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IV. L’Eglise et la société humaine

L’histoire n’est pas l’œuvre du hasard, c’est, le gouvernement de Dieu. Les peuples partent des plaines de Sennaar et se dispersent. Dieu les laisse suivre leurs voies; mais il avait imposé à l’homme le dogme de l’ordre social . et depuis les souches les plus puissantes de population jusqu’aux extrêmes ramifications de la société humaine, partout où plusieurs hommes se sont réunis pour leur défense commune, on reconnaît le principe d’autorité et et les droits qui en découlent, l’institution de I’État. L’État, avec l’espèce d’immortalité qui le caractérise, est un don delà bonté divine, fait à l’humanité déchue, pour prévenir sa complète dissolution. Le véritable fondateur des états, c’est Dieu. Les états antiques peuvent se ranger en deux grandes catégories : les états païens et l’état judaïque. Or, ces deux étals ont servi à la formation des sociétés chrétiennes, des états modernes. Au sein des épaisses ténèbres du paganisme, brillaient encore quelques rayons de vérité ; dans ce mélange grossier de superstitions et d’erreurs, se trouvaient comme de précieuses parcelles d’or et d’argent enfouies dans un limon immonde, des notions vraies et pures qui n’avaient pas été découvertes par l’intuition de la sagesse humaine, mais transmises des trésors célestes par le canal divin de la Providence à l’intelligence et au cœur de l’homme ; de sorte que beaucoup d’institutions nées du paganisme, mais parfaitement adaptées, sous bien des rapports, comme un vêtement extérieur, aux formes sociales, pouvaient et devaient être conservées dans l’organisation de la société chrétienne. Le Judaïsme était une préparation évangélique et une prophétie. A l’époque où Dieu soumet les Juifs au joug des Romains s’accomplit la parole du prophète; la vierge de la race royale de David, Marie, enfante le Rédempteur du monde : enfant d’Abraham par la descendance charnelle, J.-C était sujet de ÎW-

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pire romain par le lieu de sa naissance; il était venu pour sauver les Juifs et les gentils et il avait voulu appartenir au judaismeet à la gentililé.

L’Église a des droits sur toute société, sur tout état. Anéantir l’erreur sous toutes ses formes, c’est le droit de sa mission; le Christ lui a donné autorité, môme sur ceux qui ne lui ont pas été spécialement soumis par le baptême; elle a autorité sur les infidèles. S’il en était autrement, les apôtres n’auraient pu commencer leur œuvre de conversion; ils avaient non seulement le droit d’instruire et de baptiser les peuples, mais encore celui de les menacer des châtiments divins, quand ils refusaient de recevoir la doctrine du salut et le sacrement de la régénération spirituelle. Les non-baptisés eux-mêmes appartiennent à l’Église, ils sont à elle au môme titre qu’ils sont à J.-C.; et le pape, en sa qualité de vicaire de J.C., a autorité sur eux pour les protéger et les faire entrer dans le bercail, il a autorité pour les poursuivre quand ils attaquent les chrétiens; or, les croisades sont un magnifique exercice de ce droit.

L’Église a toujours traité les Juifs avec indulgence, car ils ont été conservés pour sa glorification; pourtant il faut observer que la pensée dominante de la législation chrétienne en ce qui a trait aux rapports de l’Église avec les juifs, c’est la déchéance spirituelle de ce peuple rejeté par le Seigneur, et écrasé par le sang de J.-C., qui tombe chaque jour sur sa tôle.

La plus vive préoccupation, le premier objet des efforts de l’Église à l’égard des Juifs et des païens, a été de tout temps leur conversion au christianisme. Mais la foi est un don de Dieu, et en môme temps un acte de la volonté humaine, et l’homme doit y être déterminé par la persuasion. C’est par le feu de la parole que les epines de l’erreur doivent être consumées dans le cœur de l’homme. j c tut par sa propre faute qu’il prêta l’oreille au discours artificieux u serpent et se creusa lui-même l’abime où il devait tomber; c’est aussi volontairement qu’il doit accueillir la voix delà grâce qui ' appelle, et se sauver par sa soumission à la foi.

Le soleil divin, le Christ, répand bien ses rayons hors de la sphère de l’Église, et attire à lui tous ceux dont le cœur s’embrase sous 1 action de son foyer, mais il ne resplendit de tout son éclat il ne verse ses plus radieuses clartés que sur la terre sanctifiée par’le sar,fice du salut, dans l’Eglise. L’Église est toute-puissante sur tou»

DU DROIT ECCLÉSIASTIQUE ceux qui ont reçu le baptême. Or les chrétiens peuvent commettre contre l’Eglise trois grandscrimes : l’apostasie, l’hérésie, le schisme. L’Eglise toujours miséricordieuse et patiente doit punir les enfants rebelles, elle ne peut pas les tolérer. Elle peut tolérer les païens parce qu’ils errent par ignorance; elle peut tolérer les Juifs parce qu’ils rendent témoignage à la vérité; mais elle ne peut sans faillir à sa mission tolérer l’hérésie que la théologie définit : Une erreur accompagnée d’un refus obstiné de revenir à la vérité; (error periinax in catholico contra fidem catholicam). Aussi l’Église par la Bulle coenæ frappe les hérétiques de peines rigoureuses, elle est sévère, elle les livre aux bras séculiers, elle invite les princes temporels à procéder par la force des lois et des armes à leur extermination.

Yoilà les droits de l’Eglise sur l’humanité en général : constatons ses droits sur les états en particulier. La forme politique des étals est complètement indifférente en elle-même aux yeux de l’Eglise. Ce qui la préocupe exclusivement, c’est la foi religieuse; aussi voyons-nous dans l’histoire ses relations avec les gouvernements et les peuples, subir de notables variations, selon que ces gouvernements ou ces peuples seront ou non en communion de foi avec elle. En principe, il est incontestable que l’Eglise possède en vertu des pouvoirs illimités qu’elle a reçus de Dieu, le droit absolu d’exiger de chaque état, aussi bien que de chaque homme en particulier, qu’il reçoive d’elle la parole de Dieu, et qu’il la prenne pour règle de ses actes. Mais, en pratique, l’Eglise s’en tient aux principes de liberté consacrés par le droit positif humain.

