DOVE
qu'on effectue au niveau de son coude, de sa main, de ses doigts.
Réflexes : exagérés surtout à gauche. |
Face : la malade ne peut siffler, ni soufiler ; pas de reste de paralysie faciale.
Colonne vertébrale: légèrement douloureuse à la pression de la partie inférieure de la région cervicale et à la région lombaire, mais pas de point douloureux spécial, ni de signe de lésion vertébrale. |
Réflexe pharyngé conservé, conjonctival aboli.
Œ'il: les troubles visuels dont se plaint la malade sont liés à une forte myopie de plus de dix dioptries avec léger astigmatisme. Fond d'œil correspondant à cette forte myopie: papille légèrement décolorée, vaisseaux grêles. Le champ visuel n'est pas rétréci, mais pré- .sente un renversement des couleurs tout à fait caractéristique.
Zone hystérogène dans la région ovarienne gauche; la pression détermine une sensation de constriction thoracique, d'’essoufflement, puis ensuite une crise de rires et de pleurs.
Diagnostic : la démarche, les troubles de la sensibilité surajoutés aux phénomènes moteurs, les crises, l'émotivité particulière, l'absence de signe de Babinski et de troubles de la déglutition, font porter le diagnostic d'hémiplégie hystérique double.
OgBservaTION III
Paralysie des membres inférieurs ét du membre supérieur gauche, d'origine hyslérique, chez une syphilitique. Mutisme. Guérison rapide par la suggestion à l'état de veille. Clonus du pied transiloire.
Leg... Hélène, 26 ans, prostituée, entre dans le service du professeur Grasset, le 4 juin 1908, salle Espéronnier, n° 28.
Antécédents héréditaires : sans intérêl.
Antécédents personnels : crises nerveuses. Fièvre {yphoïde à 19 ans. La malade a été soignée, il y a quelques mois, dans le service de M. le professeur Vedel pour syphilis secondaire (injections de biiodure) ; depuis sa sortie on lui a fait en ville 10 injections d'huile grise. Deux enfants âgés de 4 et 3 ans.
RSR E ee A
Histoire de la maladie actuelle: Il y a une huitaine de jours, la malade éprouve quelques fourmillements dans les membres inférieurs, à de la difficulté à marcher. Les (troubles actuels se seraient installés progressivement, sans ictus.
À son entrée le 5 juin: la malade, immobile dans son lit, est presque totalement paralysée, sauf le membre supérieur droit. Elle ne parle pas, mais n'est pas du tout dans te coma ; elle comprend et suit très bien ce qu'on dit autour d'elle ;elle ne répond pas aux questions qu'on lui pose, mais elle ne cherche nullement à parler et ne manifeste aucune impatience. Elle finit d'ailleurs par répondre à une ou deux questions seulement et d'une voix chuchotée.Il y a mutisme et non aphasie.
Motilité : Membres inférieurs complètement paralysés, ils ne peuvent être soulevés au dessus du plan du lit et retombent brusquement quand on les soulève.
Membres supérieurs : le droit a tous ses mouvements conservés ; le gauche, complètement paralysé, retombe quand on le soulève.
Face : pas de déviation de la tête et des yeux ; paralysie faciale gauche nette.
Sensibilité : anesthésie de tous les membres paralysés.
l'éflexes : rotuliens conservés, Nous ne constatons d'aucun côté de flexion ni d'extension du gros orteil par le chatouillement plantaire. Mais M. Rives, interne du service, a trouvé le signe de Babinski(extension du gros orteil) net à droite,le soir même de l'entrée de lamalade.
Etat le 8 juin : Matin, la malade soulève avec un peu d'effort le membre inférieur droit, elle ne peut absolument pas soulever le membre inférieur gauche. Le bras gauche est un peu moins paralysé que les jours precédents ; 41 ne retombe pas tout à fait inerte quand on le soulève. Elle commence à parler, mais {oujours à voix basse et uniquement quand on l'y a fortement incitée.
Le soir, nous notons l'état suivant :
MEMBRES INFÉRIEURS.— Motélité : à droite, au début de l'examen, le membre est tout à fait immobile. En encourageant la malade, elle finit par le soulever au-dessus du plan du lilet à l'y maintenir. Si alors, on soulève le membre inférieur gauche, le droit retombe assez lentement. Elle ne peut faire volontairement aucun mouvement de flexion du pied ni du genou; elle résiste, toutefois, quand on le lui demande, aux mouvements qu'on lui communique.