‹ De L'Exagération Des Réflexes Tendineux Dans L'HystérieChapitre 23 sur 50 · TES · texte numérisé non relu

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Réflexes : rotuliens très exagérés, plus exagéré à gauche; danse de la rotule el trépidation épileptoide bilatérales. Pas de Babinski : l'excitation de la peau de la plante des pieds n’amèêne ni flexion, ni extension des orteils.

Léger tremblement vibratoire des mains.

Traitement : Bains. Douche. Tabouret électrique.

On suggère à la malade la diminution de son réflexe rotulien droit (qui est d'ailleurs le moins exagéré, quoiqu'il corresponde au membre le plus parésié). Il semble que pendant quelques jours le réflexe rotulien droit se rapproche de la normale.

La malade sort fin janvier très améliorée : la marche est possible sur une plus longue distance; elle peut soulever spontanément dans son lit les membres inférieurs, séparément et ensemble. Les réflexes rotuliens sont exagérés des deux côtés; quand on percute le tendon rotulien plusieurs fois, on obtient une trépidation de tout le membre. Pas de clonus de la rotule, ni du pied.

Le docteur RABAT, médecin traitant, a eu l'amabilité de revoir pour nous la malade et nous communique l'état suivant à la date du 20 juillet 1908 :

« Au point de vue des phénomènes paraplégiques, il y a une amélioration sensible. Alors que la malade ne pouvait pas se tenir dans la station debout, sans voir fléchir ses jambes, elle peut maintenant vaquer à ses occupations, mais dans l'intérieur de la maison seulement, où le parquet est parfaitement uni. C'est une condition essentielle, car si le pied repère mal sur le sol, elle dit ne plus sentir son genou et son membre se dérobe, entrainant la chute. C'est le motif pour lequel elle n'est pas encore sortie dans la rue. Elle éprouve aussi une certaine faiblesse dans les membres supérieurs et particuliérement au gauche. Elle ne peut pas porter de poids, et bien souvent les objets lui tomberaient, si elle n'y prêlait attention. Les douleurs abdominales sont les mêmes; il lui est impossible de s'habiller et de se serrer la taille. Quant à l'état des réflexes tendineux,je n'ai pas constaté d'exagération bien nette du réflexe rotulien. Je le considère comme normal. La frépidation épileptoïde existe encore, plutôt à droite, mais peu étendue. Pas de danse de la rotule. ».

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OBsERvATION VI

Paraplégie hystérique guérie par la suggestion hypnotique. Exagération des réflexes, Légère trépidation épileptoide.

V... Charlotte, 21 ans, domestique, entre dans le service du professeur Grasset, salle Espéronnier, n° 24, le 7 janvier 1908.

Antécédents héréditaires : Mère très nerveuse, morte à 30 ans d'affection pulmonaire; père en bonne santé. Grand'mère maternelle nerveuse (crises fréquentes), cinq frères et sœurs morts (rougeole, scarlatine) ; un frère violent, emporté.

Antécédents personnels : Rougeole à 16 ans, assez grave, avec phénomènes nerveux, {rès intenses. Premières règles à 20 ans; mal réglée. Depuis l’âge de 12 ans, alors qu'elle était en pension dans un couvent, elle présente des crises d'hystérie : chute, perte de connaissance, agitation, crises et pleurs. La malade sentait venir quelques-unes de ces crises etles faisait avorter en respirant quelques bouffées d'éther. Ces crises ont persisté et surviennent pendant ses règles. De caractère violent, emporté, la malade se dispute souvent avec sa famille. A la suite d'une de ces discussions, pour une cause futile, elle quitte ses parents et va se placer comme domestique.

Histoire de la maladie : Depuis 2 ans environ, la malade accuse un léger degré de parésie du membre inférieur, qui s’est surtout accentuée depuis un mois, ets’accompagne actuellement de quelques phénomènes douloureux. Il y a { an et demi, elle aurait présenté une éruption purpurique indolore, (placards rouge vineux, atteignant parfois les dimensions d'une pièce de 5 francs), siégeant exclusivement aux mollets, plus intense au mollet gauche, récidivant {ous les mois et durant quelques jours. Ce purpura n'aurait plus reparu depuis les premières règles.