L’Eglise apporte aux états la sanction de son autorité spirituelle; les étatsontdonc à son égard une dette sacrée. L’état dans sa formation primitive à eu le même but que l’Eglise. Dieua voulu dans sa bonté infinie ,que l’homme sorti de l’ordre divin par la désobéissance, put encore être ramené, par la puissance humaine et par le bras armé du glaive de la justice, dans les voies qui conduisent au royaume futur. Ainsi toute puissance humaine légitimement établie vient de Bieu, et elle doit être respecté et obéie. L’Église exige le respect,

1 obéissance, le sacrifice des intérêts privé à l’intérêt social. L’Église et l’état doivent être unis pour le bien de l’humanité. «O vous donc » ministres de l’Eglise, s’écrie Bossuet, et vous ministres des rois,

» pourquoi vous désunissez-vousl l’ordre deDieu est il opposé à l’or- * • pourquoi ne comprenez vous pas que votre ac-

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» lion est une, que servir Dieu c’est servir l’Etal, et que servir l’Etat » c’est servir Dieu? »

L’Eglise est un pouvoir immédiatement institué de Dieu, tandis que la puissance temporelle ne procède que médiatement de l’institution divine; .c’est là un grand principe dont il faut tenir compte en étudiant les rapports de l’Eglise et de l’Etat. L’Élat est particulier, est muable. L’église est universelle et immuable. Tel état passe de l’aristocratie à la monarchie, de la monarchie à la république, astres passagers qui tour à tour se lèvent, brillent et s’éteignent dans le firmament politique; l’Eglise est une monarchie éternelle. L’État, comme principe d'ordre social, subsistera jusqu’au dernier jour, en ce sens il est immortel aussi; l’humanité étant destinée à vivre aussi longtemps que le monde, la société humaine doit aussi exister jusqu’à la consommation des siècles avec le principe vivifiant que Dieu incarne lui-même dans ses entrailles. Mais il n’a été donné à aucun empire d’institution humaine, il n’a été promis à aucune famille investie de la souveraineté de durer et de régner jusqu’au jour où le signe du fils de l’homme apparaîtra dans le ciel, et où le Christ redescendra sur la terre pour juger les vivants elles morts; tandis que l’Eglise joyeuse et triomphante, conduira vers le trône de son époux les innombrables légions de ceux qui auront lavéleur robe dans le sang de l’agneau. Royaume de l’avenir, elle s’avance vers sa gloire dans une éternelle virginité.

L’Église est le royaume de la céleste béatitude; l’Etat est le royaume du bonheur terrestre. Les choses spirituelles et éternelles appartiennent à l’Eglise ; les choses temporelles et séculières appartiennent à l’Etat. Yoilà encore un descaractères de leur distinction profonde. L’indépendance des deux puissances se réduit à garantir la liberté de l’Eglise vis-à-vis de l’Etat et réciproquement, dans tous les actes qui se rapportent à la réalisation de leur fin respective.

L’Eglise a reçu de Dieu trois pouvoirs : l’enseignement, le sacerdoce, la juridiction ; il faut qu’elle puisse les exercer librement et complètement dans tous les états L’État n’a pointa juger les doctrines de l’Eglise,il doit même dans son intérêt en favoriser la diffusion. L’Église seule a le droit de communiquer la grâce au genre humain par ses sacrements et par le culte, et, bien que ces objets constituent des actes de la vie extérieure, ils ne peuvent émaner que de l’Eglise sans la moindre participation de l’Etat. Enfin le ré-

DU DROIT ECCLÉSIASTIQUE gime disciplinaire et la juridiction ne ressortent que des seuls évê ■ ques établis de Dieu pour exercer librement le pouvoir dans l’Eglise et promulguer ses lois e! ses décrets, sans que l’Etat puisse y mettre le moindre obstacle. En outre l’Eglise a le droit imprescriptible de se recruter parmi tous les hommes, de se choisir des ministres, de les consacrer ; elle doit aussi former un patrimoine pour son entretien et elle doit l’administrer comme elle l’entend en se soumettant aux lois civiles sur les limites et la transmission de la propriété.

Abordons maintenant la grande et périlleuse question de la prééminence de l’Eglise sur l’État : tout ce que nous avons dit a préparé sa solution. Pendant près de trois siècles, le pouvoir séculier fit une guerre à outrance à la pacifique institution de l’Église ; cette lutte était nécessaire; ce n’était que par là que pouvait s’opérer la séparation du domaine spirituel et du domaine temporel, qui s’étaient confondus dans le paganisme: il fallait qu’entre l’Église et l’État éc'atât une hostilité violente pour que l’indépendance de l’Église pût être réalisée. Pendant celte lutte, l’Église complète ses institutions, elle les fortifie : ce long et sanglant combat se terminait à son avantage et à sa gloire. Il fut manifeste que Dieu n’avait point convié les puissances séculières à la fondation de son royaume. L’Église est triomphante : Tenez maintenant, ô rois! et sachez qu’elle peut se passer de votre assistance.

Constantin signe la trêve -, il donne à l’Église la paix; elle multiplie sa grandeur, et les pontifes romains apparaissent dans l’empire comme des hommes d’une opulente pauvreté. Quand les Barbares se jettent sur l’Europe, l’empire se réfugie à Byzance, et les peuples éperdus, lâchement abandonnés par leurs chefs politiques, se groupent autour du pasteur suprême de la société chrétienne et lui demandent sa protection.—La Papauté appelle â son secours Charlemagne ; il vient ; il est vain jueur , il est pacificateur ; et, le jour de Noël de l’an 800, il reçoit la dignité impériale des mains du Pape, qui reconstituait ainsi l’ancien empire d’Occident. — Voilà l’exposé historique; la question de droit est résolue : Le pontificat a-t-il dis droits sur l’empire qu’il a créé?

