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A gauche : Après un certain nombre d'exercices, la malade arrive à soulever très bien ce membre, à le maintenir quelque temps. Les mouvements spontanés dans le pied, le genou, la cuisse, sont possibles et la malade résiste parfaitement à tous les mouvements qu'on veut lui faire faire.
Acte de s'asseorr : La malade ne peut s'asseoir toute seule. Dans ses efforts, ou quand on l'aide à s'asseoir, elle soulève les deux membres inférieurs également, quoique leur paralysie soit bien inégale.
Sensibilité : Anesthésie complète au membre inférieur gauche; la transfixion avec une épingle ne détermine aucune douleur. Hypoesthésie à droite.
Réflexes : Rotuliens, légèrement exagéré à droite, normal à gauche ; contralatéral, normal des deux côtés; plantaire, aboli à droite ; à gauche, au bout d'une série d'excitalions, flexion de tous les orteils.
MEMBRES SUPÉRIEURS. — Motilité : à drvite, lout à fait normale ; & gauche, la malade laisse retomber lentement la main qu'on lui met sur la tête. Paralysie de tous les segments articulo-moteurs.
Sensibilité : Hypoesthésie à droite. Anesthésie complète à gauche.
liéflexes : à droite, normaux ; 4 gauche, légèrement exagérés.
face : Au repos, traits déviés du côté droit, plis de la face disparus du côté gauche; dans le langage et le sourire, la paralysie faciale gauche. est tout à fait nette. Le facial supérieur est indemne. La malade ouvre et ferme les deuv yeux, résiste autant d'un côté que de l’autre quand on veut lui ouvrir de force les paupières. Pas d'anesthésie de la face.
Peaucier : Contraction égale des deux côtis.
Sphinters : Incontinence.
Réflexes : Abdominal, normal des deux côtés; pharyngien diminué ; conjonctival diminué.
Parole : La malade répond à voix basse aux questions qu'on lui pose, élève davantage la voix à la fin de l'examen ; pas d'aphasie, ni de dysarthrie.
Le traitement mercuriel est institué.
10 juin : Nous suggérons, le soir, à la malade de soulever le membre supérieur gauche; le lendemain, à la visite, la motilité y est
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presque complètement revenue. Il en est de même le surlendemain pour le membre inférieur droit. L'incontinence a été tout à fait passagère.
415 juin : La malade n'a presque plus de paralysie.
20 juin : Elle commence à se lever.
6 juillet : Marche normale; la malade dit la jambe droite un peu plus lourde, mais elle ne la traine pas. Tous les mouvements des quatre membres sont possibles ; la main droite serre encore un peu moins fort que la gauche. Il n’y a plus de paralysie faciale, d’anesthésie, ni de trouble de la parole. Réflexes : rotulien vif à gauche, nettement exagéré à droite. Nous oblenons facilement à droite une trépidation épileptoïde, nettement rythmée, cessant dès qu'on ne soutient plus le pied. Pas de Babinski.
17 juillet : réflexes rotuliens vifs des deux côtés. Pas de trépidation épileptoïde, pas de Babinski.
Diagnostic : La nature hystérique de ces accidents est très nette : Les paralysies ne correspondent à aucun syndrome délerminé ; au début, paralysie des deux membres inférieurs et du membre supérieur gauche et de la face gauche ; puis paralysie croisée des membres supérieur gauche et inférieur droit. Elles sont mobiles, prédominent {tantôt d'un côté, lantôt de l'autre; ne présentent pas les caractères de la lésion organique, enfin disparaissent presque complètement sous l'influence de la suggestion.
La paralysie faciale n'est pas un argument d'une valeur absolue contre le diagnostic d'hystérie : elle peut s'y rencontrer quelquefois.
Nous ne croyons pas qu'il y ait eu, à proprement parler, incontinence des sphincters. Si la malade se souillait, c'était plutôt une conséquence de son mutisme : dès qu’elle s’est décidée à parler, ces troubles ont disparu.
Le signe de Babinski, constaté une seule fois par M. Rives, et qu'on n'a plus retrouvé depuis, ce signe de Babinski passager peut, exceptionnellement il est vrai, mais dans quelques cas nets, se rencontrer dans la névrose.
Les troubles de notre malade ne pourraient donc s'expliquer par une lésion syphilitique des centres nerveux ni une association névroso-organique.
