‹ De l'étranglement dans les hernies abdominalesChapitre 3 sur 23 · DE LA DEUXIÈME ÉDITIOIN · texte numérisé non relu

DE LA DEUXIÈME ÉDITIOIN

Ce n'est pas sans hésitation que je me suis décidé à publier une nouvelle édition de ce travail. Les thèses de concours, écrites à la hâte sur un sujet désigné par le sort, rédigées, imprimées, tirées, brochées et déposées en quinze jours, se ressentent toujours de la précipitation avec laquelle on les compose, et des préoccupations sans nombre qui viennent assaillir l'esprit du candidat. Les pages manuscrites, à peine relues, sont portées à l'imprimerie avant que Fencre qui les couvre soit desséchée; l'auteur, enchaîné à la composition, n'a pas même le temps de revoir les

ppreiives, et il ne lui est permis de jeter sur son œuvre un coup d'oeil d'ensemble que lorsque l'impression est terminée et lorsqu'il est devenu impossible de faire des corrections. Rien n'est plus contraire aux sages préceptes de Boileau. On doit donc s'attendre à trouver dans ces productions improvisées des répétitions, des lacunes, des digressions et des imperfections de tout genre. Ce sont des fautes qu'on n'avoue pas le jour de l'argumentation, mais qui n'en sont pas moins réelles, et le lecteur, j'en suis convaincu, jugera • comme moi que la présente thèse a subi la loi commune.

Tous ces défauts, que je suis 1(^ premier à reconnaît re, ont cependant trouvé grâce devant le public, et, malgré une large distribution faite aux médecins et aux élèves- le jour de Targumentalion, les exem[)laires ([ui uni i'^lr mis eu vente oui été eulevés assez rapidement pour que 1(* lil)raii'e ait jugé utile trentreprendi'c une édition nouvelle. .Te ne nuî ^ fais point illusion sur les causesde co succès inipr('vu.

PKÉFACii. 9

La question que le sort m'a imposée, si vaste et si importante par elle-même, a, de plus, Pavantage d'être pleine d'actualité, car la doctrine des hernies a subi depuis quelques années des modifications profondes^ qui n'ont pas encore trouvé place dans nos livrej classiques. Aucun sujet n'a donné lieu à des publications plus nombreuses, à des discussions plus savantes et plus animées ; mais ces publications, ces discussions, sont disséminées dans des recueils périodiques, dans des thèses, dans des brochures, que tout le monde ne peut pas se procurer. Puis, il faut bien le dire, il n'existe dans notre langue aucun traité didactique sur les hernies. Nous ne possédons que quelques traductions qui ont depuis longtemps vieilli. L'élève qui prépare ses examens, le praticien qui se trouve en présence d'un cas ditEcile, consultent volontiers une monographie bien incomplète, sans doute, mais où les points les plus importants de la doctrine moderne sont du moins exposés dans leur généralité. Si ce travail a pu rendre quelques services, je n'ai donc pas le

droit de m'en attribuer le mérite ; j'en dois remercier uniquement le hasard qui m'a singulièrement favorisé en me forçant à écrire sur des questions qu'il est difficile d'étudier ailleurs.

On trouvera peut-être que j'aurais dû retoucher mon œuvre, et en faire disparaître au moins les défauts les plus saillants. Les conditions au milieu desquelles elle a été écrite ont pu me servir d'excuse une première fois, mais aujourd'hui, après trois ans de réflexion, je n'ai plus droit à la même indulgence. Cette considération m'a longtemps arrêté, car il y a un an déjà que la première édition est épuisée. J'avais formé le projet de corriger et de compléter les descriptions, de combler les lacunes, de châtier le style. Toutefois, au moment d'entreprendre cette tâche, je nie suis aperçu qu'il aurait fallu remanier entièrement mon travail et même en recommencer la rédaction. Le temps m'a maiiqué pour cela et finalement, après une aruK'c (rattente, désospiM'ant (h trouver les loisirs n(''(('ssaires, je me d(''cide à présenter de nou-

veau cette thèse au public, telle qu'elle a été composée pour le concours. J'y ai pourtant fait une correction, relative à un détail historique sur lequel j'ai été à bon droit attaqué dans l'argumentation. J'avais dit alors, et je maintiens encore, que Franco avait entrevu la distinction des deux accidents que nous appelons aujourd'hui l'étranglement et l'inflammation des hernies; la lecture des écrits du chirurgien provençal m'avait laissé cette impression, qui était exacte, ainsi qu'on le verra dans le chapitre ÏII de la présente édition. Mais, par malheur, au lieu de reproduire le passage le plus concluant , j'avais cité une phrase dont l'interprétation était fort contestable. Mon honorable ami et compétiteur, M. Cusco, m'argumenta sur ce point; c'est un service qu'il m'a rendu, et, si je ne l'en ai pas remercié sur le moment, je suis heureux du moins de pouvoir le faire aujourd'hui.

Paris, le 1" août 1856.

ET

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