Le pontificat a cru à sa prééminence, et il l’a exercée plusieurs fois dans le cours des siècles, solennellement en 1249, en déposant Frédéric II. Avant tout, l’Église doit prendre les intérêts du peuple chrétien : et si un prince, un chef de nation peut nuire à la foi de

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ses sujets, elle doit, impitoyablement, le retrancher de la société chrétienne. Or, pour conclure, au point de vue du droit ecclésiastique, il ne reste qu’à choisir entre ces deux partis, ou reconnaître à l'Église le droit dont elle a usé, ou déclarer qu’elle s’est rendue coupable d’usurpation , d’erreur et d’injustice. — Prononcez.

Mais entrons dans le détail historique de cette longue controverse. De Marca a écrit un gros livre sur la concorde du sacerdoce et de l’empire : on pourrait en écrire un bien plus gros encore sur leur discorde.

Charlemagne avait trouvé, dans les vieilles institutions germaniques et dans le paganisme lui-même, un puissant levier pour la réalisation de son œuvre législative, et l’Église, avec son esprit de mansuétude et de charité, en adoucissant le sens grossier et la forme brutale du droit séculier, lui en avait fourni un autre plus fort et plus puissant encore. Ce qui distinguait surtout la constitu lion germanico-chrélienne, c’était son économie organique, reliant entre eux par le serment et la fidélité, comme par un ciment indélébile, les différents membres de la hiérarchie militaire. Basée, ‘dans ces conditions, sur le droit divin, elle tirait encore, de ce fondement éternel, une nouvelle force vitale. Les rois, élevés parla grâce de Dieu au degré culminant de la hiérarchie politique, étaient affermis dans leur dignité par ce même droit divin, dont les piincipes, enseignés par l’Église aux autres membres du pouvoir gouvernemental, leur apprenaient à reconnaître, dans la puissance royale, une autorité instituée de Dieu, et à lui obéir. Et cependant, cette organisation si vigoureuse du principe monarchique n’engendrait point l’arbitraire et le despotisme; ce n’était point ce système de centralisation absorbante qui ruine toutes les libertés, le serment des vassaux d être fidèles à leurs souverains, ayant pour corrélatif la promesse faite par ceux- ci d’agir toujours en fé^ux seigneurs, et l’Église enseignant aux rois à maintenir intacts et inviolables les droits de chacun, à quelque degré de la hiérarchie sociale ou politique qu’il pût être placé.

Ce qui contribuait le plus puissamment à revêtir, aux yeux du peuple, l’autorité temporelle d’un caractère sacré, c’était le couronnement des rois, qui avait quelque analogie avec 4’ordination des évêques. Le sacre, que Pierre Damian appelle sacramentum , était une proclamation solennelle de ce principe de droitdivin : que le pouvoir suprême ne vient pas du peuple, mais de Dieu. Le cérémonial du sacre a varié selon la différence des pays et des temps ;

mais il est partout et toujours le môme quant au fond, et on retrouve, dans le pontifical romain toutes les prescriptions essentielles, et môme plusieurs des prières en usage depuis cette institution. « Cette cérémonie est sublime , dit Pierre Damian, parce » qu’elle confère un pouvoir sublime. Lorsqu’un rejeton de race » noble, appelé au trône par droit de naissance ou par l’élection, est » couronné ou sacré Roi, la noblesse cléricale et la noblesse sécu- » lière, ces deux forces vives de la nation, sont convoquées dans «tout le royaume; ici, l’on voit l’auguste corps des métropo- » litains et des évêques; là, l’illustre famille des ducs, des comtes » et des châtelains; au milieu s’avance majestueusement, entouré » d’un brillant cortège, l’homme qui doit commander aux hommes, » et il est conduit à l’autel du prince suprême pour recevoir l’in- » vestiture royale de Celui par qui régnent tous les rois. »

Le couronnement mettait le sceau à l’alliance du roi avec son peuple, et il s’y rattache diverses conséquences des plus importantes. Il consacrait un principe fondamental qui est celui-ci : Le glaive séculier doit être voué à la gloire de Dieu !

Les papes ont rarement failli à leur mission sociale de protéger le peuple chrétien. Saint Grégoire Vil mérite à ce point de vue nos hommages et notre reconnaissance. L’empereur Henry IV ravageait la monarchie chrétienne, S. Grégoire VII lança contre lui l’excommunication (1080). Il reconnut Rodolphe de Rheinfeld pour roi d’Allemagne. Il avait épuisé tous les moyens de douceur et de longanimité, car son cœur était naturellement incliné à la paix, il voulait le bien de l’Eglise et le salut de ses ennemis. Grégoire mourut dans l’exil,tandis que l'empereur Henry IV survécut longtemps et recueilllit tous les bénéfices d’une cause triomphante : Pilate avait survécu au seigneur J.-C, et Néron aux apôtres Pierre et Paul* C’est le caractère des triomphes de l’Église ; ses victoires apparaissent d’abord comme des défaites : Dieu ne veut pas que les chevaliers de l’église puissent s’attribuer à eux-mêmes les honneurs du succès : Non nobis, Domine , non nobis, sed nomini luo da gloriam.

