‹ De l'étude de la température dans le diagnostic précoce de la tuberculose ganglio-pulmonaire de l'enfantChapitre 16 sur 21 · LEA · texte numérisé non relu

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La défervescence prononcée, après mouvement, est, en effet, surtout fonction de la vivacité de ce mouvement, bien plutôt que du léger degré d’imprégnation tubereuleuse. Elle est aussi fonction de la facilité plus ou moins grande avec laquelle certains individus font une déperdition de chaleur, dès qu’ils s’immobilisent et, nous le répétons, nul n’y est plus sujet que l’enfant.

Il faut bien savoir, en effet, que la température du corps humain est susceptible de variations considérables dans des conditions absolument physiologiques. L'âge, le sexe, la race, l’alimentation, la température extérieure, la suggestion même, chez les malades principalement, et surtout les efforts intellectuels et le travail musculaire sont susceptibles de faire varier le taux de la température.

La température normale de repos (369,6 à 370,4 ou 370,5) est facilement, nous disons même fatalement dépassée, dès qu’on se livre à un travail physique quelconque, et rien ne le démontre mieux que les observations sur eux-

mêmes déjà citées dans le premier chapitre de JURGENSEN

et WUNDERLICH, qui indiquent des températures de 370,8 après avoir scié du bois, de 380,8 après une marche dure et pénible et de 399,2 après une ascension en montagne, et cela sans aucun accident fébrile. On pourrait objecter qu'il s’agit d'adultes et qu'il peut en être autrement chez les enfants. Or, de même que dans les dernières années de la vie la température du corps tend à baisser et à devenir plus uniforme, de même dans les premières années elle est très instable et relativement plus élevée, dans les mêmes conditions.

Il faut donc bien connaître ces variations thermiques, afin de ne pas se hâter de les qualifier de pathologiques, chez un sujet déterminé, lorsqu'on les constate pour la première fois chez lui à l’occasion d’un soupçon de tubereulose et qu’on à ignoré jusqu'à ce jour ses réactions de promenade à l’état sain.

En résumé, nous admettons que les constatations suivantes, trouvées soit isolément, soit ensemble, nous parais-

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sent seules avoir de l'importance au point de vue diagnostic précoce de la tuberculose : È

19 État subfébrile: température du matin normale, température du soir aux environs de 380, au repos;

20 Fièvre rémittente avec rémission matinale de la fièvre, rémission qui ne va jamais jusqu’à la normale; |

30 Brusques et fortes ascensions de température survenant soit à des heures inaccoutumées, c’est-à-dire à des heures où d’ordinaire il n’y avait pas d’ascension, soit à la place des ascensions modérées des jours précédents ; ou bien la constante, quoique très lente augmentation de la température, telle que chaque jour le maximum est un peu plus fort que la veille, et cela en dehors d’angine ou d’embarras gastro-intestinal;

40 La persistance de l’hyperthermie ou la continuation de l’ascension thermique chez un enfant qui, mis au repos auparavant, faisait une défervescence ; la trop facile ascension à 389 le matin;

50 L’irrégularité des réactions de promenade qui, pour un même effort, sont tantôt faibles, tantôt fortes ;

69 Les températures de 370,1 à 379,3 le matin au réveil. (La chute profonde avant sept heures ne nous paraît pas pathologique, car nous l’avons constatée chez des sujets absolument sains, et un grand nombre de fois.)

Nous admettons donc que la température est aussi variable chez l’enfant tuberculeux au début qu’elle lest, de l’aveu de tous, chez Penfant sain, et que c’est par ignorance de la température à l’état sain qu’on qualifie de pathologiques les ascensions thermiques à 370,8 ou 380. Plus souvent qu’on ne croit, en effet, ces températures sont atteintes par les sujets jeunes surtout, lorsqu'il n’est pas question de tuberculose. Aussi, en réalité, l'étude intéressante à faire est-elle celle de la moyenne des températures pendant dix jours par exemple.

Lorsque cette moyenne égale ou dépasse 370,5, elle est préjudiciable au tuberculeux au début, et mieux vaut lui faire éviter les causes d’élévation notable de la température, surtout aux heures de Pascension vespérale physiologique.

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