ALLEMAND
pater mater frater soror
padre madré fratello sorella
padre madré
fathair
mathair
brathair
siour
father
mother
brother
sister
vater muttex bruder schwester
dieux (Indra, le soleil, etc.). Ils peuvent avoir été écrits au xx^ siè-
dépeudaut du [Xépaul, distinct des dialectes lij'malayens, semi-agg*lutinaiits, semi-monosyllabiques (38).
Le cynglialais occupe dans le groupe indien une place à part (39).
Les idiomes dravidiens, le malabarais, le taniil, le canarais, etc., employés par la race autochtone de l'Inde, celle des Dravidas, ont été peu à peu refoulés vers le Sud, comme les liommes eux-mêmes, et leur importance décroît quotidiennement. Ils sont encore parlés pourtant par 30 à 40 millions d'habitants.
Les Aryens, enfin, qui, sans quitter leur continent d'origine, s'étendirent progressivement vers l'Orient,, usèrent des idiomes iraniens (ou éraniens), dont le zend ou vieux bactrien, langue sacrée de l'Avesta (40), le langage des Acbéménides (inscriptions de Darius)^ le parsi, le pehlvi du temps des Sassanides, et l'ancien arménien sont les branclies mortes; le persan mo-
(38) L'hindi, qui est le langages-type de l'Hindoustan, est parlé par environ 65 millions d'habitants. Viennent ensuite : le bengali, par 24 millions d'habitants ; le pendjabi, par 18 millions ; le mahratti, par 12 millions, etc.
(39) Le cynglialais est un mélange de dravidien .et d'indouaryoï.
Le dravidien, parlé par la population hindoue non-aryenne, est une langue agglutinante en usage actuellement chez 40 millions d'hommes.
(40) Le Zend-Avesta (Livre des lois et des réformes) est le livre sacré des disciples de Zoroastre. Il a été retrouvé aux Indes chez les Parsis, les derniers adorateurs fervents de l'hypothétique réformateur. Les seuls livres retrouvés sur les vingt et un dont se composait l'œuvre sont : le Vendidad-Sadé, le Y esht-Sadé et le Bundenesh.
Les Perses prenaient leurs rois dans la puissante famille d'un nommé Akhamanish, dont les descendants furent appelés Achéménidcs. Parmi eux, Darius et Cyrus.
Los inscriptions relatives à Darius ont été déchiifrées par Rawlinson, sur les rochers de Béhistoun, à la frontière persane. Elles sont uniques comme étendue et comme beauté. Leur date peut être approximativement fixée à 515 av. J.-C. La dynastie des Sassanides a régné 42G ans, de 22G à G52 après J.-C.
flcriio, lo kurde, rannénion, l'ossèto du Caucase (41), rafû^lian ci le bélulsclio, les éléments vivants (42).
Refaisons pas à pas lo chemin parcouru jadis par les formidables minorations des peuples asiatiques à travers l'Europe (43).
Nous aurons tout d'abord à traverser l'immense empire russe, qui est aussi celui du slave.
On y parle, outre le russe proprement dit avec ses nombreux sous-dialectes (le rutbène, le petit russe, etc.), les idiomes slavo-lettiques, le letton, le lithuanien. Le v'ieux-prussien a disparu depuis environ deux cents ans.
A l'extrême Ouest, le polonais est en usage.
îs^ous rencontrons, hors des frontières de Russie, en Autriche et dans les Balkans, les autres membres de la famille slave. Ce sont le bulgare, le serbo-croate, le Slovène, branche orientale de cette famille; enfin, le tchèque ou bohème, subdivisé en morave ou slovaque, appartenant au rameau slavo-lettique. Le lusacien ou sorabe, parlé sur la haute Sprée, en Allemagne, ne peut renier ses origines slaves.