On a souvent fait aux papes le reproche d’avoir, pour un fort mince résultat, engagé et soutenu une lutte longue et inutile contre les puissances temporelles; ce reproche est injuste; le résultat du démêlé des investitures est loin d’être aussi mince qu’il paraît l’être au premier coup d’œil, lorsqu’on le juge à la distance qui sépare notre époque des temps où s’agitait cotte orageuse question. Sam» doute les investitures n’étaient point pernicieuses par elles-mêmes»

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mais elles le devenaient dans l'application, en ce que les rois ne se bornaient pas seulement à conférer les évêchés et les abbayes, mais donnaient encore à cette collation une forme qui, d’après le sens et l’importance que l’on attachait dans ce temps au choix des symboles, ébranlait directement un principe fondamental de la constitution de l’Eglise. 11 n’était donc rien moins qu’indifférent que la crosse et l’anneau fussent remplacés par le sceptre qui exprimait une tout autre idée. Il était en outre de la plus haute importance que l’élection canonique recouvrât toute sa liberté, ce qui exigeait le renoncement de l’empereur à un droit que ses prédécesseurs avaient exercé presque constamment depuis la conversion des peuples germaniques. Callixte II continua l’œuvre de Saint Grégoire VIL

Nous laissons de nombreux et importants intermédiaires pour arriver à un acte de ce grand drame, de celte magnifique lutte des deux pouvoirs. La guerre avait éclaté entre Philippe le Bel, roi de France, et Edouard I er , roi d’Angleterre. Le pape Boniface VIII avaitdéployé infructueusement tous les efforts de son zèle pour les amènera conclure un traité de paix. Les deux rois manquant de ressources, contraignirent tous les deux le clergé à leur venir en aide par des impôts très onéreux 5 seulement ils s’y prirent chacun par une voie différente. Edouard força le clergé d’Angleterre de lui abandonner une partie notable de ses revenus; Philippe demanda et obtint la cinquième partie de tous les biens ecclésiastiques. Ainsi le patrimoine de l’Eglise et des pauvres servait à alimenter la guerre. D ailleurs, le droit en vigueur à celte époque avait pour principe général que la puissance séculière ne possède à ce titre aucune espèce de droit sur les biens de l’Église. Boniface VIII par la fameuse bulle clericis laicos défendit les droits de la société chrétienne contre les usurpations de la royauté.

Mais tout allait s’affaiblissant et mourant, et c’est surtout de la France, où l’Église fut plus desoixante-dix ans tenue en captivité et directementgouvernée par le roi, qu’est parti le coup qui a renversé et détruildansses principes fondamentaux rélatchrétien du Moyen- Age. L’orgueil des princes et la vanité nationale se donnèrent la main pour accomplir cette œuvre de destruction. Les hommes les plus eminents de cette époque ne savaient comment rebâtir le grand édifice de la monarchie chrétienne. Tout ce qui portait un cœur généreux soupirait avec une ardeur qui tenait de la passion après

un principe d’unité qui pût enfin mettre un terme à des misères sans nom et sans limites. Dante est l’expression la plus noble et la plus exaltée de ce sentiment. Le pontificat était obscurci et voilé, il invoque l’empire. Le traité De monarchia est divisé en trois livres : 1° La nécessité de la monarchie en général. — 2° La destination et la vocation du peuple romain à la monarchie universelle. — 3o L’origine immédiatement divine de la puissance impériale.

Dans le premier livre, Dante amasse tous les arguments de la scolastique pour prouver philosophiquement la nécessité de la monarchie, et il conclut qu’après la succession de tous les gouvernements erronés mis en œuvre depuis le commencement du monde» ce n’est que sous Octave-Auguste que l’on est enfin parvenu à la monarchie parfaite ; alors le monde a été calme et tranquille. Dans le second livre Dante examine comment le peuple romain s’est acquis le droit d’exercer la monarchie ; il reconnaît que tout ce qui a été fait par le peuple romain, n’est que l’accomplissement des volontés de la divine providence. La troisième question de l’indépendance de l’empire était plus périlleuse et plus difficile à résoudre. Yoici comment le poète gibelin l’aborde : « La vérité ne peut paraître sans faire rougir plus d’un homme; peut-être attirera t-elle sur moi l’indignation d’une certaine personne. Mais puisque nous l’invoquons, cette vérité , armons-nous de courage, comme Salomon , lorsqu’il allait la contempler dans la forêt des proverbes. Suivons aussi le précepte du philosophe, qui ordonne de sacrifierses intérêts privés à celui de la vérité. Je me suis senti plus fort en répétant la parole de Daniel *. Il a fermé la gueule des lions, et ils ne m’ont point fait de mal, parce que mon innocence a été reconnue devant Dieu. Parole à laquelle la puissance divine, ce bouclier des défenseurs de !a vérité , est comme incorporée- Suivant l’avis de Saint Paul , j’ai revêtu la cuirasse de la foi. Enflammé parce charbon qu’un des séraphins reçut de l’autel céleste, et dont il toucha les lèvres d’Isaïe, je m’avance au milieu de l’arène d’où, avec le secours de celui qui nous a rachetés de son sang » en face de l’univers, je jetterai hors de la palestre le menteur et l’impie ; qu’ai-je à craindre 1 ? » Voilà un terrible défi jeté à 13 doctrine guelfe, car la vieille lutte du sacerdoce et de l'empir 0

1 In brachio illius qui nos île potestatc tencbrarum libcravit in sanguine suo, impimn atqne mendaeem de palestra, spectnnte inundo, ejiciam. Q»id timeara? Dante, de monarchia, lib, ni.

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s’appelait alors Guelfes et Gibelins, comme pins tard elle s appela Gallicanisme et Ultramontanisme. Qu’importe les noms et les for* mules, au fond les choses restent les mômes.

