II. — PATHOGÉNIE
Comment se forme l’abcès ?
Dans les cas chroniques, c’est par propagation directe de là lésion mastoïdienne jusqu’à la dure-mère, soit par des /is- .$ures osseuses qui né se sont pas soudées (fissure pétro-squameuse) ou par des déhiscences osseuses spontanées qui se font en « trou de mile » suivant l'expression de Mourer, sur le toit de “la caisse et de l’antre et qui mettent en contact direct la duremère et la muqueuse de la caisse.
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* Mais, ce toutes les lésions par propagation Hhebtes l'ostéite | est la plus fréquente. Elle succède à une cellulite et doit son
existence à la présence de nombreuses cellules qui peraele
Ja stagnation du pus et qui favorisent la nécrose des deux de
cales ; créant ainsi la fistule. NTE Parmi les nombreuses cellules mastoïdiennes, nous décri- rons les cellules préantrales qui favorisent la production des
fistules de la paroi postéro-supérieure du conduit auditif et. sont importantes à connaître. ve
Les ‘cellules préantrales ou limitrophes du conduit | auditif osseux occupent la pate externe de l'aditus et sont les plus constantes. Les supé érieures s'étendent parfois dans : la paroi supérieure du ‘conduit auditif jusqu'à la crête Lemporale. Ce sont d'innombrables petites cellulés répondant à la paroi supérieure de l’antre. Elles communiquent presque tot-
jours avec la cavité antrale et ne sont séparées de la dure-. mère que par une mince pellicule osseuse détruite dans les
lésions chroniques, d’où procidence de la dure-mère dans. celte cavité. Elles se prolongent souvent au- -dessus de are
NU du conduit auditif, jusque dans Île zygoma. :
Quant aux cellules du tegmen tympani, siluées au-dessus du conduit, dans l'angle formé par la réunion de*l'écaille avec la face supérieure du conduit auditif, elles forment un groupe de petites cellules, ou ne se composent que de deux grosses cellules de la dimension d’un haricot (Bezuin). Elles ne sont séparées de la dure-mère que par une mince lamelle.
Dans les affections aiguës, l'abcès se forme au contraire par propagation à distance, laissant entre lui et le foyer cérébral, un intervalle osseux d'apparence saine :
suivant la voie vasculaire, par thrombo-phlébite des veines diploïques qui transporteraient les germes jusqu'à la duremère ; ;
Par voie lymphatique non admise par Mourer; selon lui, les organes intra-crâniens seraient dépourvus de lymphatiques; « cependant les espaces péri-méningiens et les tissus méningés
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les cellules du tegmen tympani, qui, par leur. situation, 17
Cytaire ».
le sont cheuiérnent disposés pour faciliter la migration leuco- ne
En réalité, il est plus vraisemblable d'incriminer les cellules : aberrantes. 2 Ô
«Ce sont ‘des cellules pneumatiques, dont la liaison avec les 2
autres cavités du temporal ne saute pas aux yeux, mais
demande à être recherchée » (Mourer).
Parmi celles- -ci, citons le groupe postéro-supérieur. Ce.
groupe important, décrit successivement par STANCULÉANU €t
Depourre, BELLUN, puis Mourer, est situé à la partie Re de la mastoïde, dans la région avoisinant le sinus latéral et
‘étendant jusqu'au pariétal et à l'occipital. |
“ cellules communiquent souvent avec d'autres cellules mastoidiennes centrales : parfois, elles sont isolées et paraissent avoir leur autonomie. ÿ
Le groupe postéro- supérieur st le plus fréquent des. cellules postérieures; il est en rapport, en haut avec les
méninges de la fosse cérébrale moyenne dont il est séparé par
une, lame. papyracée; en dedans, par l'intermédiaire d'une
mince lamelle osseuse; il répond à l'angle supérieur du sinus latéral.
Ce groupe situé à 10-15 millimètres de l’antre, communique
fréquemment avec lui, mais peut en être séparé par une grande épaisseur de üssu diploïque. D'après Bern, il se prolonge à plus de 4 centimètres en arrière de l’épine de Henle, et, en haut il peut s'étendre jusqu'à la suture pariétale à une distance de 2? à 3 centimètres 1/2 de l’épine de Henle.
Mourer ajoute : « Ces cellules sont en communica ation avec celles de la moitié antérieure de l'apophyse masloïde, mais celte communication peut passer inaperçue, la partie antérieure de l’apophyse mastoïde se composant de deux couches osseusés d'origine différente : l’une superficielle (l’aile squamomastoïdienne), l’autre profonde (base de la pyramide pétreuse). Ces deux parties ont un système pneumatique primitivement indépendant, étant séparées par le mur de Seuwarrz et EYSkLE, qui disparait généralement, mais peut subsister. Dans ce cas,
le groupe postéro- supérieur peut être ee 7 Sy stèmé cellu- Jatre de l'aile squamo-mastoïdienne, mais il reste toujours en communication avec le système des cellules de la couche sous-
jacente profonde pétreuse ».
Cette notion anatomique a son importance pour comprendre les relations pathologiques existant entre les lésions de lantre
__ et celles des cellules postéro-supérieures.
Il faut encore savoir qu'il existe dans la racine de l'apophyse ‘zygomatique des cellules aberrantes « cellules antérieures zygomatiques » parfois volumineuses, à grand axe antéropostérieur et qui entrent souvent en connection avec d'autres cellules aberrantes squameuses. Elles favorisent les perforations corticales sus-méatiques, dirigeant le ‘décollement du périoste en avant vers la fosse temporale. nr
Quelle est la marche du pus?
‘Elle dépend de la nature doté hace de l’apophyse mastoïde et elle est favorisée par les cellules mastoïdiennes nor- . males ou aberrantes que nous venons de décrire.
Dans les mastoïdes spongieuses, renfermant fréquemment des cellules aberrantes, rejetées loin de lantre et ne communiquant avec lui que par un orifice étroit, le pus, aura plus tendance à s’extérioriser que dans une mastoïde pneumatique.
Mais c'est surtout dans les mastoïdes scléreüses, à parois très dures, dont l’antre est très petit (en grain de blé) et souvent caché par un sinus procident (obs. VIII), que le drainage se fait mal; ne pouvant facilement percer les parois éburnées ni filer vers la pointe, le pus est obligé de se frayer un chemin, en dedans vers la dure-mère, à travers les groupes cellulaires, notamment le groupe postéro-supérieur.
De là, :} peut diffuser vers l’écatile (obs. T) par les cellules | squameuses ou en avant par les cellules zygomatiques antérieures (obs. VI et VII). Quand la trépanation spontanée se fait en arrière et au-dessus de l’épine de Fenle, on-peut admettre que les cellules limitrophes pré-antrales sont en cause: