‹ De l'Éventration chez le ChevalChapitre 10 sur 21 · ES EE · texte numérisé non relu

ES EE

contre, lorsque l'épiploon est en présence de substances très virulentes, il se rétracte loin du lieu d’injection, par une sorte de chimiotaxie négative;

3° Rôle antitoxique qui doit être rapporté à l'intense phagocytose et au drainage des substances nocives vers le foie qui continuera l’action antitoxique. Au même titre, l'épiploon contribue, au cours des infections générales, à la formation des anticorps pour la défense de l'organisme;

4 Rôle plastique, protégeant le péritoine contre des effractions, renforçant des cicatrices, limitant des

infections par production d’adhérences.

I, — La sensibilité du Péritoine chez le Cheval en particulier

Disposant des moyens de défense que nous venons d'étudier, la séreuse péritonéale peut-elle protéger

comme il convient les viscères abdominaux et l’orga-

pisme en général? C'est une question qui a souvent été posée de façon plus ou moins nette, en ce qui concérne le cheval, animal qui dans le passé était presque seul à réclamer les interventions du chirurgien-vétérinaire. À toutes les époques on a répondu à cette demande en disant que le péritoine est plus ou moins sensible — on devrait dire plus ou moins vulnérable.

Voyons donc les opinions variées qui ont été émises à ce sujet.

Avant les découvertes de Pasteur et de ses élèves,

alors que le rôle des microbes n'était même pas soupçonné, on conçoit que les chirurgiens, ignorant tout.

de l’asepsie et de l’antisepsie, étaient exposés à de nombreux déboires quand ils intervenaient sur la

séreuse péritonéale du cheval. Aussi leur crainte. était . grande et en somme légitime. Henri Bouley nous à

274 Ce =

ER Line

fait connaître la pensée de ses contemporains et de ses prédécesseurs. Après avoir parlé des plaies abdominales du chien, de l’ovariotomie chez les femelles bovines, du chaponnage, opérations ou accidents qui lui paraissent sans gravité, il s'exprime ainsi : « Mais pour les animaux des espèces chevaline et asine, il en est tout autrement. Par une disposition de nature qu'il est bien difficile d'expliquer anatomiquement, il existe chez les individus de cette espèce une si grande susceptibilité inflammatoire dans l’appareil péritonéal — nous nous servons de cette expression faute de toute autre qui pourrait mieux rendre compte des faits, — qu'étant donnée la condition d’une péritonite dans un point, une péritonite diffuse s’ensuit presque nécessairement, c'est-à-dire une maladie dont la terminaison est presque inévitablement la mort. » Cette opinion était indiscutée et les chirurgiens notaient seulement avec une certaine surprise les cas de guérison après éventration, et la tolérance du péri-

toine dans un cas très particulier, quand de l’air péné-

trait dans la cavité au cours de la castration à testiicule découvert. Hurtrel d’Arboval notait qu’en utilisant ce procédé, « il n’est pas impossible qu’un peu d’air s’'introduise dans l’abdomen par la gaîne vaginale. Il n’en résulte aucun accident appré- -ciable ». Gourdon a la même façon de voir. « Pendant longtemps, dit-il, on à considéré cette introduction d'air dans l’abdomen comme un accident grave, pou-

vant être suivi de l’inflammation du péritoine. Mais

à en juger par le grand nombre des cas où ce phéno-

Page 1