Le poëte théologien pose en principe que Dieu ne peut vouloir ce qui est hors de l’ordre naturel ' ; et, comme il doit avoir démontré cette proposition dans le deuxième livre, il avance hardiment que les Romains, en agissant suivant la justice, ont suivi l’ordre de la nature ; qu’ils ont accompli la volonté de Dieu, d où il résulte que la puissance de l’empire, la monarchie, est devenue pour eux un droit qu’ils ont reçu de Dieu môme; et que 1 Eglise de Rome, en confondant les deux pouvoirs, tombe dans la fange, et se salit, elle et son fardeau \ D’après cette doctrine erronée, le chantre immortel de l’épopée divine invoque l’empereur comme le soleil de l’Italie esclave, séjour de douleur, navire sans nocher dans une grande tempête. Toutes les villes étaient pleines de tyrans, et on trouvait un Marcellus dans tout manant qui formait un parti. La société chrétienne apparaissait au poëte comme un malade qui ne trouve pas de position sur son lit, mais qui en se retournant sans cesse croit se défendre de la douleur 3 .

«Italie! A quoi te sert que Justinien ait arrangé ton frein, si la selle est vide ! Sans lui ta honte serait moindre. O pays * qui devrais être dévoué et laisser César s’asseoir sur la selle, situ entendais bien ce que Dieu te dit; vois comme cette bête est devenue rétive, pour n’être pas corrigée par l’éperon, quand tuas porté la main

4 Hæc igitur irrefragabilis veritas præmittatur, scilicet quod illud quod nature intentioni répugnât Deus nolit. De monarchia, lib. ni.

2 Di’oggimai, che la cliiesa di Roma Per confondere in sè duo reggimenti Cade nel fango, e sè brutta e la soraa.

Dante, Purgator xvi, 4 27.

3 Vedrai te simigliante a quclla ’nferma,

Che non puô trovar posa in su le piume,

Ma con dar volta suo dolore scherma.

Purgator vi, 4 49.

4 Ahi gente, che dovresti csser devota,

E lasciarseder César nella sella,

Sc bene intcndi cio che Dio ti nota.

Purgator vt, »4'.

DU DROIT ECCLÉSIASTIQUE à sa bride. » Les empereurs d’Allemagne ont entendu cet appel, et ils sont venus et ils ont enfourché l’arçon de cette cavale indomptée et sauvage. La société chrétienne a été leur proie.

Cependant les théologiens pontificaux protestaient énergiquement. Alvarez Pélage, évôque de Silva en Portugal, publiait son livre célèbre : De Planctu ecclesiæ , et le frère Augustinus Triumphus exagérait môme la prérogative papale en reconnaissant au pape le droit d’instituer seul un empereur, et de dissoudre et recomposer à son gré le collège des princes-électeurs. Le droit strict à cet égard peut se formuler ainsi : Le choix unanime des électeurs suffit pour décerner la couronne d’Allemagne, mais l’approbation du pape et le couronnement reçu de ses mains, peuvent seuls conférer la dignité impériale.

La ruine était imminente. Nicolas de Clamenges, ce pauvre écolier du collège de Navarre, qui avait étudié à la lueur de la lampe du sanctuaire, écrivit son fameux livre De ruinâ ecclesiæ, où il retrace en termes fort âpres, la situation de l’Église. Pierre d’Ailly? cardinal-évêque de Cambrai, et Gerson, chancelier de l’Université de Paris, républicains ardents, poussent la question doctrinale avec une vigoureuse logique et arrivent aux relations de l’épiscopat et de la primauté papale. Leur éloquence entraîne le concile de Constance à proclamer sa supériorité sur le pape. C’était là un essai de réforme bien malentendu; d’abord l’épiscopat était acéphale et ne pouvait rien décider dogmatiquement, ensuite les Réformateurs du seizième siècle allaient déclarer aussi pour être logiques jusqu’au bout, que, puisqu’on pouvait se passer du pape, on pouvait bien se passer des évêques.

Dans cette lamentable histoire de la dissolution de la société chrétienne du Moyen-Age, on est obligé d’aller vite ; les faits et les malheurs nous obsèdent. Au seizième siècle, on parlementa > les deux pouvoirs firent des trêves, des Concordats. Mais l’oppo' sition restait latente avec sa force d'inertie, elle refusa de recevoir les décrets du concile de Trente. Aux États-Généraux de l61à, elle se montra plus audacieuse. Le cardinal Duperron la confondit* L’élément laïque et calviniste prédominait. C’est le calviniste Pierre Pithou, le Varronde son siècle, qui savait tout, excepté son catéchiS' me, qui le premier a formulé ce que les Parlements appelaient les Libertés de I Église gallicane. Tout reposait sur ces deux maximes:

1° Pour tout ce qui est de l’ordre temporel, les papes n’ont

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aucune juridiction ni générale , ni particulière dans les pays et possessions soumises à l’autorité du roi très chrétien ;

2° Bien que le pape soit reconnu commesouverain dans les choses spirituelles, son autorité n’est pas néanmoins absolue et illimitée dans l’Église de France, mais tempérée et limitée par les canons et les anciens conciles de l’Église reçus dans le royaume

Plus tard avec ces deux articles on en fil quatre , on aurait pu en faire dix. Yan-Espen et Febronius propagèrent les doctrines Parlementaires en Allemagne , où elles aboutirent au Joséphisme.

En France, leur complet épanouissement fut la constitution civ de du clergé. L’Angleterre avait eu plus de courage, elle avait commencé par où les autres devaient finir; mais tout fait présager qu’elle reviendra à l'unité, à la vérité.

Il ne restait plus aucun vestige de la monarchie ecclésiastique des siècles chrétiens. Les états de l’Europe étaient comme des terrains à bâtir, chacun y établit sa tente, et l’Église en y replantant une croix de bois, sollicite comme une grâce des pouvoirs nouveaux , 1’indiflerence et la liberté. Et c’est à peine si la polit’que moderne veut lui accorder le moindre droit au soleil qui tuitpour tout le monde.

O vous tous qui passez parle chemin de la vie, voyez s’il est une douleur semblable à ma douleur !

L’Eglise est patiente parce qu’elle est éternelle.

