BR. — PATHOGÉNIE
$ 1. — Relations entre les fonctions digestives et les fonctions culanées.
Ces conclusions au point de vue de l'étiologie de la séborrhée n'ont rien qui doive étonner. |
Est-il besoin, en effet, de rappeler les liens étroits qui relient les fonctions du tube digestif ou de ses annexes aux fonctions de la peau ? On sait qu’en dehors de tout élat pathologique proprement dit, l'usage de certains aliments, fatigue l'estomac et retentit sur le tégument externe. DAS ;
L'ingestion de homards, d'œufs de brochet, de moules surtout ; les champignons, la viande de porc, les fraises et bien d’autres aliments. ; les vins acides du Rhin, de la Moselle, etc. ; produisent fréquemment une vive démangeaison à la peau avec ou sans exanthème, avec ou sans purpura, et l’urticaire est un témoin de lintoxication subie par l’organisme.
La susceptibilité individuelle est d’ailleurs très variable et doit être prise en grande considération. Certains sujets sont ortiés pour une seule fraise, d’autre part, le
D: Merklen acité le cas d’une famille dont plusieurs mem-
bres ne peuvent manger des œufs sans avoir une petite éruption cutanée.
Le copahu et les autres balsamiques donnent aussi des érythèmes papuleux, ortiés et polymorphes.
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. L’ingestion des bromures, des iodures, de Ja teinture d’iode, des préparations iodiques et iodo-potassiques est
suivie quand les doses sont élevées, quand l’ingestion est prolongée et surtout, selon la tolérance plus ou moins grande des malades et l'état d’intégrité de leurs artères de toute une série de manifestations éruptives (iodisme,
à éruptions iodiques et iodo-potassiques).
Les conserves avariées dans lesquelles se développent
des ptomaïnes produisent une véritable intoxication, des
fermentations et des leucomaïnes abondantes dans les
‘organes gastro-intestinaux. Leur action se traduit par
une irritation plus ou moins vive dans le tube digestif, par des nausées, des vomissements, des diarrhées allant parfois jusqu’au sang, par des lypothymies, des troubles cardiaques, et enfin souvent dominant la scène, des pous-
sées d’érythème, d’urticaire, de purpura, de sudamina, de
dysidrose, d'hyperidrose et tant d'autres manifestations
- cutanées. Les substances toxiques ont des effets analo- gues. Qui ne connaît les exanthèmes de la belladone, les
taches arsenicales et tant d’autres éruptions désignées par Bazin sous le nom de pathogénétiques ?
C’est donc un fait notoirement connu, que tout acte défectueux du chimisme digestif se reflète sur la peau. Dans les cas où les organes digestifs sont apparemment affectés, la coexistence de lésions de la peau est
non moins évidente et a été signalée de tout temps, en
France du moins. Aussi les phénomènes de réaction que nous venons de distinguer sont-ils surtout visibles chez les gras arthritiques et les maigres herpétiques, les goutteux, les rhumatisants, les migraineux, les dyspeptiques,
CE D Des les hépatiques, les rénaux ou chez les inlividus prédisposés à l’indisestion et à la diarrhée.
Dans ses études médicales faites à la maison municipale de santé (maison Dubois), notre maître M. le D' Lécorché, énumère parmi les nombreux symptômes ‘du catarrhe de l'estomac, celui-ci:
« Beaucoup de malades ont aussi de la congestion de la face qui apparaît surtout au moment de la digestion. »
Et il ajoute :
« Ce dernier symptôme était si prononcé chez un malade, qu'il fit croire à tort au médecin traitant à une pléthore sanguine ; la numération des globules sanguins a montré que cet état n'avait rien de commun avec la pléthore, le chiffre des globules étant de beaucoup inférieur à la moyenne physiologique. :
Dans des cas de dilatation de l'estomac, M. le professeur Bouchard a noté l’eczéma 13 fois sur 100 ; de même, fait que nous avons déjà signalé, chez les dilatés, principalement chez les jeunes filles, il est commun d'observer l’acné des tempes et de la région mentonnière.
Dans les cas pathologiques semblables, aussi bien que dans les dyspepsies, les embarras gastriques et tous les troubles gastro-intestinaux chroniques, l’urticaire a été souvent signalée, comme d’aulres éruptions congestives avec élevures du derme. RS +
Au sujet de la couperose, Guibout écrit: « Entre la peau du visage surtout et l'estomac, les sympathies les plus étroites existent. La muqueuse gastrite est-elle con-
rer gestionnée par une digestion laborieuse ? La face devient rouge, vultueuse et si celte coloration anormale et de sympathie se renouvelle souvent à la suile d’excès de table, elle reste. » | s k
On peut aujourd’ hui penser qu'il s’agit là de phénomènes réflexes causés probablement par des toxines, mais partant de la muqueuse stomacale et allant par le pneu- mogastrique se réfléchir sur le trijumeau.
Avec le Dr Barthélemy il convient de ranger aussi dans le même ordre de faits, les troubles de la circulation cutanée qui sont connus sous lé nom de dermographisme et qui sont si fréquents dans leurs différents degrés chez les arthritiques nerveux, C'est-à-dire chez ceux dont le système nerveux, est très sensible aux causes d’auto-intoxication. Le professeur Bouchard a du reste démontré l’action des toxines sur les vaso-moteurs périphériques.
