‹ De l'état nerveux aigu et chronique, ou, NervosismeChapitre 14 sur 33 · CONVALESCENCE DES MALADIES AIGUËS, ETC · texte numérisé non relu

CONVALESCENCE DES MALADIES AIGUËS, ETC

une petite fille qui me fut adressée à Thôpital Sainte- Eugénie par mon collègue M. Verneuil, il y avait à la fois paralysie générale et amaurose. La paralysie musculaire générale cessa au bout d'un mois, l'amaurose devint permanente. Deux ans après, quoique nous ayons pu faire, elle durait encore. Sur une autre petite fille il y eut une paralysie de la langue, guérie au bout de 15 jours; et chez quelques enfants placés dans les mêmes conditions, j'ai \u la paralysie se prolonger pendant plusieurs semaines. J'en ai connu un chez lequel la paralysie générale des membres a duré plusieurs mois et n'a cessé que sous l'influence d'un traitement hydrothérapique bien dirigé. — Aucune de ces névroses n'appartient ni à Thystérie ni à l'hypocondrie.

Pomme a publié plusieurs faits de ce genre ; là des convulsions et une hémiplégie de courte durée ; ailleurs de la fièvre, des syncopes, des coliques et des borborygmes, des spasmes, delapolyurie, etc., phénomènes dont on pourra juger l'importance par les relations suivantes :

Obs. V. — Nervosîsme chronique occasionné par la syphilis constitutionnelle. — Céphalalgie; palpitations ; asthme; gastralgie; convulsions avec syncope pendant un an. — Guérison.

« Une fille de 1 5 ans, atteinte de syphilis constitutionnelle, pâle et chlorotique, fut prise de palpitation et d'oppression considérable avec toux sèche, opiniâtre, pendant quelques semaines. — Elle eut ensuite de fortes céphalalgies, des

BOUCHUT. 3

maux d'estomac, enfin des convulsions accompagnées de perte de connaissance durant quelques minutes et reparaissant tous les 3 ou 4 jours pendant un an. »

(( La présence d'un ecthyma syphilitique sur les jambes révéla la nature du mal qui avait été longtemps méconnue. — Des bains de sublimé et du sirop de Cuisinier guérirent complètement cette malade (1). »

Obs. VI. — Nervosisme aigu, suite de convalescence. — Fièvre. — Évanouissements. — Coliques. — Borborygmes. — Spasmes de la vessie et des reins, etc., (2).

(( Mademoiselle de Saint-Jœurs, prétendante chez les dames carmélites, âgée de 18 ans, d'un tempérament bilieux, sanguin et très-ardent, fut attaquée d'une fièvre des plus aiguës, avec toux, oppression et un léger crachement de sang. Elle fut saignée et resaignée en conséquence ; on prescrivit les tisanes les plus rafraîchissantes, les émulsions et plusieurs lavements ; et ces symptômes s'évanouirent. La fièvre subsistait néanmoins depuis plus de 3 semaines, lorsque je fus consulté, La peau était aride et écailleuse ; la langue sèche et l'insomnie habituelle, ce qui dénotait une effervescence considérable. Les évanouissements vaporeux survenaient, ensuite les coliques, les borborygmes, les spasmes de la vessie et des reins, les urines claires, limpides, et le dérangement des règles, ce qui déclara parfaitement V affection hystérique. »

(( Je substituai d'abord au premier traitement la tisane de poulet, et les fomentations émoUientes, dont la malade reçut quelque soulagement, mais l'érétihsme des nerfs, et la raréfaction des liqueurs étaient portés à un si haut degré, qu'il fallut recourir aux plus puissants remèdes. Le bain seul parut opérer cet effet ; la malade le désirait ardemment ; car elle ressentait, disait-elle, intérieurement

(i) Baumes, p. 141 , et Yvaren, Métamorphoses delaSwuius, p. 08. (2) Pomme, t. I, p. 183.

Page 1