11 Charlas, chanoine de Pamîers, définit cette doctrine : Oppressionem jumdictioms ecclesiasticæ a laica, et depressionem auctoritatis romani pontificis a ctero gallicano. — C’est très concis.

Les sources du droit ecclésiastique sont les sources mêmes de la doctrine catholique: la tradition, l’Écriture-Sainte, les Pères, les conciles, les actes pontificaux, les annales de l’Église. Mais on appelle plus particulièrement sources du droit les traités ex professo sur la constitution de l’Église, sur ses droits sur les sociétés humaines , sur les relations des personnes ecclésiastiques. Voilà I e principe qui nous a dirigé en rassemblant ces notes bibliographiques , que nous avons rangées suivant l’ordre alphabétique pour éviter les répétitions. Avant tout, nous avons voulu être utile et répondre aux demandes qui nous étaient adressées par plusieurs directeurs de séminaire et de prêtres studieux. Nos fonctions, nature de nos travaux, notre zèle indéfectible pour la propagation des doctrines vraies et pures, notre longue et persévérante pratiqué des livres au milieu de Paris, où tous les genres d’étude sont pour ainsi dire centralisés, tout concourait à rendre notre tâche plus facile.

Dans la rédaction de cet essai de catalogue, nous avons apporte tous nos soins; il est loin d’être complet; il ne pouvait pas l’être» Nous prions instamment ceux qui trouveraient des lacunes impur' tantes de vouloir nous les signaler. Nous avons voulu indiquer au* futurs professeurs de droit ecclésiastique les meilleurs livres à consulter. Nous nous étions proposé cette question : Comment doit être meublée la chambre d’un professeur de droit dans un séminaire? Ces notes bibliographiques sont la réponse aussi brève et aussi exacte que possible.

Nous avons marqué d’une croix les auteurs les plus essentiels les plus nécessaires ; il faudra les rechercher avec soin. Pour l eS autres auteurs, très-utiles à consulter, voici, nous le croyons, méthode la plus économique et la plus facile à suivre. Celui fi UI étudie spécialement et sérieusement le droit ecclésiastique d abord une connaissance très-intime avec le catalogue de la bibÜO' tlièque publique de la ville qu’il habite. Comme les bibliothèque communales sont toutes d’origine ecclésiastique et monasti(fi ie ’

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elles contiennent (le précieuses collections canoniques, qui seront certainement mises de très-bonne grâce à la disposition des hommes tudieux. Dans ce cas, le séminaire n’achèterait que les ouvrages qui ne se trouvent pas à la bibliothèque publique, à moins que pour une très-petite somme il ne préserve et ne sauve un de ces livres considérables qu’on ne réimprimera jamais.

Il y aurait ingratitude de notre part de ne pas remercier publiquement M. le chanoine Gauthier, directeur du séminaire du Saintesprit, de son concours actif et bienveillant. Sa bibliothèque est des plus importantes ; elle est au service de tous ceux qui travaillent Pour l’exaltation de la sainte Église. Aussi, sur chaque volume il Pourrait faire inscrire, comme les célèbres bibliographes du sei- 2, eme siècle : gualterii et amicorum.

Nous espérons voir bientôt refleurir les éludes du droit ecclésiastique; rien n’est plus nécessaire, et pour les exactes relations jle la hiérarchie, et pour relever la dignité morale des prêtres. L’arflraire détruit tout ; il énerve les âmes les plus énergiques et les Plus hères ; il décourage, il abat les âmes humbles, douces et modestes. Déjà nous avons vu bien des défections et des ruines, et Dieu Uous réserve encore d’autres malheurs si nous ne nous réfugions Pas dans l’ordre canonique et sacré qu’il a établi dans son Église.

Ayons une pleine confiance dans la sagesse de nos Évêques, que Dieu a établis pour régir l’Église sous l’autorité du Pape ; espérons que les résultats des conciles et des synodes seront utiles à la restauration de l’ordre ecclésiastique ; mais surtout ayons un dévouement sans bornes, un amour tendre et filial pour le Pasteur éternel des agneaux et des brebis, pour le Vicaire de Jésus-Christ, pour le Pontife romain, dont la parole est infaillible et dont la volonté fait e droit, suivant la belle expression de saint Bernard, que nous inscrivons ici comme le résumé de, nos pensées les plus intimes et ( e nos sentiments les plus vrais :

NIHIL AIIIII SECURIUS JUDICO, QüAM OBEDIRE DOMINI PAPÆ VOLUNTATI.

(S. Bernard, epist. 52.)

Bibliographie.

Ahbaui. De immunitate ecclesiastica.

Rome, 1553 ; in-fol.

•f Abelly. Défense de la hiérarchie de l’Église, et de l’autorité du Pape. Paris, 1659; in-4.

— De l’obéissance et soumission qui est duc à N. S. P. le Pape, en matière de foi. Paris, 1654 ; in-8.

— Encliiridion episcopalis sollicitudinis.

Paris, 1668; in-4, réimprimé à Besançon.

Les ouvrages de ce saint évêque sont trèsutiles et très-bons comme doctrine.

Affre. De l’Appel comme d’abus. Paris, 1845; in-8.

— Administration temporelle des paroisses. Paris, 1845; in-8.

— De la propriété des biens ecclésiastiques. Paris, 1837; in-8.

t Agnirre. Concilia Hispaniæ. Rome, 1753; in-fol., 6 vol.

Savante et importante collection.

— Defensio cathedra S. Pétri, contra declarationem. 1682. Salamanque, 1683; in-fol.

Albaui. De potestate Papæ et Concilii.

Venise. 1561; in-4.

Alberstechi. De potestate cardinalium mortuo vel impedito Papa. In-4.

Albizzi. De juridictioue cardinalium in propriis titulis. Rome, 1668 ; in-4.

Le cardinal Àlbizzi était un des plus grands canonistes de l’Italie ; tout ce qu’il a fait doit être fort recherché et estimé.