Dans tous les cas d'acné vulgaire observés par lui, le D' Barthélemy déclare que les prodromes et les symptômes témoignaient toujours de l’état défectueux des voies stomacales. ;
Dans six observations de pityriasis versicolore publiées récemment, MM. de Molènes et Costilhes montrent celte dérmatose existant en même temps que la dilatation de l’estomac.
Le pityriasis rosé de Giberl a été constaté plusieurs fois chez des dilatés (Jacquet. Soc. clin., 1886) ee
4 “Remarquons : ici que dans certains cas, la dilatation de l’es-
___tomac ne fait que débiliter l'organisme et le rendre moins réfrac-
taire aux causes qui peuvent l’atteindre {telles sont la tuberculose, la fièvre typhoïde, dont le bacille trouve de plus un milieu
SP PRE Certaines variétés d’eczémas et de licaens enfin. soat regardés par beaucoup comme l'apanage de l’arthritisme, c'est-à-dire de la nutrition ralentie et acidifiée.
Il n'est pas jusqu’au psoriasis et aux troubles trophi-
ques qui suivent celle dermatose, que l’on n’ait considérés comme une loxidermie et l'on sait que la débilitation produite par la dilatation de l'estomac cause aussi un certain nombre d'infections qui ont des retentissements directs sur la peau, par exemple le zona.
Il est intéressant de noter enfin, que ces mêmes lésions dermiques que l’on connaît aujourd’hui concomitantes de la
dyspepsie et des perturbations de fonctions : gastro-intes tinales, se rencontrent aussi bien avec les affections du foie. Cette concomitance n’avait pas échappé à l'œil obser-
vateur de Bazin. Mais d’après ce clinicien il y ararement
rapport de coincidence directe entre les lésions cutanées et hépatiques, la dyspepsie s’ajoutant presque toujours à l'affection du foie.
Quoiqu'il en soit, ces relations de dépendance entre les fonctions culanées et celles de l’appareil digestif, entre l’état pathologique du tube gastro-intestinal et diverses dermatoses, ont élé reconnues de tout temps. Nous les
avons tout particulièrement constatées dans l’étude de la
favorable dans les fermentations gastriques), ce n’est guère qu'un rôle de ce genre que joue vis-à-vis du pityriasis rosé et de certains exanthèmes à marche cyclique, la dilatation de l’estomac. Il s’agit là de débilitation générale de l’organisme et non pas de peau particulièrement préparée pour les germes, comme
nous le verrons ultérieurement en parlant des conséquences de l’état séborrhéique.
séborrhée. À ne onsidérèr que cette maladie, comment établir le mode d’enchaînement qui relie les troubles du
côté de la peau, aux phénomènes prodromiques ou symptomatiques indices d’une insuffisance GENS el carac-
lérisant celte affection ?
$2. — Hypothèse d’un processus pathogénique de la Sébor-
rhée..
Quelles que: soient les glandes affectées dans la sébor- . rhée à forme huileuse, nous pouvons dire, d'après nos connaissances générales sur le mécanisme des sécrétions, que leur activité fonctionnelle spéciale résulte : soit de la mise en jeu de cette force inconnue que l’on a dit appar-
-tenir à l'élément anatomique glandulaire et présider aux
phénomènes intimes de sécrélion ; soit de l'influence du système nerveux, du mode circulatoire, de la composition du sang ; : soit enfin de l’irritation directe des glandes par des agents venus de l'extérieur ou des substances éliminées par la peau.
Or, dans notre étude d’étiologie générale, nous avons vu qu'il était difficile d'attribuer la séborrhée à une cause
d’origine externe. Ajoutons que, si la modification de la
sécrétion normale tenait par exemple à l’action de microbes venus de l'extérieur, les examens microscopiques déjà ‘faits auraient décelé leur présence, de même on ne saurait interpréter l’action de tout autre agent externe venant irriter directement les éléments cellulaires des glandes, sans renoncer à voir une relation entre les troubles diges‘ifs et l'affection cutanée. Nous avons vu
Jacques 7
AGE au contraire que les troubles du côté de la peau élaient toujours en proportion directe de ceux du tube digestif. On peut donc penser plus justement que ces derniers,
par l'intermédiaire des facteurs. internes influant directe-
ment sur les glandes, agissent sur la sécrétion. Mais au cas où il existerait uns force de sécrétion développée Etre
sein du tissu glandulaire même, comment supposer l’influence de ces troubles digestifs sur cette force? Nous ne
voyons de relation possible entre ceux-ci et la fonction sécrétante, que dans l’action qu’ils peuvent exercer à dis-
tance par le système nerveux ou par des produits de la digestion absorbés et venant en contact avec les organes glandulaires.
On se trouverait donc en présence d’un phénomène
nerveux réflexe dont le point de départ serait la muqueuse
digestive et qui irait se représenter sur les vaisseaux ou les cellules de la glande, ou d’un phénomène de passage, des voies digestives à la peau, de substances irritantes.
Les deux processus sont possibles et peuvent s’expliquer. | her Del ebr
14° — Dans les unes du tube digestif ou de ses
annexes, il y a: mauvais fonctionnement de cet appareil ;
altération des produits organiques sécrétés ; défectueuse
élaboration chimique des aliments; fermentations gastrointestinales anormales et production de principes toxiques, d'acides organiques, de leucomaïnes et autres alcaloïdes animaux (Gautier, Chim. physiol.). :
Ces manifestations morbides ont été mises en évidence par les beiles études de M. le professeur C. Bouchard, sur les aulo-intoxicalions. #50