INTRODUCTION
Quand on cherche à dépister dès son début, dès sa période de germination, la tuberculose pulmonaire, ou mieux, comme l’appelait Grancher dans sa dernière communication à l'Académie de médecine, la tuberculose ganglio-pulmonaire chez l’enfant, on pense de suite à associer aux renseignements donnés par l’auscultation, la réaction à la tuberculine et l’écran radioscopique, ceux fournis par le thermomètre. Or, quand on cherche un point de départ dans les opinions déjà émises, on s'aperçoit que, si beaucoup d’auteurs ont étudié les variations de la température chez les tuberculeux pulmonaires avérés, peu, en réalité, nous ont paru s'être occupés des mêmes recherches au début de la maladie. Pourtant, si les communications sur ce dernier point ont été peu nombreuses, elles ont été, en revanche, retentissantes et, pour beaucoup de médecins, très convaincantes. Nous voulons parler des travaux simultanés, parus en 1899, de DAREMBERG et CHUQUET en France, de PEN- ZOLDT et BIRGELEN en Allemagne, travaux contrôlés et parfois confirmés depuis, par exemple en 1905, par le Dr GAssin, dans sa thèse inaugurale.
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Les conclusions de ces travaux sont rédigées sous forme de véritables axiomes, tels que leur connaissance semble apporter au médecin un moyen précis pour découvrir tôt la tuberculose pulmonaire. Bien entendu, des expériences de contrôle ont été faites chez les individus normaux, et déjà Birgelen indique des exceptions : les obèses, les anémiques, les convalescents. Le doute commence à naître et ne fait que croitre par la lecture des publications les plus récentes, de Sacns à Chicago, de FLack à Londres, pour n’en citer que quelques-unes; si bien que le moyen d’expérimenter chez l’enfant de six à quinze ans nous ayant été donné, nous avons eu l’idée de reprendre la question: c’est le résultat de ce travail que nous nous proposons de donner ici.
Nous avons eu la rare fortune de rencontrer un milieu particulièrement favorable dans le sanatorium que la Ville de Paris possède à Hendaye. Là, en effet, nous avons trouvé un grand nombre d’enfants, envoyés à la mer, les uns, en petit nombre, indemnes de tuberculose, pour se remettre d’une maladie éruptive ; les autres, en grande majorité, pour lutter contre les premières atteintes, très légères encore, d’une tuberculose ganglio-pulmonaire diagnostiquée, à Paris, dans les différents hôpitaux d’enfants, par les médecins les plus compétents.
Enrésumé, nous pouvions étudier les variations thermiques chez de nombreux sujets, les uns tuberculeux au début, les autres indemnes. Nous avions le moyen de recommencer expérience plusieurs fois, et pendant une dizaine de jours au moins, chaque fois sur le même individu. Enfin la longueur du séjour, quatre à six mois, le souci que nous avions de ne choisir que des enfants arrivés depuis trois mois au minimum, le soin avec lequel nous pratiquions un sévère examen clinique, nous donnaient le moyen d’expérimenter sur deux lots distincts : « un lot de tuberculeux et un lot d'enfants normaux », les uns et les autres dans d'excellentes conditions d’existence.
La grande obligeance de M. le Dr Camino, médecin-chef
ot ré du Sanatorium;l’aimable assistance de ses internes Dumas: et CLoquET, enfin le très précieux concours du zélé personnel de l’Assistance Publique nous ont permis de pratiquer nos recherches thermiques, dans les conditions que nous venons d'indiquer.
Nous allons les exposer dans les pages qui suivent, et,. après avoir passé en revue les opinions des auteurs qui, à notre connaissance, ont plus spécialement écrit sur ce: sujet, nous nous proposons :
19 De décrire les procédés que nous avons employés :: primo, pour bien distinguer les tuberculeux des non-tuberculeux; secundo, pour pratiquer nos investigations thermiques ;:
29 De faire, point par point, l'examen critique des courbes de température obtenues ;
39 De dégager des faits lès conclusions qu’ils comportent ;.
40 De réunir, en aussi grand nombre que possible, et les observations et les courbes de température de nos jeunes. sujets, ceux tuberculeux comme ceux indemnes de tubercu-lose et de toute maladie.
Avant de commencer notre exposé, nous sommes heureux d'exprimer toute notre reconnaissance à nos maitres, qui, par leur haute compétence, leur patience inlassable, nous ont appris l'intérêt qu'il y a à découvrir tôt les maladies, surtout la tuberculose pulmonaire, et nous en ont enseigné les différents moyens.
Notre déférente gratitude va à M. le professeur DEBOVE, qui a bien voulu accepter de présider notre thèse; à M. le professeur GILBERT, à MM.les D'* TAPRET, NÉLATON, VOISIN et HALLOPEAU, qui nous ont si aimablement guidé durant notre stage, notre externat et notre internat.
Mais, c’est surtout à MM. BÉCLÈRE, LAUNOIS, TEISSIER, Méry et Risr, que nous adressons nos bien vifs remerciements, comme nous ayant plus spécialement dirigé vers Pétude qui fait le sujet de notre thèse.
C’est avec une profonde émotion que nous rappelons le nom du tant regretté D' MERKLEN, dont le souvenir demeure, aussi vif qu'au premier jour, dans le cœur de tous
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les élèves auxquels il a appris non seulement la médecine, mais aussi la dignité de la profession médicale.
Notre reconnaissance va aussi à M. Jean Binor, chef des travaux à l’Institut Pasteur de Paris, et à MM. Jousser, CASTAIGNE, LENORMANT, LEREBOULLET, CourcoUx, RiBA- DEAU-Dumas, FERRAND et RATHERY, aux conseils desquels nous avons eu bien des fois recours, tant à l’hôpital que dans les laboratoires de la Faculté.
Nous tenons aussi à ne pas oublier M.le DT STÉPHANI, en souvenir des intéressants entretiens sur le sujet même qui nous occupe, que nous eûmes ensemble, si souvent. |