CONCLUSIONS
Les calculs abandonnés dans l’uretère après néphrec-
tomie ont une évolution variable :
1° Certains d’entre eux sont bien supportés et restent à jamais silencieux. C’est en général le cas des calculs petits, uniques, inclus dans un uretère qui, lors du temps de néphrectomie, était peu infecté et de calibre
normal ou à peine augmenté.
29 D'autres, plus rares, s’éliminent spontanément soit par l’urêtre, soit dans la vessie où ils sont généralement accessibles par lithotritie.
Le mécanisme de l'élimination spontanée est mal connu. Il semble que l’on puisse invoquer la persistance, longtemps après la néphrectomie, de contractions urétérales. |
L’élimination peut se faire au bout d’un temps très variable : six jours, quatre ans, six ans, dix ans après la
néphrectomie dans les observations rapportées par nous.
30 Un grand nombre de calculs entraînent des acci-
dents multiples :
a. Douleurs lombo-iliaques à irradiations descendantes du type continu ou paroxystique.
b. Phénomènes inflammatoires : fièvre, douleurs, abcès répétés de siège lombo-iliaque ou périnéal.
c. Fistules lombaires, purulentes ou uro-purulentes par reflux vésico-urétéral.
d. Troubles vésicaux : pyurie persistante, douleurs vésicales, fréquence des mictions.
Ces différentes complications apparaissent le plus souvent dans les mois qui suivent immédiatement la néphrectomie, mais parfois beaucoup plus tard, plusieurs années après celle-ci : deux ans, cinq ans, dix-neuf ans, pingt-trois ans dans quatre des observations colligées par nous.
Les calculs qui sont à l’origine d’accidents sont essentiellement les calculs gros, multiples, très bas situés et surtout ceux dont l’uretère sus-jacent est infecté, épaissi et dilaté.
Les troubles ne cessent qu'après ablation du calcul,
y compris parfois celle du moignon urétéral.
Contrairement à l'opinion de la plupart des urologues, les accidents d’ordre douloureux, inflammatoires ou vésicaux dus aux calculs abandonnés dans l’uretère sont
assez fréquents pour légitimer l’ablation de ceux-ci dans
tous les cas où l’état de résistance du malade le permettra.
1° Si le calcul est haut situé, près du bassinet, le chirurgien pourra l’atteindre par voie lombaire et l’enlever en même temps que le rein.
29 Si le calcul est bas situé, dans l’uretère pelvien, il faudra en pratiquer l’ablation en l’abordant par l’incision ililaque classique latéro-vésicale.
Dans les cas fréquents où le calibre de l’uretère audessus du calcul est largement augmenté, le chirurgien
devra s’efforcer d’enlever en bloc l’uretère et le rein.
Chez les malades dont l’état ne permettra que la seule néphrectomie, deux solutions s’offriront au chirurgien :
a. Soit l’ablation du calcul, et de l’uretère si besoin est, dans un deuxième temps pratiqué dès que l’état du sujet le permettra.
b. Soit l’abstention opératoire : dans ce cas, il importera de prévenir le malade que le calcul laissé dans l’uretère après ablation du rein pourra être à l’origine d’accidents dont l'apparition, plus ou moins tardive, imposera
presque sûrement l’intervention chirurgicale.
Vu: Vu :
Le Doyen, Le Président de thèse, ROUSSY. MARION.
Vu et permis d'imprimer, Le Recteur de l’Académie de Paris, S. CHARLET Y.
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