INTRODUCTION
L’Indo-Chine française de 1923 est bien le plus magnifique témoignage du génie civilisateur de la France. Les résultats, qui y ont été obtenus, font le plus grand honneur à notre race, ils soutiennent hautement la comparaison avec les progrès que d’autres puissances ont réalisé dans leurs possessions voisines. Tous les étrangers impartiaux, qui ont visité l’Indo-Chine, ont proclamé cette vérité. Mais peut-être n'est-il pas inutile d’insister un peu, pour qu’elle soit aussi universellement admise en France même que partout ailleurs.
On sait, en effet, à quelles polémiques la politique indo-chinoise a donné lieu, et combien elle a compté de détracteurs. N'est-ce pas Onésime Reclus, grand géographe, qui, à la veille de la grande guerre, jeta ce eri : « Lachons l'Asie ! Prenons lAfrique ! »
Mais pourquoi la France renoncerait-elle à son empire asiatique. Si, en effet, notre empire colonial présente un réel intérêt, c’est précisément en raison de son universaliié. Tout, dans cette empire a sa valeur, du plus petit au plus grand territoire. Car, par exemple, si Saint-Pierre et Miquelon ont leurs morues, dont s’approvisionnent notamment les Antilles et la Réunion, si Tahiti a ses phosphates et la Nouvelle-Calédonie, ses mines de nickel, l'Afrique possède ses bois aux essences si variées, Madagascar ses graphites, l’Indo- Chine son riz, son coton et son caoutchouc.
Et cependant, en 1920, alors que couraient sur l’Indo-Chine et sur les Antilles les bruits fâcheux de cession, en vue d’alléger notre dette extérieure, M. Charles Gide, le savant économiste écrivait :