‹ De l'éviscération spontanée: en dehors de la période opératoire, avec rupture ou gangrène des hernies ou des éventrations de la ligne blancheChapitre 23 sur 25 · TRAITEMENT CURATIF · texte numérisé non relu

TRAITEMENT CURATIF

Quel que soit le milieu où se produise l'accident, certaines précautions préalables s'imposent : il faudra remonter le malade par les excitants diffusibles ordinaires, si le shock a été considérable.

On aura soin en outre de déshabiller rapidement le malade, de le faire étendre sur le dos et de pratiquer aussitôt que possible le nettoyage des anses éviscérées, au moyen de sérum artificiel (7 grammes de chlorure de sodium par litre d’eau bouillie).

Deux cas peuvent se présenter :

1° L'accident vient de se produire, le chirurgien est prévenu immédiatement, 1 à à sa disposition une salle etles instruments nécessaires pour une intervention normale. Après avoir fait la Loilette de son champ opératoire au moyen d’un savonnage soigneux, de lavages d'alcool et d’éther et de l’application d’une couche de teinture d’iode, il doit immédiatement pratiquer une laparotomie qui lui permettra de se rendre compte des rapportsexistant entre les anses intestinales et le sac d’éventration. S'il se rend ainsi compte que les anses sont libres où peu adhérentes, il doit sans hésiter tenter une cure radicale. Mais auparavant il aura eu soin de laver les anses exfériorisées au moyen de sérum artificiel tiède (38°), el s'il a quelques doutes sur lx complète efficacité de celle asepsie, il emplotera de

lPhuile camphrée.

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Pour réintégrer les anses, le chirurgien aura parfois beaucoup de difficulté, parce qu'ilse trouvera en présence d'un anneau très étroit. Il devra dans ce cas inciser cel anneau, en ayant soin de guider son ciseau à l'aide d’une sonde canelée ou du doigt, afin d'isoler el de soulever la partie à inciser.

Les anses une fois réintégrées, Le chirurgien devra suturer la paroi abdominale après avoir excisé et réséqué le sac et les parties sphacélées si elles ne sont pas trop étendues.

Dans la suite, on pourra pour prévenir la dilatation des anses par paralysie inflammatoire appliquer sur l'abdomen une vessie de glace.

Si le malade éprouve de vives souffrances, une piqûre de morphine sera toute indiquée. D'abord, elle calmera la douleur et elle contribuera ensuite à mettre au repos pendant quelques heures les anses intestinales.

Si la paroi abdominale présente une excoriation, une plaie où des plaques de sphacèle, 11 faudra lutter contre l'infection el pour cela déterger d'abord les plaies au moyen de compresses imbibées de vin aromatique, puis employer des poudres telles que le tale, le bismuth, l’'aristol où le charbon, qui déssècheront les tissus, les modifieront et hâteront la cicatrisation. Un pansement sec, aseptique el protecteur, empêchera lPinfection qui pourrait se produire de extérieur.

[faudra enfin surveiller le cœur et les poumons, prévenir l’asystolie par l'administration de digitales et rater à congestion pulmonaire si elle venait à se produire.

dur Be 2° Dans le deuxième cas qui peut se présenter les circonstances qui entourent l'accident sont moins favorables. L'éviscération s'est produite par exemple en pleine campagne, dans un milieu dépourvu de ressources chirurgicales. Le malade s'est peut-être traîné Jusqu'à sa demeure soutenant de ses vêtements les anses extériorisées ; le médecin ne se trouve pas à portée. Bref, l'infection à eu largement le temps de se produire.

Que faut-il faire ? Ici le bat poursuivi sera surtout d'éviter avant fout l'infection, ou lutter contre elle si elle est à son début. Plus lard seulement, lorsque tout danger sera écarté, on songera à inslituer un fraitement curalif. |

Comme nous Favons montré dans notre chapitre du pronostic les anses emprisonnées dans le sac herniaire constitueront une heureuse disposition qui assurera souvent le salut de la malade. En effet l'infection en supposant qu'elle existe, se limitera à la région herpiaire et la grande cavité péritonéale échappera au danger et sera parfaitement protégée.

Il faudra faire l'asepsie de la paroi abdominale, traiter les plaies ou plaques de sphacèle qui peuvent s'y trouver et pour cela l’eau oxygénée étendue ‘et une application de teinture d'iode seront suffisantes. Cette. antisepsie une fois faite on portera toute son attention: sur les anses. On les lavera au moyen de sérum physiologique tiède ; on les baignera littéralement dans de l'huile camphrée stérilisée dont l’action bienfaisante sur le péritoine menacé d'infection est aujourd'hui

reconnue.

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