III. Jèsus-CnmsT estdocteor, l’église est son école
L’Église, portant dans ses mains le trésor de la parole divine , confié à sa garde par J.-C , se présente au genre humain dans la Personne des apôtres, que le Christ envoie, avec le corps entier des r évélations, enseigner les peuples comme il les a enseignés euxmêmes. L’enseignement est oral et écrit ; la tradition orale paraît avoir cet avantange sur la tradition écrite, qu'elle pénètre plus facilement dans les populations, et qu’elle est, ainsi, éminemment Propre à renseignement de la doctrine ; mais la parole peut facilement être mal comprise, et, sous ce rapport, l’écriture offre une plus grande sécurité, en ce que la lettre écrite fixe le son fugitif de la Parole, et la transmet ainsi plus facilement à la postérité. Mais , au-dessus de la parole et de l’écriture, Dieu a établi l’Église, auto rité infaillible en matière de foi. Elle fait entendre sa voix, elle s’exprime par l’organe du ministère doctrinal organisé dans son sein par J.-C., ministère constitué parla création des trois degrés de la hiérarchie divine : Le diaconat, la prêtrise et l’épiscopat. Il n’y a, conséquemment, que ce seul ministère institué par J. C. qui ait autorité et capacité, en vertu de l’assistance divine, pour interpréter soit la tradition orale, soit la tradition écrite. Le centre de cette autorité enseignante est le Pape, à qui le Christ a promis, dans la personne de Pierre, que sa foi ne faillirait jamais.
L’infaillibilité doctrinale, l’urie des prérogatives spirituelles les plus efficaces, comme moyen de sanctification et de salut, ne peut Gtre refusée à l’Église sans lui rendre absolument impossible l’ac* c omplissement de sa mission en ce monde. En conséquence, l’Église a la certitude de ces deux principes : r Que l’autorité doctrinale, instituée dans son sein, enseigne la vérité pure et inaltérable; ficelle reconnaît certainement l’erreur,quelque formequ’elle affecte,
DU DROIT ECCLÉSIASTIQUE et la signale comme telle. — 2° Que, comme Église, elle ne peut jamais tomber dans l’erreur.—Examinons, maintenant, où réside l’infaillibilité : dans les évêques réunis en concile sous l’autorité et l’approbation du Pape, et dans le Pape parlant comme Pape aux évêques dispersés. Ainsi, c’est la Primauté qui est la source de l’infaillibilité. Le Pape peut prononcer, a prononcé et prononce souverainement, infailliblement ; c’est à lui, l’ami de l’époux*, à préserver l’épouse des paroles des lèvres impures et de la langue perverse * c’est de lui, pasteur suprême, dont le Christ a établi le trône sur la montagne sacrée, sur la terre sainte, foulée par les pieds du prince des apôtres, que l’Église attend, de toute l’ardeur de son âme, qu’il arrache toute plante qui n’a pas été semée par lui, par lui le maître. Quand l’évêque de Rome a parlé en qualité de chef de l’Église, sa décision a le même caractère de vérité, d’autorité et de force, que celle émanée de la bouche de Pierre ; et de môme que la réponse de celui-ci à la question du Sauveur, n’eut pas besoin de l’assentiment des apôtres; les solutions données par son successeur aux questions qui lui sont soumises n’ont pas besoin d’être confirmées par l’Église ou par l’épiscopat.C’est donc une opinion radicalement fausse, que celle qui prétend que les décrets dogmatiques du Pape n’ont qu’une autorité provisoire et ne deviennent définitivement acquis au symbole catholique, que lorsque l’Église les a formellement acceptés, ou du moins tacitement confirmés par l’absence de toute réclamation; la vérité est, au contraire, que toute décision de Éépiscopat n’est que provisoire, tant que le chef de l’Église ne lui a pas donné son adhésion.
Ainsi, ce n’est pas l’Église qui confère l’infaillibilité au Pape} c est elle qui la reçoit de lui; car l’Église repose sur le Pape. Successeur du premier d’entre les apôtres, le Pape peut, comme Pierre, élever la voix et dire: « Mes frères, vous savez qu’il y a longtemps que » Dieu ma élu parmi vous, afin que par ma bouche les peuples enten- » dissent la parole de l’évangile et crussent à cette parole (Act. xv)."
Indépendamment desr témoignages historiques dont l’importance ne peut être mise en doute, et qui acquièrent d’autant plus de force, qu’ils montrent plus clairement la source mensongère et l’origiu 0 récente de l’opinion contraire, on peut invoquer en faveur du fmt-| leS môn ? es arguments qu’on invoque en faveur de l'infaillibilité de l’Eglise. En effet, par là même que le Pape est le docteur suprême de l’Église, il doit être infaillible comme elle; étant le lien qui unit toutes les parties de l’édifice, investi du pouvoir
dans SES PRINCIPES GÉNÉRAUX, souverain des clefs, appelé, comme premier pasteur, à conduire son troupeau dans les pâturages de la vérité, étant en droit, comme monarque, d’imposer l’obéissance à tous ses sujets il doit avoir les mômes prérogatives, le même pouvoir,sous le rapport de la doctrine. L’infaillibilité promise à l’Église, en vertu de laquelle elle ne peut tomber dans aucune erreur, implique rigoureusement l’infaillibilité du Pontife romain. La pierre fondamentale a reçu d’en haut la fermeté qu’elle devait avoir pour porter jusqu’au ciel l’édifice indestructible de l’Église. Quelques théologiens plus résolus dans l’absurde, accordent l’infaillibilité au Saint-Siège, mais la refusent au Pape. C’est dire : La chaire est infaillible, mais la voix qui parle du haut de cette chaire peut proclamer l’erreur. Toutefois reconnaissons hautement, pour ne rien exagérer, que l’Église n’a point fait de l’infaillibilité du Pape l’objet d’une décision dogmatique formelle.