sa forme primitive , il est toujours moins grave qu a l’état de maladie secondaire; et dans ce dernier cas, le pronostic dépend surtout de la nature des altérations matérielles qui existent au sein des organes.

Le nervosisme aigu secondaire, qui commence, n’est pas très-grave, et il guérit assez rapidement par les toniques. C’est ce qu’on voit après de fréquentes saignées ou d’abondantes hémorrhagies, dans la convalescence de quelques maladies aiguës, et notamment de la fièvre typhoïde. Si l’on comprend bien la signification des phénomènes nerveux offerts par les malades, et qu’on les traite en conséquence, ils durent peu ; au contraire, si, trompé sur leur nature, on leur oppose des moyens irrationnels, ils se prolongent et deviennent quelquefois le point de départ d’accidents mortels. Chez les uns, ce sont des vomissements incoercibles qui entraînent la mort par inanition, et chez les autres une excitabilité nerveuse extraordinaire, f hyperesthésie de tous les sens, des convulsions ou des paralysies, de l’œdème, des congestions pulmonaires qui favorisent l’apparition d'une phthisie pulmonaire aiguë galopante.

D’après M. Chomel, les neuf dixièmes des malades succombent malgré tous les efforts de la thérapeutique; mais c’est là un pronostic que je ne

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saurais accepter. Sans cloute, lorsc|u’on se place au point de vue d’une dyspepsie acide, cjue l’on traite par des moyens irritants pour les malades, les résultats peuvent être aussi défavorables; mais lorsque la nature du mal est bien déterminée , et que, dans l’hypothèse d’une névrose générale , on a recours aux toniques et à une hygiène fortifiante, le danger n’est plus le même, et un assez grand nombre de malades peuvent gnérir.

Le nervosisme aigu bien caractérisé est d’autant plus grave, qu’il est accompagné d’un plus grand nombre de troubles fonctionnels, et que son origine est plus éloignée. Le délire, les hallucinations, les défaillances , le ptyalisme , les vomissements , lui donnent une gravité redoutable. Le danger augmente si VaglobuUe et \ olighémie à leur dernière période se compliquent d’œdème; et alors la vie est très-sérieusement compromise.

Le nervosisme chronique n'ofPre souvent aucun danger. Borné à des troubles nerveux aussi nombreux que variables, et compatibles avec l’existence, il trouble la santé sans menacer la vie. Sa durée est illimitée. On n’en guérit jamais bien complètement. Quelquefois les symptômes perdent de leur intensité , quelques-uns disparaissent ; on pourrait se croire guéri ; mais la moindre cause occasionnelle les ranime et leur donne une intensité nouvelle, comme dans toutes les maladies générales et dia-

NATURE

Üiésiqiies. C’est un état morbide souvent incurable.

Dans quelques circonstances, le nervosisme chronique acquiert, par sa durée et par son intensité, une gravité incontestable ; cause de fièvre irrégulière ou rémittente, et de dyspepsie, il détruit les forces en arrêtant le travail digestif; du même coup il augmente l’appauvrissenient du sang et aggrave les troubles fonctionnels déjcà établis; les malades se mettent au lit pour toujours, maigrissent d'une façon incroyable, et tombent dans un état de marasme douloureux, au milieu duquel arrivent les complications les plus fâcheuses. L’œdème, l’anasarque, l’hydropisie des plèvres, du péricarde ou des méninges, les eschares au sacrum, les tubercules du poumon ou des séreuses, l’aliénation mentale, etc., se développent et amènent, trop lentement peut-être, la mort des malades, en raison de leur douloureuse agonie.

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