Alteri. De censuris ccclesiasticis. Rome, 1618 ; in-fol., 2 vol.

Ouvrage très-utile et fort estimé.

Altcserra. De adjutoribus episcoporum. Toulouse, 1651; in-4.

— Vindiciæ jurisdictionis ecclesiasticæ. Paris, 1703; in-4.

Dans ce livré savant, M. de Hautescrrc réfute le Traité de l’Abus, par Fevrèt.

Dissertationum juris çanonici, Lib. IV.

Toulouse, 1651 ; in-4.

— Dissertationum, Lib. V et VI. Toulouse 1654 ; in-4.

Alvarez-ÏVjgaK. De competentiis inter archicpiscopos et nuntium apostolicum,

cum poteslate Legati a Latere. Lyon, 1675; in-fol.

Traité fort savant et curieux.

Ambrosliil. De immunitate et libbrtate ecclesiastica. Parme, 1612; in-4.

Amideitî. De officio datarii et stylo datariæ. Cologne, 1701; in-fol.

Aitcharani. Commentaria in Dccretales et Clementinas. Bologne, 1581; infol. 5 vol.

Andrea, Joan. Commentaria in Deeretalés. Venise, 1612; in-fol. 4 vol.

Sa fdle, la gracieuse Novell a, mérite bien un souvenir. Elle professait à Bologne; ell® commentait Gratian et les lois romaines. Christine de Pisan flous raconte « qu’afin que » sa beauté n’empêchât pas la pensée des » oyants, elle avait une petite courtine au deh vaut d’elle. » Pauvre fdle, elle avait bien souffert dans les abîmes de la science du droit ; plus de joie, plus de repos ; chaque soir, fatiguée par le travail, èlle gémissait sur les cordes plaintives de sa harpe, elle s’arrêtait dans la contemplation du ciel étoilé, et son âme exilée murmurait : Là peut-être on est mieux! Dieu eut pitié d’elle, et il lui donna un peu de cette paix que la terre ne peut donner. Do jour, dans l’expositioD mystique de saint Antoine de Padoue sur la Genèse, elle lut ces mots : L’ignorance fidèle et aimaute, est préférable à la science téméraire. Elle abandonna scs études, elle ferma ses livres de droit, ell e se tut. Son cœur de femme ne s’ouVrit pl ,lS que du côté du ciel. Novella mourut en 13®®' A la même heure, l’auteur de l’Imitation écrivait : Je m’ennuie souvent de tant lire et de tant écouter ; je trouve en vous, ô mon D' cU * tout ce que je cherche et tout ce que je désire !

André. Cours alphabétique et métbod*' que de droit canon. Paris, 1844 ; in-* 1 2 vol.

Ai'.tonclli. De regimine ecclesiæ e P* scopalis. Venise, 1672; in-4.

— De juribus et oneribus clericorufl 1 - Rome, 1699; in-fol.

Antonius-AuffustimiB. Antiqu® c0 ^ lcctioncs dccrctalium cum nolis. R° ,1,c ’ 1583; in-folio, réimprimé à Paris 1609 et en 1621, in-folio. oJjt

Ges anciennes collections de décrétales s

BIBLIOGRAPHIE Dü DROIT ECCLÉSIASTIQUE. 41

celles de Bernard Cica, de Gilbert, Alain et Duval, de Bernard de «Compostelle et de Pierre de Bénévcnt. On a encore d’Antonius-Augustinus, deux ouvrages importants :

— Epitome juris pontificii veteris. Tarragone, 1587 ; in-fol. — Rome, 1611 ; 3 tomes en 2 vol. in-folio. — Rome, 1614; in-folio. — Venise, 1616; in-folio.

— Paris, 1641; in-fol.

•—De emendatione Graliani. Tarragone, 1587 ; in-4. — Paris, 1672 ; in-8, avec des notes de Baluze.

Antonius-Augustinus, né à Sarragosse, après avoir étudié dans les plus célèbres universités d’Espagne, Alcala et Salamanque, vint en Italie se perfectionner à Bologne. A 25 ans, il publiait un traité fameux sur le droit civil, où il faisait servir les antiquités romaines à la science du droit. Paul III le nomma auditeur de Bote. Jules lll l’envoya en Angleterre. Paul IV le consacra évêque et le chargea de diverses négociations en Allemagne. Il assista au concile de Trente, où il eut une grande importance, et mourut archevêque de Tarragone, en 1586.

Arostegni. Concordia pastoralis super jure diœcesano inter episcopos et prælatos inferiorcs. Compluli, 1734 ; in-fol.

Assemanl. De ecclesiis earum reverentia et asylo atque concordantia sacerdotii-etimperii. Rome, 176li; in-fol.

Avec les opuscules remarquables de De Bonis, sur les oratoires publics ; de Fortunati de Brescia sur les oratoires domestiques, et de Gattico sur les oratoires domestiques et les autels portatifs.

Baccliini. De ecclesiasticæ hiérarchise originibus. Modène, 1703 ; in-4.

ISagoti. Defensio juris episcopalis. Rome, 1659 ; in-8.

BBaltltis. Super décrétâtes. Venise, 1595;

Ce fameux jurisconsulte, maître de Grégoire XI, professa à Pérouse, à Padoue, à Pavie. Lorsqu’il parut pour la première fois dans sa chaire de Pavie, les étudiants s'écrièrent en voyant sa triste figure : Minuit prœtcniia famam. Balde répondit sans se déconcerter :

Augebit caetera virlus. Cet illustre professeur ■est mort en 1400, de la morsure d’un chien enragé.

Balsamo. Canones apostolorùm, conciüorum generalium cum commcntariis, iuterpret. Hervet. Paris, 1620 ; in-fol.

Ce recueil est précieux, mais il ne peut pas

être suivi avec une confiance entière, il y a des sentiments grecs.