A noter le clonus du pied transitoire constaté au cours de ces paralysies.
OBseRvATION IV
Paraplégie hystérique avec contracture. Exagéralion des réflexes. Trépidation épileptoïde (1) «
Tr... Berthe, ex institutrice, 26 ans, entrée à l'hôpital Suburbain, service du professeur Grasset, salle Espéronnier, n° 28, le 18 mars
Antécédents personnels : Premières règles à 13 ans, règles irrégulières depuis le début de la maladie. Fluxion de poitrine à 45 ans (8 jours de lit).
Antécédents héréditaires : Père et mère bien portants : trois sœurs, dont l'aînée est atteinte d’entéro-colite, de rein mobile, de rétrodéviation utérine.
Début de la maladie : il y a 4 ans 1/2, à l'occasion de vives névralgies dentaires, la malade vient se faire soigner à Montpellier ; elle éprouve un soir une violente douleur dans le membre inférieur gauche. Le membre se met à trembler ; la malade est dans l'impossibilité d'arrêter ce tremblement ; elle se couche; le lendemain, elle présente une crise nerveuse intense dont elle ne garde aucun souvenir.
Les crises nerveuses se renouvellent très fréquentes pendant quatre mois de séjour au lit ; elles débutent par une crampe du membre inférieur, s’accompagnent de perte de connaissance et durent d'un quart d'heure à demi-heure.
Il n'y à ni cri, ni incontinence, ni morsure de la langue. Dans l'intervalle des crises, la malade est (très nerveuse, très émotive et souffre de la région stomacale.
Elle se réveille un malin avec une contracture de la main gauche, de la paralysie du bras gauche, permettant toutefois les mouvements de l'épaule ; cette contracture de la main disparait au bout de deux
(1) Nous avons pu suivre longtemps cette malade pendant notre internat dans le service du professeur Grasset. L'observation a été rédigée en grande partie d’après les notes recueillies par M. Rimbaud, chef de clinique.
are mois. Quatre mois après le début, une amélioration notable s'accuse, les crises ont cessé, la malade commence à se lever ; elle marche, la jambe gauche raide, le pied en extension forcée, sur la pointe du gros orteil Aucun phénomène ne survient pendant huit mois, la malade continue à marcher sur la pointe du pied gauche; elle est vue par M. le‘professeur Rauzier, qui prescrit des séances de tabouret électrique et de grands bains.
La malade présente une série de crises, de vomissements abondants, avec état général inquiétant et entre à la villa Fournier, hôpital Suburbain, dans le service du professeur Grasset, où elle reste quelques jours ; elle est très anémiée, très pâle. Pendant son séjour, à la suite d’un violent orage et d'une crise nerveuse, s'installe de la parésie du membre inférieur droit qui persiste. Un mois après sa sortie, l'état gastrique s'est amélioré ; la malade commence à se lever; les deux jambes sont contracturées, mais la droite à un degré beaucoup plus faible que la gauche.
Douleurs et contractures se sont accentuées depuis un an, quand la malade entre dans le service de M. leprofesseur Grasset.
Etat actuel: le 20 Mars 1907 la malade est immobilisée au lit dans l'impossibilité absolue de marcher, de faire aucur mouvement des membres inférieurs ; elle y accuse des douleurs continues, avec paroxysme, plus violentes au niveau des pieds etque n'augmentent pas les tentatives de mobilisation. Elle se plaint de douleurs abdominales et épigastriques ; n'a pas d’appétit, ne vomit pas après ingestion de petite quantité de liquide. Elle est constipée et rend fréquémment des peaux et des glaires. Les urines sont rares, mais il n'y à ni incontinence, nirélention, simplement quelques besoins fréquents.
Une douleur intercostale gauche assez vive à la base du thorax et au niveau du troisième et quatrième espace intercostaux s'exagère par une expiralion forte ; la malade éprouve encore quelques douleurs dans la région lumbairé gauche, un peu de céphalée, de l'insomnie.
Elle ne tousse ni ne crache.
EXAMEN : MEMBRE SUPÉRIEUR GAUCHE : La malade y éprouve un peu de faiblesse, mais l'ensemble des mouvements est possible ;
elle ressent un peu de gêne au niveau du petit doigt, contracturé,