‹ De l'état nerveux aigu et chronique, ou, NervosismeChapitre 13 sur 33 · CAUSES. VEILLES, EXCÈS DE TRAVAIL · texte numérisé non relu

CAUSES. VEILLES, EXCÈS DE TRAVAIL

vait plus la force de voir, d'entendre et de parler. Son pouls, qui avait été très-agité et irrégulier les trois premières semaines, se ralentit les quinze derniers jours et se perdit peu à peu ; il eut des mouvements spasmodiques trèsforts les cinq derniers jours et fréquemment du délire ; l'idée d'essayer quelques remèdes lui avait été odieuse. »

Obs. IV. — Ne)'Vosisme chronique^ suite de frayeur, — Fièvre. — Insomnie. — Palpitations. — Vomissements, — Marasme. — Guérison.

(( Je fus consulté en 4761 par un robuste paysan âgé d'environ 24 ans, qui, ayant été efl'rayé par un bœuf furieux qui courait après lui, ne se sentit pas incommodé d'abord ; mais le lendemain il se trouva mal à son aise, eut des palpitations ; bientôt il ne put ni entrer au lit, ni se tenir tranquille, il était obligé d'être dans un mouvement continuel, et il perdit entièrement le sommeil ; il eut un effroi et des angoisses inexprimables avec un peu de fièvre ; il rendait tout ce qu'il prenait par un simple soulèvement de l'estomac, et il y avait déjà plusieurs mois qu'il était dans cet état. Je lui conseillai le régime le plus doux, une simple décoction d'orge, ou de l'eau et un peu de lait pour boisson, et tous les matins une poudre composée de très-peu de nitre, d'un peu de crème de tartre et de deux grains de camphre ;'au bout de dix semaines il revint presque entièrement guéri ; je lui conseillai de continuer les mêmes remèdes, et j'appris assez longtemps après qu'il était trèsbien (1). ))

§ ? . Veilles ; excès de trairail.

Les veilles prolongées^ les excès de travail de toute nature, et surtout Y excès de travail intellectuel, épuisent lentement et profondément la santé,

(I) TissoT, t. in, p. 382.

30 DE l'État nerveux ou neryosisme.

appauvrissent le sang qui se décolore et laissent dans le système nerveux une excitabilité qui se calme toujours avec peine et qui est souvent le point de départ d'accidents morbides plus ou moins graves.

§ 8. Excès Ténériens.

La masturbation et les excès vénériens produisent des effets analogues. La fièvre lente, l'inappétence, l'amaigrissement et la faiblesse occasionnés par les excès de cette nature montrent jusqu'à quel point peuvent aller les troubles du système nerveux chez les sujets dominés par ces déplorables habitudes. Je rapporte plus loin un fait dans lequel ces désordres se sont montrés sous forme de paraplégie.

^ 9. ConTalescence des maladies aig^uësj maladies clironiques.

La convalescence des maladies aiguës, principalement la fièvre typhoïde , Y angine couenneuse, déterminent quelquefois des accidents de cette nature, et il en est de même de la syphilis constitutionnelle (ce qu'on peut voir dans le livre de M. Yvaren sur les métamorphoses de la syphilis) (1). La plupart des maladies chroniques et surtout celles

(1) Au nombre des formes cachées de la syphilis, M. Yvaren cite avec raison la névrose, la paralysie, les convulsions et les névralgies signalées par Paracelse, De morh. galL, I, 5 ; Sauvages, NosoL méth., t. X, p. o5; Ilufeland, Mcd. prat,, p. 484; par Baumes ; et les névroses observées sur quelques-uns de ces malades. — Ce sont des cas de nervosisme bien caractérisés.

de l'intestin et de l'estomac, quelquefois aussi de l'utérus peuvent donner naissance au nervosisnie aigu et chronique. En effet bien que cet état puisse être primù?/, il est bien plus souvent secondaire et il dépend bien souvent d'une lésion matérielle somatique , dont l'action sympathique ou réflexe se traduit par des désordres vagues, mobiles et multiples dans le système nerveux.

Cela est très-commun dans la convalescence des fièvres typhoïdes. Au vingt ou vingt-cinquième jour d'une diète sévère, après une amélioration notable, il survient souvent de l'agitation, un faible délire, une plus grande accélération du pouls, et tous ces phénomènes nerveux disparaissent par un commencement d'alimentation. 11 en est de même des vomissements quelquefois si graves observés à cette période de la même maladie. Et, ici comme ailleurs, chez quelques sujets, dans les maladies aiguës, il importe de saisir le moment opportun, de recourir à l'alimentation, sous peine devoir l'état morbide antérieur se compliquer d'un nouvel état morbide du système nerveux caractérisé par des désordres plus ou moins graves et quelquefois mortels.

Ordinairement il n'y a que des vertiges, des illusions sensoriales, des défaillances et une grande faiblesse avec surexcitabilité nerveuse. Stoll a parfaitement indiqué ces phénomènes qu'il avait observés sur lui-même à la suite d'une fièvre putride.

(( Des vertiges et des défaillances, dit-il, ne me (( permettaient pas de rester sur mou séant. Tous (( les objets placés droit ou perpendiculairement h « l'horizon me paraissaient inclinés ou penchés, « comme s'ils eussent été près de tomber sur moi. « Ceux dont la position était parallèle à l'horizon, « semblaient aller en s'élevant, en sorte que les « personnes qui marchaient dans ma chambre me « paraissaient monter par un plan incliné ; et moice même marchant sur un plancher bien uni, je « croyais être sur un lieu qui allait en montant. A « mesure que je m'éloignais de ma maladie, ce vice « de ma vue se corrigea peu à peu , mes forces s'af- « fermissant, et enfin la santé, la plus grande des (( déesses, commença à jeter sur moi un regard face vorable. Le 1^^ mars 1777, je repris le service de (c mon hôpital et depuis j'ai toujours joui d'une ce bonne santé, bien meilleure qu'avant cette ma- « ladie. » [Méd. prat., t. II, p. 19.) Cen'est évidemment pas là de l'hystérie ni de l'hypocondrie. Dans ce cas, les troubles de l'innervation peuvent être si considérables qu'il en résulte des paralysies partielles ou générales et des paralysies des organes des sens.

Plusieurs fois déjà j'ai vu des enfants momentanément atteints de paralysie générale dont la convalescence de la fièvre typhoïde et les accidents ont disparu au bout de 1 5 à 20 jours. Dans un cas, chez

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