Le finnois (tschoude, karélien), le lapon, le samoyède (ostiaque, wogoul et autres dialectes), le baschkir, le kirghis, le magyar ou hongrois, sont autant de langues
(41) Les nombreux idiomes de la région caucaso-caspienne-, dont quelques-uns sont assez peu connus, n'appartiennent, pour la grande majorité, aucunement à la famille indo-européenne. Le pays présente le plus inextricable fouillis de peuples et de langues que l'on puisse imaginer. Trois à quatre millions d'habitants, répartis sur une surface relativement restreinte, parlent les idiomes circassien, mingrélien, souanien, géorgien, imérétien, lase, etc., que l'on croit d'origine ibérique ; puis le tclierkesse, le tatare, l'avare, le lesghien, etc., de la famille tartare; le kalmouk, de souche mongole, et bien d'autres encore.
(42) Voir le tableau XIV, donnant la filiation des langues indoeuropéennos.
(43) Voir les cartes IV et V.
agglutinantes, n'ayant absolument rien de commun avec la souche indo-européenne.
La branche germanique (teutonique) s'étend sur le reste de l'Europe septentrionale.
Xous rencontrons en Scandinavie les dialectes norvégiens, suédois, danois, auxquels on peut rattacher l'islandais.
Le Royaume-Uni et les Pays-Bas sont respectivement le siège de la langue anglaise et hollandaise, venues du bas allemand, ainsi que le frison et le flamand dérivés du néerlandais.
L'allemand proprement dit a sa véritable patrie dans tout l'empire des Hohenzollern. Le vieux-gothique, son ancêtre ne nous a laissé qu'un unique document, la Bible écrite au lY® siècle par Ulfilas, évêque de Mœsie.
Les nombreux dérivés de la langue allemande ne forment plus que deux groupes principaux, le haut et le bas-allemand (vieux saxon).
Nous aurons l'occasion d'en parler avec plus de détails dans un autre chapitre de notre travail (44).
Les autres parties du continent ont vu se développer les langages du grand rameau gréco-italo-celtique.
La branche celtique, qui jadis a été parlée en de vastes régions, a presque disparu. Ce qui en reste s'est, pour ainsi dire, réfugié dans des extrémités de continents et d'îles.
En Bretagne, on connaît encore l'armoricain (ou
(44) Ives différents patois alsaciens du Haut et du Bas-Rhin, dont plusieurs, surtout ceux des villes de Strasbourg et de Mulhouse, ont eai et ont encore une littérature particulière, ne sont autre chose que la langue allemande usitée avant 1648 et restée stationnaire depuis la réunion du pays à la France (Strasbourg, 1083; Mulhouse, 1798). L'alsacien a la faculté de produire mie infinité de nuances, tons et demi-tons, qu'on ne peut s'empêcher do comparer à la richoSiSC do voyelles du sanscrit.
breton), et, dans le pays de Galles, le gallois, tous deux do la famille cymri(iue.
Les idiomes gaéliques ne sont plus représentés qu'en Ecosse et en Irlande; à noter, en passant, le curieux palois de l'île de Man (le mannois).
C'est la branche grecque qui est la plus ancienne des irois, car sa liliérature connue a précédé l'ère chrétienne d'environ mille ans (45). Ce n'en est pas, pour cela, et malgré ses beautés et son incontestable supériorité, la plus parlée, puisque le grec moderne, qui a remplacé l'ancien, n'est employé qu'en Grèce même, aux" îles Ioniennes, dans l'Archipel, en Macédoine, et sur les côtes de l'Asie Mineure (mer Egée et mer Noire), en Crète aussi et à Chypre (4G).
L'albanais, ou skipetar, est rattaché par quelques linguistes à ce rameau, quoique présentant de nombreuses traces de l'ancien illyrien.
La famille italique est de beaucoup la plus répandue.
De la langue italique à l'état primitif, il ne nous reste que bien peu de choses en tant que langues vivantes. L'osque parlé par les paysans de Campanie, et l'ombrien par ceux de l'Ombrie, nous conservent un vague souvenir des dialectes en usage chez les Sabins, les A'^olsques, les Eques, les Samnites, les Marses, les Herniques et tant d'autres peuples disparus.
