‹ De l'Évolution moderne de la ProstatectomieChapitre 9 sur 18 · LUS · texte numérisé non relu

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possibilité de se rendre en Angleterre et surtout aux Etats-Unis revinrent littéralement médusés par l’organisation hospitalière de ces pays, les conceptions nouvelles et les progrès techniques qui s’y étaient fait jour en matière de chirurgie. Le retard à combler était énorme et chacun s’y appliqua de son mieux. Ainsi peut-on expliquer cet état particulièrement réceptif des esprits français aux idées nouvelles dans le domaine chirurgical. C’est à cette époque précisément que T. Mizrin publia dans The Lancet son article princeps sur sa nouvelle technique de prostatectomie. Son idée fut reprise avec zèle en France et on ne peut qu'applaudir à cet élan qui nous valut en un temps record une floraison de publieations plus enthousiastes les unes que les autres : nombre de leurs auteurs étaient du reste ceux-là même qui jouaient les serre-freins naguère encore.

Ce n’est que dans le numéro du 4 mai 1945 de la Presse Médicale qu'ABouLkEr signalait au public chirurgical français la publication de T. Micrin. Les détails de l’intervention proposée par le chirurgien anglais furent publiés dans le t. 63 du Journal de Chirurgie. Laissant de côté l’aspect purement technique de la question exposé plus.haut, nous ne voulons souligner ici que le rôle de novateur joué par MILLIN en proposant cette voie d’abord pour la prostatectomie.

Novateur, il le fut surtout en négligeant les conseils de prudence qui dictaient à tout opérateur de fuir avec le plus grand soin la cavité du Retzius. La crainte de l’abord du plexus veineux de Santorini et le spectre du phlegmon urineux avaient suffit jusque là à décourager les plus audacieux.

Le mérite, fort grand à la vérité, de T. MiLLiN fut de montrer que l’abord de la prostate par cette voie rétropubienne était chose aisément réalisable, én dépit de ce lacis veineux pré-prostatique dont l'importance extrêmement variable suivant les individus n’était en aucun cas suffisante pour faire reculer tout opérateur disposant d’un bistouri électrique. Par ailleurs, l’apparition d’anti-biotiques puissants et les précautions d’aseptie habituelles à toute intervention chirurgicale diminuait dans de très fortes proportions les risques de cellulite. Ru

Les avantages anatomiques et physiologiques de cette voie d’abord ont été parfaitement soulignés par KR. Gou- VERNEUR, P. ABOULKER et A. Durour dans leur artiele du Journal d'Urologie : abord de la prostate au-dessous de la vessie, loin du rectum pour en éviter les lésions, loin du sphincter strié dont l’atteinte est signée e par l’incontinence d’urines consécutive.

Courts délais de guérison, absence du tube de drainage hypogastrique, non-tamponnement de la loge, opération en un temps, risques infectieux et hémorragiques très limités, ce faisceau de qualités devait valoir à l’ opération de MI£LLIN un succès sans précédent.

Parmi les travaux français se rapportant à cette intervention, nous devons citer en premier lieu ceux de M. R. CoUvELAIRE qui s’est fait en France l’apôtre de la nouvelle méthode. Il en publie une étude approfondie dans le t. 53 du Journal d'Urologie. | |

Il rapporte une statistique de quarante cas avec un recul de un an. De son étude, l’auteur conclut que cette intervention ne tue pas plus qu’une autre, qu’elle guérit vite et

confortablement et que la guérison fournie est de bonne qualité. A la lumière de ces observations, R. COUVELAIRE remarque que les dogmes de la cellulite doivent être révisés et qu’il convient de ne pas conserver la « mystique du drainage par taille chez les infectés résiduaires, rétentionnistes complets ». De plus, l’auteur constate que les retentissements rénopyéliques sont réversibles aussi bien et mieux par la sonde urétrale que par la sonde hypogastrique. Les progrès de la narcose rendant l’intervention bien moins dangereuse, les indications opératoires sont très élargies et R. COUVELAIRE ne reconnaît maintenant d'indication à la taille que devant une vessie surdistendue par les caillots ou infectée gravement et contuse, ou si, malgré la sonde urétrale, les images défectueuses des reins persistent. Des termes aussi catégoriques mesurent bien le crédit que R. COUVELAIRE accorde à cette intervention aussi hardie que novatrice.

