ONE
Cœur : tachycardie, 124 ; souffle méso-systolique en plein ventricule (extra-cardiaque).
Poumons : submatité du sommet gauche ; respiration rude.
Ponction lombaire: liquide limpide, sans éléments anormaux. Cette ponction est suivie d'une crise de céphalée et de vomissements.
Pendant son séjour à l'hôpital les vomissements reviennent par crises, sont calmés quelquefois par les pulvérisations d’éther. Une violente crise de contracture survient dans le membre inférieur gauche, en mai, extrément douloureuse et nécessite une injection de morphine. Un peu plus tard, crise de douleur violente en demiceinture gauche avec irriadiation dans tout le bras.
Fièvre typhoïde en août et septembre après laquelle survient une amélioration notable de tous les symptômes et particulièrement de la contracture des membres inférieurs. Là #rpéidation épileptoide a complètement disparu des deux côtés.
Etat (le 14 juillet 1908) : Nous avons revu la malade qui est sortie de l'hôpital depuis six mois et avons constaté l'état suivant : La malade continue à se plaindre de douleurs généralisées, surtout abdominales, liées à son entéro-colite muco-membraneuse. Vomissements fréquents que ne calment ni les pulvérisations d'éther, ni la dyspeptine, ni les divers régimes institués (lait, lacto-végétarien). Irritabilité extrème.
Examen : Etat général sans grande modification. Malade pâle, avec réaction vaso-motrice des plus intenses. Souffle anémique mésosystolique en plein ventricule. Légère submatité, sans autre signe, au sommet gauche en avant.
Colonne vertébrale : Points douloureux persistants au niveau des 3,4et 5% vertèbres dorsales, ainsi qu'au niveau des 10° et 11°, sans saillie, ni déformation autre que la scoliose. Pas de Kernig.
MEMBRE INFÉRIEUR DROIT : La contracture a diminué; on peut fléchir complètement sans douleur aucune le genou, ainsi que mobiliser l’avant-pied sur l'arrière-pied; dans l'arliculalion tibio-tarsienne les mouvements sont un peu plus limités. Les orteils ne sont plus hyperfléchis. Æé/lexe rotulien exagéré. On ne peut provoquer aucune trépidation épileptoïde du pied.
MEMBRE INFÉRIEUR GAUCHE : La contracture y est plus intense qu'à droite, mais elle a aussi légèrement rétrocédé. Légère flexion du
42 CUS genou possible. Quelques secousses de trépidation épileptoide quand
on essaie de fléchir le pied ; le membre est plus amaigri que le droit.
MEMBRE SUPÉRIEUR : La motilité du membre supérieur est à peu près normale. il n'y a plus de contracture du petit doigt. Les éminences thénar el hypothénar ne présentent pas d’atrophie spéciale, ni d’un côté ni de l’autre. Réflexes du biceps et de l'avant-bras exagérés, surtout à gauche.
Diagnostic : La névrose étant indiscustable chez celte malade, le diagnostic doit être discuté entre la névrose pure ou l'association névroso-organique.
La lésion de la colonne vertébrale est rien moins que douteuse. Il existe bien une douleur au niveau des apophyses épineuses des 4°, 5° et 6° vertèbres dorsales, mais il n'y a aucune saillie, aucune déformation autre qu'une légère scoliose. La radiographie ne nous indique pas d'altération osseuse appréciable. Aucun abcès froid ne s’est formé. Cette douleur persiste actuellement, bien que la malade soit complètement immobilisée au lit depuis plus de deux ans.
Les caractères de ces contractures qui, au lieu de s'accentuer avec le temps, ont actuellement diminué aux membres inférieurs (disparition de la trépidation épileptoïde.diminulion de l'exagération des réflexes rotuliens), disparue complètement dans le membre supérieur gauche, permettent d'éliminer le diagnostic de méningomyélite. Le résultat de la ponction lombaire (liquide clair, sans élément anormaux) corrobore cetle opinion. Le début des accidents, les autres manifestations névrosiques, le caractère de la malade, tout concourt au diagnostic de névrose pure, que ne peut pas infirmer la longue durée de la maladie.
A noter le clonus du pied, qui,très net autrefois avectous les caractères du clonus organique, a actuellement disparu du pied droit. Il existe cependant, au niveau de ce cou de pied,un certain degré d'arthrite, condition qui pourrait à elle seule donner le clonus, au dire de Babinski.
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