(45) Ulliadc et VOdysséc, attribué-es à Homère, dont on ne sait rien de certain, personnage unique d'après les uns, cycle de poètes d'après les autres, paraissent remonter au ix® siècle avant l'ère chrétienne. La chronologie grecque remonte à 776, année à partir de laquelle est comptée la première Olympiade.
Les Grecs ont commencé à se ser\'ir de l'écriture au viii® siècle av. J.-C.
(46) Nous sommes donc loin des belles colonies grecques de l'antiquité eu Italie, en Sicile, en Espagne, dans les Gaules, en Afrique...
L'étrusque, langue obscure dont l'origine a été sou- \ent discutée, peut également provenir de cette source.
Le latin est cette belle langue classique, longtemps langue du peuple, puis restée, en dépit de tout, langue officielle des siècles durant, que les Romains apportèrent à leurs sujets barbares d'Orient et d'Occident, depuis les rives du Danube jusque sur les côtes d'Espagne et d'Afrique, en passant par les Gaules, et que ces vassaux troquèrent contre leur idiome maternel qu'ils désapprirent.
C'est, en l'espèce, le cas du roumain ou rouman.
La langue des Yalaques, fortement teintée de latin, montre quelles profondes empreintes les colons de Trajan laissèrent en Dacie, en dépit de tous les bouleversements ultérieurs.
La chute de l'Empire romain et les invasions des barbares amenèrent l'intrusion de nouveaux éléments dans la langue latine, d'oti résulta le roman (47), qui nous a donné les langages modernes de l'Europe méridionale : le portugais, l'espagnol, le français. Ce dernier est divisé en langue d'oil, appellée wallon en Belgique, et en langue d'oc : provençal, cultivé au moyen âge; languedocien, gascon, béaraais, etc. Le catalan, à clieval sur les Pyrénées, a, quoique formant une branche distincte, beaucoup de points de ressemblance avec notre langue d'oc (48).
(47) Langage mixte parlé sous les formes les plus variées, surtout du x^ au xiii^ siècle.
(48) Le provençal a eu, du xi® au xiv® siècle, une riche littérature. Lors de la réunion de la Provence à la France, sous Louis XI (1487), oe mouvement s'est arrêté, et le provençal n'est plus en usage comme langue cultivée. Toutes les tentatives faites par Mistral et ses disciples pour le faire revivre sont restées sans important rotentissemont. Suivant l'oxemple de Paris, l'Université d'Aix a tout récemment (février 1900) admis la langue d'oc parmi celles sur lesr|uelles les candidats à la licence es lettres peuvent demander à être interrogés.
La série se coiiiplMo par rilaliou oi ses nombreuses variétés : le vénitien, le borgamasque, le corse, le napolitain, et d'autres encore.
Le toscan on est la forme la plus pure.
Le romanche, ou rliéto-roman, est un dialecte parlé en Suisse, dans les Grisons, et diffère assez de l'italien pour mériter d'être mentionné à part (49).
Yoilà donc, résumée à grands traits, ou plutôt réduite à une sèche énumération, l'histoire des principales langues mortes et vivantes, qui sont parvenues jusqu'à nous.
Mais quel est le nombre de celles dont aucune trace ne subsiste, qu'aucun indice ne permet même de supposer ?
IVul ne le sait, nul ne le saura jamais ; pas plus qu'il n'est possible de prévoir ce que sera le langage universel, idéal, de l'avenir, parlé et compris de tous (50).
Regardons autour de nous, inspirons-nous de ce qui se passe dans la nature aux immuables lois : peut-être y trouverons-nous une indication rendant moins vagues les suppositions auxquelles nous pouvons nous livrer sur le mystérieux «t ce qui sera ».