M. J. Ciserr dont la compétence en matière d’Urologie fait autorité publie dans le Journal d'Urologie, t. 54, les résultats de ses trois cents premières prostatectomies rétro-pubiennes. L'opération de MILLIN, dit-il, fit l’effet d’une « bombe dans le monde des Urologues » et personnellement il se lança dans la Millin à partir de 1945 et sur les trois cents cas qu’il rapporte, 262 concernent des adénomes simples, les autres relevant de cancers, barres cervicales, prostatites chroniques ou lithiases prostatiques. Dans ce cas-la il reste fidèle néanmoins à la résection. Depuis 1947 il réserve les adénomes à la Millin sans choix des cas. De 6 % la mortalité est passée dans ses

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mains à 3 % pour les cent derniers cas qu'il a opérés. La plupart des malades sont opérés en un temps, les uns sans sondage, les autres après un drainage de durée variable, entre deux et trente jours.

Mortalité diminuée, opérabilité étendue, suites simplifiées, rapidité des suites opératoires sont très appréciés des malades. Son impression d’ensemble sur cette intervention est très favorable. |

« La Millin, ajoute-t-il, en substance, est plus une révolution de doctrine qu’un progrès de technique. Ces principes appliqués à la Freyer donneraient les mêmes résultats. » Ce sont là des paroles dignes de la plus grande attention.

Le 18 octobre à la Société d’Urologie, J. CIBERT rapportait cinq cas de prostatectomie effectuée chez des infectés avec plein succès. « La Millin sous couvert des anti-biotiques, dit-il, apportera de profondes modifications dans la façon de concevoir la chirurgie prostatique. »

D’autres Urologues répondant aux « Enquêtes » de J. LHEz (ref. J. d’Urologie, t. 54, n°° 5-6) se montrent aussi enthousiasmés par l’opération de Millin.

WEIJTLANDT d'Amsterdam pratique l’opération de MiLLIN parce qu’il s’agit d’une opération simple, que la vessie reste fermée, qu’il n’y a pas de choc opératoire, pas de suintement d’urine ni d’hémorragie et que le séjour à l'hôpital est réduit. Les autres méthodes, ajoute-t-il sont. complètement hors d’usage.

P. VERRIÈRE considère l’opération de MILLIN comme un acte opératoire de peu de gravité qui transforme la prostatectomie, |

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SABADINI pratique des prostatectomies rétro-pubiennes sur des malades avec des azotémies de un gramme, à urines purulentes, avec distension pyélo-rénale, ou déficience fonctionnelle.

LAFFITE et P. SUIRE déelarent la technique de MILLIN satisfaisante en raison de la courte durée d’hospitalisation. de ses nombreuses indications, du confort des malades, de la faible mortalité et du nombre restreint des complications.

LuiGur Pisanr pense que c’est une très bonne méthode, chirurgicale, d'exécution facile, peu traumatisante, amenant une guérison rapide en dix-douze jours.

F. STOBBAERTS, de Bruxelles, est « enthousiasmé » par les Millin qu’il a eu l’occasion d’effectuer et en trouve les avantages dans l’euphorie des malades non tamponnés, peu shockés, qui récupèrent vite leur miction grâce à la conservation du sphincter vésical.

Nora pense que le Freyer est et restera une très bonne opération mais que la Millin révolutionne la technique et les indications de la prostatectomie.

GOUVERNEUR et ABOULKER mettent la Millin en première place car l’adénomectomie se fait sous contrôle de la vue, les suites opératoires sont simples, les soins postopératoires faciles, pas de fistule urinaire ni de fermeture secondaire de la vessie.

DuvercEY fait de la Millin une révolution technique identique à la Freyer cinquante ans plus tôt. La Millin est la synthèse des avantages du Freyer et de la résection. La guérison est parfaite et définitive comme dans le Freyer et rapide comme dans la résection, La Millin entre dans le

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