Baltus» Réponse à l'histoire des oracles de Fontenelle. Strasbourg, 1707-1708; in-12, 2 vol.

Très-exact et fort curieux.

Baluze. Gapitularia regum francorum, édition Chiniac. Paris, in-fol. 2 vol.

Utile collection faite par un homme animé d’un très-mauvais esprit, l’éditeur de Marca.

Ban nez. De justitia et jure. Venise, 1595; in-fol.

f Barbosa. Opéra omnia canonica; recueillis et édités à Lyon, 1716 j in-fol., 20 vol.

Le portugais Augustin Barbosa, mort évêque d’Ugento, dans le royaume de Naples, passa à Rome la plus grande partie de sa vie, soutenu et encouragé dans ses travaux par Urbain VIII et Innocent X.

Barthel. Dissertatio de canonica episcoporum Germanise electione. Würzbourg, 1799.

Saronius. De monarchia Siciliæ. Paris, 1609; in-8.

Barruel. Du Pape et de ses droits religieux à l’occasion du concordat français. Paris, 1803; in-8, 2 vol.

la Bastide. Réponse apologétique à Messieurs du clergé de France, sur les actes de leur assemblée de 1682, touchant la religion. Amsterdam, 1683 ; in-12.

Livre infiniment curieux et important. Ici la défaite vaut mieux qu’une victoire; c’est ce qu’on a écrit de plus piquant contre la secte parlementaire.

Bauny. Praxis beneliciorum. Paris, 1648; in-fol.

Brg’itudclliiis. Bibliotheca juris canonico-civilis practica. Frisingue, 1712; in-fol., 4 vol.

fiEehotte. De la juridiction ecclesiastique en France. Rouen, 1635; in-4.

Contre l’envahissement des laïques.

Bellienius. Dissertatio ad concordata Germanise de electionibus cpiscoporum.

Mayence, 1767.

1" Bellarmin. Depotestate Summi Pontilicis in rebus temporalibus. Rome, 1610; in-8.

Dans Roccabcrti, ainsi que :

— Apologia pro romano pontifice. Rome, 1609; in-4.

— Novæ dcclarationcs cardinalium ad décréta concilii Tridentiui. Lyon, 1634; in-4.

La meilleure édition de Bellarmin est celle de Venise, 1721, in-fol., 7 vol. — On ne saurait trop étudier les ouvrages de cet illustre défenseur du Saint-Siège.

Bclleti. Disquisitio clericalis. Rome, 1654; in-fol.

ICelli. De absoluta Beati Pétri monarchia. Rome, 1647; iu-4, et dans Roccaberti, tome IY.

I>cl lieue. De officio inquisitionis. Lyon, 1680; in-fol. 2 vol.

Très-savant et des plus estimés.

— De immunitate et jurisdictione ecclesiastica. Lyon, 1674 ; in-fol., 2 vol.

Benedlctus. De testamentis. Lyon, 1562; in-fol.

f Benoit XIV. De beatificatione et canonisation sanctorum. Prato, 1839;

— De synodo diœcesana.

Tous les ouvrages de ce savant pape ont été édités plusieurs fois; l’édition Remondi est estimée; la plus complète est celle de Prato, 1839; in-4, 17 vol.

Benvenuti. De dæmoniacis. Lucques, 1775; in-4.

f Berardi. Gratiani canones genuini ab apocryphis discreti. Madrid, 1783 ; in-4,

4 vol.

— Commentaria in jus ecclesiasticum universum. Venise, 1778; in-4, 4 vol.

Ces ouvrages sont fort savants et méritent d’être étudiés.

Berna rd» Comensis. Lucernn inquisitorum hereticæ pravitatis; avec les notes de Penia. Rome, 1584 ; in-4.

f Bevcridge. Codex canonum ccclesiæ primitivæ. Londres, 1697 ; in-4. Réimprimé dans les Patres apostolici de Coteilier. U défend l’autorité des canons apostoliques.

Pandcctæ canonum apostolorum. Oxford, 1672; in fol., 2 vol.

Très-précieuse collection.

Bèze. De hærcticis a civili magistratu puniendis. 1554; in-8.

Ce curieux ouvrage de l'hérétique Théodore de Bèzc, imprimé par Robert Kslirnnc, est de¬

venu fort rare. Les calvinistes l’ont supprimé partout ; il veut qtie les hérétiques soient punis par les magistrats.

t Blanchi. Délia potesta c polizia délia chiesa. Rome, 1745; in-4, 5 vol.

Ce livre, de la plus grande importance, est fort rare én France ; nons n’en connaissons que quatre exemplaires, dont l’un appartient a la belle bibliothèque de M. de Lamennais, à Ploërmel. Il a été écrit contre l’historien de Naples, Giannone, qui avait adopté les principes des parlementaires gallicans. Jean-Antoine Bianchi, religieux de l’ordre des frères mineurs observantins, était même estimé de son temps, comme poète dramatique. C’était la récréation agréable de ses graves travaux ; car pendant de longues années il professa la philosophie et la théologie, et fut examinateur du clergé romain. Il avait l’estime et la confiance de Clément XII.

Biner. Apparatus cruditionis ad jurisprudentiam præsertim ecclcsiasticam- Augsbourg, 1753 ; in-4, 13 vol.

Binffhum. Origines sive antiquitates ecclesiasticæ. Halle, 1724; in-4, 11 vol.

Ouvrage fort érudit, mais composé par un protestant; c’est pour cela qu’il est parfois inexact.

Binsfcld. De confessionibus maleficorum et sagarum. Cologne, 1623; in-8.

Ouvrage curieux, d’un habile canoniste. R paraît que l’Allemagne était le grand pays de la sorcellerie.

Birkucr. Dissertatio de decreto, quod de electionibus episcoporum fit. Altorf»

Blondel. Des sibylles, célébrées, tant par l’antiquité que par les saints Pères- Paris, 1649; in-4.

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