(49) A des fêtes données en Suisse, auxquelles se trouvèrent des officiers de différentes nations, il arriva que, chose curieuse, les officiers roumains présents surent parfaitement comprendre leurs collèsjues, des Grisons, qui employaient leur idiome particulier,
(50) Tous les essais d'un langaj^e universel moderne (volapuk, espéranto, langue bleue, etc.), ont, jusqu'à présent, piteusement échoué, parce que, croyons-nous, la transformation de nos langues maternelles, si péniblement développées, ne saurait être ni l'œuvre de quelques années, ni celle de quelques individus. L'histoire même des langues nous apprend que celles-ci évoluent d'elles-mêmes, naturellement, vers de successifs développements, vers de continuelles simplifications. De toute brusque intervention, il ne saurait jamais naître que la confusion, disons plus, le chaos le plus absolu.
Prenons, par exemple, Tliistoire de l'arbre.
Du sol, dans lequel germe la semence, surgit une jeune pousse qui devient le tronc d'où dériveront tous les rameaux.
C'est son printemps.
Les futures branches maîtresses naissent et grandissent à leur tour, en créent d'autres, secondaires, qui, elles aussi, se ramifient jusqu'en de légers branchages s» couvrant de feuilles.
C'est l'été.
Les feuilles tombent, les premières brindilles aussi, les petites branches suivent.
•C'est l'automne.
Les rameaux plus importants périssent, cassent et disparaissent.
Puis, enfin, les grosses branches, mortes à leur tour, ^e détachent de la souche dont elles sont issues.
Il ne reste plus que le tronc, forme par laquelle l'arbre a commencé et par laquelle l'arbre finit.
C'est l'hiver.
î^'est-ce pas, au moins par ce que nous savons du passé et du présent, l'histoire du langage humain?
Le langage primitif naturel a germé dans un sol favorable : l'intelligence de l'homme.
Il s'est développé, a eu et a encore en partie et se& maîtresses branches et ses rameaux secondaires.
L'histoire ne nous a malheureusement légué que de bien incomplètes notions sur ces points ; mais le coin du voile qu'on a pu. soulever permet, dès à présent, d'en reconstituer les grandes lignes.
Certains idiomes, qui ont dominé le monde, ne sont plus qu'à l'état de souvenir; d'autres, au contraire, branches vigoureuses remplies de sève nouvelle, ont acquis une importance croissante.
Il est certain que le nombre des différents langages
parlés actuollomeiit va tliminuant, que leur forme 83 simplifie.
Les plus usités so font de réciproques emprunts, dus aux nombreuses relations de peuple à peuple, grâce à l'énorme développement des moyens de communication.
Les langues modernes arrivent ainsi à se connaître, à so tâter, si cette expression peut rendre notre pensée.
Le jour n'est peut-être pas trop éloigné où une dizaine d'entre elles seront seules encore en usage sur notre globe.
Et, ensuite, la lutte pour la domination universelle, par un seul langage, se circonscrira entre les gi^ands courants slave (russe), germanique (anglais et allemand), et latin (français, espagnol, portugais) (51).
Le résultat final sera plutôt la fusion en une seule des trois familles, avec tous leurs caractères principaux, que l'absorption par l'une des deux autres.
Ce serait la seule façon d'avoir enfin un langage unique pouvant se plier aux exigences de la prononciation, sous toutes les latitudes et dans toutes les races.
C'est, en un mot, le retour de la forme unique à la ferme unique (52).
Nous n'en sommes encore qu'au début de l'automne de l'histoire des langues ; laissons à l'avenir le soin d'apprendre à nos descendants ce que seront et la fin de cette saison et l'hiver qui clora le cycle des évolutions.
(51) Les langues Scandinaves et hoUando-flamandes, les idiomes finno-tartares, en Europe, ne résisteront pas longtemps à l'envahissement du germain pour les premières, du slave pour les seconds.
L'italien ne paraît pas non plus destiné à un grand avenir. Tous les autres idiomes secondaires : roumain, polonais, tchèque, etc., paraissent d'ores et déjà condamnés. Le grec a donné son maximum de rendement, et doit beaucoup à son passé de pouvoir résister encore au courant.
(52) Voir cartes 6, 7, 8, 9; tahleau 16.