‹ De l'éviscération spontanée: en dehors de la période opératoire, avec rupture ou gangrène des hernies ou des éventrations de la ligne blancheChapitre 14 sur 25 · II. — DILATATION DE LA CAVITÉ ABDOMINALE · texte numérisé non relu

II. — DILATATION DE LA CAVITÉ ABDOMINALE

a) Grossesse. — Mais si les troubles trophiques de la paroi abdominale jouent un rèle capital dans le genre d'éviscéralion qui nous occupe, de semblables accidents peuvent se rencontrer sans de pareils phénomènes comme nous le montrent les observations.

Ce simple état de faiblesse de la paroi est alors à envisager. À quelle cause le rapporter? $

La grossesse nous en semble la cause la plus ordinaire.

Suivant la remarque de Whnislow, les trois muscles de la région latérale de l'abdomen sont disposés de telle façon que l’aponévrose des uns répond aux parties musculaires des autres, el qu'au Lotal chaque point de cette région est à peu près également pourvu de fibres charnues et de fibres lamineuses.

Ces aponévroses ont la mème structure que celles des autres régions e{ sont par conséquent inextensibles, les faisceaux musculaires, dont les extrémités relient les feuillets aponévrotiques entre eux ou à de solides inserlions osseuses, ne peuvent pas dépasser une certaine et lès étroite limite d'extension, sans que leur contractilité el même leur élasticité soient compromises.

Sous l'expansion de utérus pendant la grossesse, que se produira-t-il donc? |

La ligne blanche constituée, dit Larovenne, par un feutrage connectif, un tissu albuginé peu résistant cédera.

En effet, si nous regardons la paroi antérieure de l'abdomen par sa face périlonéale, nous voyons les muscles grands droits déjetés sur les côtés et décrivant suivant leurs bords internes, un vaste losange dont l'aire est formée par le tissu considérablement dilaté de la Hgne blanche. Les bords internes des droits se trouvent au niveau de l'ombilic, à une distance de 8 à 12 centimètres l'un de l'autre, suivant la distensiqn qu'a subie l’abomen, et la largeur du muscle est la même qu'à l'état normal. D'autre part, si nous mesurons la distance qui sépare les bords internes des droits des apophyses épineuses en contournant l'abdomen, on trouve que cel intervalle ne s’écarte pas sensiblement de la moyenne observée sur les sujets normaux de même stalure.

La ligne blanche sera done le point faible de la paroi abdominale distendue.

Mais le losange dessiné par la ligne blanche dilatée à son angle inférieur silué à 7 centimètres au-dessus du pubis, les muscles droits restent donc contigus sur une hauteur de 7 centimètres au-dessus de la symphyse soutenant l'utérus à Ja manière d’une écharpe.

Que, par suite d’une disposition spéciale, la ligne blanche vienne à se dilater dans ces 7 centimètres inférieurs, l'utérus entraîné par son poids exagérera bientôt cette dilatation, rompra cette faible barrière et basculera en avant, donnant au ventre la forme d’une besace s'appuyant directement sur le tissu cellulaire et

0e la peau; l'éventration sera constiluée, et après la régression utérine, si des soins judicieux ne sont pas donnés, entraîné par la pesanteur, l'intestin pourra s'engager dans celle brèche, l'accident qui nous occupe peut survenir.

b) Les tumeurs abdominales. — Soientkystes de l'ovaire soient fibromes de l'utérus joueront le même rôle, créant l'éventration au même litre que la grossesse. Cependant cet accident sera dans ce cas plus rare, car les tumeurs croissant moins rapidement que l'utérus gravide, la paroi abdominale s'accoutumera mieux à son état de

distension et par conséquent résistera mieux. IV. — OBÉSITÉ.

Chez les obèses, et notamment chez la femme plus sujette que l’homme à cette affection, la graisse envahit l'épaisseur des parois, il se forme des pelotons adipeux le long des vaisseaux, dans les intervalles des fibres musculaires et dans le tissu cellulaire. Que pour une raison où pour une autre, la malade vienne subitement à maigrir, ces pelotons adipeux disparaitront et les pelits interstices laissés libres seront des véritables amorces à l'éventralion. Si celle-ci se produit, la peau distendue par la graisse, de ce fait liraillée en tous sens, sera dans un élat de très faible résistance, n'offrant qu'une faible barrière au contenu abdominal.

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