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mène a pu avoir lieu sans qu'aucun symptôme caractéristique se soit manifesté, il paraît plus que probable que c'est là un phénomène d’une faible gravité. qui n’influe en rien sur la marche naturelle de l’opératio. 1
Par la suite, grâce aux belles conquêtes de la microbiologie et aux progrès de la chirurgie aseptique, on a pu expliquer ce qui paraissait inintelligible, coordonner les faits cliniques observés et en rer les conclusions logiques. Maïs cette évolution n’a touché qu'un petit nombre de cliniciens. Le. résultat de cette transformation des idées nous est exposé par le professeur Cadiot dans ses « Etudes de pathologie et de clinique », dans son « Traité de thérapeutique chirurgicale », mais surtout dans ses études de la cryptorchidie et de l’ovariotomie. Nous croyons utile de reproduire en entier ce que l’éminent professeur enseigne dans ce dernier travail (1893).
« Sous le couvert de l’antisepsie, nous sommes devenus plus hardis en matière de chirurgie abdominale, et tels ont été le succès de ceux qui ont suivi les grandes règles formulées par les laparotomistes, que | lon ne compte presque plus avec l’ «excessive sensi- see bilité » du péritoine des solipèdes. Erigée en dogme par des opérateurs malheureux, qui trouvaient là une excuse aux revers dont ils étaient les auteurs incons- ee cients, cette notion a singulièrement vieilli. Bientôt 25
- elle ne sera plus qu’une légende. | à
« Sans doute la séreuse abdominale envisagée |
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dans nos diverses espèces, au point de vue de son irritabilité, offre de notables variations, mais certainement elles sont beaucoup moins accusées qu'on ne l’a prétendu. J’ai recueilli maintes observations témoignant que la séreuse péritonéale des animaux de l'espèce chevaline est loin de posséder cette susceptibilité dont l'ont si généreusement dotée les classiques du tiers moyen de ce siècle, et que lui attribuent encore quelques auteurs modernes. Les suivantes me paraissent offrir à cet égard un évritable intérêt.
« Sur un cheval d'expérience, je venais de simuler l'opération de la cryptorchidie en perforant la paroi abdominale près de l’anneau inguinal inférieur. Peu après que l'animal fut relevé, il éprouva des coliques,
s'agita, se débattit, et bientôt une anse d’intestin
apparut à la plaie. Elle avait une longueur de 40 centimètres et était couverte de souillures lorsque je la
réduisis après en avoir fait la toilette sommaire avec
de l’eau ordinaire. L'animal guérit.
« J’ai ovariotomisé en novembre 1891 une jument extrêmement irritable, que les vapeurs d’éther n'avaient point assoupie. Durant l’opération, elle se
livra à des réactions incessantes et extrêmement vio-
lentes. Pendant quinze à vingt minutes, les anses
intestinales vinrent se heurter contre l'extrémité de l’écraseur que je maintenais ferme, voulant en finir
avec les difficultés que je rencontrais. Malgré ces
traumatismes de l'intestin et de la séreuse, les suites opératoires n'eurent rien d'inquiétant….
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« Je pourrais multiplier les faits de même ordre: mais ceux-là disent assez combien est exagérée la doctrine qui fait du péritoine du cheval un nolt me tangere. Cette séreuse se montre parfois remarquaàblement tolérante. Une main propre, aseptique, peut toujours l’explorer sans péril. »
L'opinion du Maître ne laisse persister aucun doute, et il est juste de remarquer qu'il a fait école et qu’à l'heure actuelle de nombreux vétérinaires pratiquent aujourd’hui, sans la moindre appréhension, chez le cheval, la laparotomie, la cryptorchiectomie, l’ovariotomie. Mais il faut remarquer que les conditions dans lesquelles ils opèrent s’éloignent fortemient de l’atteinte accidentelle du péritoine, alors qu'il ne peut être question d’asepsie. Dans ces circonstances, le péritoine du cheval se montre-t-il résistant, est-il plus susceptible que celui des bovins et autres animaux ? Il semble bien, malgré tout, qu'il faille répondre par l’affirmative, et le professeur Cadéac nous donne de ce phénomène une explication qui paraît au moins vraisemblable. « La susceptibilite inflammatoire du péritoine du cheval, comme sa faculté pyogénique, s'expliquent naturellement aujourd’hui : elles sont liées à la réceptivité des solipèdes pour les germes de la suppuration. La tolérance du péritoine pour les corps aseptiques est donc parfaite. Il n’y a pas de péritonite aiguë sans microbes. On peut en juger en ensemençant compa- rativement le liquide d’une ascite et le liquide d’une péritonite. Les milieux ensemencés avec le premier
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demeurent stériles, ceux qui sont ensemencés avec le second donnent d’abondantes cultures, Ayant entrepris, sur Ce point, quelques recherches en vue de déterminer les germes pathogènes contenus dans le liquide péritonéal, nous avons constaté que la réaction anatomique comme la réaction clinique procèdent plus du mode d'infection du péritoine et de la quantité des germes infectants que de leur spécificité. | 46 =
Telles sont les opinions de nos auteurs modernes, les constatations de la clinique et de la pathologie interne venant compléter les données recueillies par la chirurgie au cours de ses expériences et de ses interventions. En faisant la part de chacun, nous croyons que l’on peut admettre le fait d’une plus grande sensibilité du péritoine chez le cheval par rapport à celui des autres espèces, mais aussi que cette susceptibilité a été nettement exagérée, au point d'empêcher le praticien d'intervenir dans des cas que la routine seule lui fait considérer comme toujours incurables.
IL — L'Éventration chez le Cheval