‹ De l'Évolution moderne de la ProstatectomieChapitre 11 sur 18 · SAT DNS · texte numérisé non relu

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de sagesse s’il en est ! Certes, ajoute-t-il, la Millin est une belle opération, mais elle est plus délicate que le Freyer, plus longue, plus importante et indiscutablement un peu plus grave. C’est une opération qui restera, mais le temps en précisera les indications comme pour la résection, chez des prostatiques justiciables des anciennes prostatectomies en un temps.

Le Professeur TRUC considère que la Millin comme une intervention très séduisante, mais complexe, sujette parfois à des hémorragies secondaires nécessitant une cystostomie, et dont il craint les fistules, les risques d’hémorragie et de cellulite et même l’incontinence possible. Il n’a pas assez de recul pour juger la Millin mais pense que la transvésicale gardera ses adeptes et pourra être améliorée, ce qui entraînerait la guérison dans un laps de temps plus court.

FREDET pense que la Millin malgré ses avantages n’est pas une panacée.

STOOBBAERTS admet que la Millin est une opération longue et difhicile.

DARGET convient que la Millin n’est pas à la portée de tous les chirurgiens et convient mal aux infectés, azotémiques et lithiasiques vésicaux.

MOoMBAERTS reconnaît que la Millin est aussi choquante que le Freyer et pense que cette intervention avec les progrès actuels doit donner des suites aussi confortables que la Millin. |

DuvercEY pense qu’il ne faut pas juger la prostatectomie rétro-pubienne comme une opération facile et sans danger, ni complications, à la portée de tous et appplicables à tous les malades.

Enfin, P. MacquETr ‘et 1. WEMEAU nous livre leurs réflexions à propos de l’intervention de Millin dans un article paru dans le Lille-Chirurgical, de mars-avril 1949, sous la rubrique « Quinze mois de chirurgie prostatique par des techniques diverses ».

Il est bien difficile de ne pas suivre ces auteurs quand ils déclarent que la découverte de T. MILLIN a eu pour premier avantage de réveiller la chirurgie prostatique qui s’endormait dans la routine du Freyer : pratique qui s'était cristallisée dans une forme très imparfaite. À l’apparition de la Millin, cette chirurgie léthargique devint effervescente. Mais les réactions furent très diverses, des esprits très sains et très sages tinrent à ses débuts l’audace de MILLIN pour révolutionnaire et sans lendemain, d’autres plus éclectiques adoptèrent la Millin avec circonspection et prudence, ne l’utilisant qu’en présence de bons cas, d’autres enfin connurent pour la méthode un enthousiasme sans bornes et n’hésitèrent point à condamner sans appel le Freyer.

Mais comment ne pas souscrire sans réserve aux principes énoncés par P. MACQUET et L. WEMEAU à savoir :

— Qu’une même technique peut difficilement convenir à tous Jes cas;

— Qu’avant de porter un jugement sur la Millin, ‘il convient de bien avoir la méthode en

. mains et d'en acquérir une large expé-

rience ;

— Que les critiques à l’égard du Freyer sont fondées et que si cette intervention veut survivre, elle doit être améliorée.

OPTES

P. MAcQUETr et L. WEMEAU se refusent à pratiquer systématiquement la Millin chez tous leurs prostatiques, car la politique du « tout et tout de suite » suivant le mot de COUVELAIRE leur paraît dangereuse. Le discernement qu’ils font entre les bons et les mauvais cas est influencé par un gros coefficient personnel où entrent le tempérament de chaque opérateur, l’entraînement, l’expérience et les habitudes. Avec le temps, les auteurs envisagent d'élargir leurs indications dans des mesures compatibles avec une élémentaire prudence, mais ils insistent sur le fait que l’opération de MILLiIN est d’une technique délicate, complexe, qui exige beaucoup de minutie et de légèreté de mains, qu’il s’agit d’une technique qu’il faut apprendre et que l’on ne peut apprendre qu’à force de la répéter. En conséquence, il faut la refuser aux prostatectomistes d'occasion. De telles affirmations mettent en évidence un aspect aigu du problème de la prostatectomie selon MILLIN, que certains chirurgiens généraux en raison de leur inexpérience ont résolu en revenant au Freyer.

Ainsi donc, succédant à la vague d’enthousiasme soulevée par l’apparition d’une méthode de prostatectomie qui apportait au monde urologique mieux qu’une nouveauté opératoire, une révolution de principes comme le soulignait si bien J. CIBERT, se firent jour des restrictions dans les indications et l’application de cette méthode. Si l’adénomectomie rétro-pubienne est toujours considérée par l’immense majorité des opérateurs comme une excellente technique chirurgicale, il n’en est pas moins vrai :

— Qu'elle ne peut être mise entre toutes les mains ;

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— Qu'elle ne peut s'adresser à tous les cas.

À ceci, il est facile de pallier en s'adressant à d’autres techniques, bien au point ou rénovées.

À cela il semble plus difficile de remédier à moins d'envisager des perfectionnements qui n'étaient pas et ne sont peut-être pas dans l’esprit de son « Inventeur », mais qui auraient au moins le mérite de mettre l’opération à la portée de tous.

Ces techniques bien réglées, nous en avons parlé dans des chapitres précédents : il s’agit de la résection endourétrale et de la prostatectomie par voie périnéale. Nous ne nous étendrons pas à nouveau sur leur cas.

Quant aux rénovations elles touchent le domaine de l’opération de Freyer et vont faire l’objet d’une étude spéciale.

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