Etat actuel : Jeune fille de taille moyenne, robuste, cherchant à se rendre intéressante. Elle manifeste pendant l'examen une grande impatience ; indocile, elle exécute souvent mal les ordres qu'on lui donne, ou répond indifféremment, sans réfléchir, aux questions qu'on lui pose.

Membres inférieurs: motilité, la malade déclare tout mouvement

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impossible, elle détache à peine ses membres du plan du lit: toutefois, quand on l’encourage et la persuade, elle arrive à les soulever simultanément à 15 à 20 cent., la droite un peu plus haut que la gauche. Les mouvements spontanés du cou de pied sont conservés,ceux du genou abolis : cependant la résistance active est assez grande, quand on veut faire exécuter un mouvement de flexion. Pas de contracture. Dans l'acte de s'asseoir : la malade les bras croisés ne soulève pas les membres inférieurs. Warche :la malade ne peut marcher toute seule; soutenue, elle marche à pelits pas et traine la jambe droite, alors que, quand on l'interroge, elle déclare la jambe gauche la plus faible.

Sensibilité : la malade accuse des douleurs spontanées vives, faitau début des difficultés pour se laisser examiner, déclarant tout examen et toute pression très douloureux. Sensibilité explorée au membre droit tout à fait normale ; anesthésie complète à la piqûre, au chaud, au froid, pour tout le membre inférieur gauche. Sensibilité au tact tout à fait variable au membre droit.

Réflexes : rotulien et achilléen très exagérés des deux côtés ; trépidation épileptoïde légère à droite, inconstante. Réflexe plantaire impossible à chercher (réflexe de défense et rétraction du membre en totalité).

Membres supérieurs : légère parésie du membre gauche (8 au lieu de 142 au dynamomètre) ; résistance assez marquée aux mouvements passifs. Anesthésie du membre supérieur gauche.

Hémianesthésie gauche n'intéressant pas la face. Anesthésie conjonctivale, pas d'anesthésie pharyngée. Zone hystérogène suggestive dans la région ovarienne gauche, et zone hystéro-frénatrice au niveau de l'ovaire droit.

Uneséance de suggestion hypnotique süffitpour fairerétrocédertous ces troubles. La malade, trèscapricieuse,quitteleservicelelendemain.

OBservaTION VII

Paraplégie spastique ; démarche astasique-abasique par imilation ; guérison en quelques jours par la suggestion à l’état de veille.

L... Marie, infirmière à l'hôpital Suburbain, âgée de 17 ans 17/2, entre salle Bichat le 25 octobre 1907, dans le service de notre maitre M. le professeur Garrieu.

Antécédents héréditaires : père atteint de rhumatisme avec péricardite sèche ; mère en bonne santé.

Antécédents personnels : réglée à 14 ans, règles régulières. La malade aurait présenté au mois de janvier 1907 quelques douleurs au genou et au cou de pied, sans gonflement, qui l'ont obligé à interrompre son travail quelques jours. En février 1907, mastoïdite pour laquelle elle a été opérée dans le service du professeur Tédenat. Palpitation et dyspnée survenant par crises assez fréquentes.

Histoire de la maladie actuelle : dans la nuit du 20 au 21 octobre, 5 jours avant son entrée à la salle Bichat, elle nous fait appeler pour une crise de dyspnée des plus intenses. Les mouvements respiratoires sont des plus rapides et des plus fréquents, mais il y a plutôt tachypnée que dyspnée ; le pouls est bon, pas très rapide ; léger point de côté droit peu en rapport avec la dyspnée ; pas de fièvre. On nous raconte que la malade se plaint depuis quelques jours de la base gauche de son thorax et qu'on luiaurait trouvé quelques frottements pleuraux très discrets. L’auscultation ne permet d'entendre aucun bruit particulier, La malade se plaint de céphalée intense, siégeant à la nuque,avec légère raideur. Nous prescrivons une injection de 1/2 centigramme de morphine, qui calme, maisincomplètement, la dyspnée. Celle-ci cesse le matin.

Le 21 octobre, céphalée persistante; photophobie ; pas de Kernig; crise de dyspnée, mais moins intense, la nuit suivante.

Le 23 octobre, la malade essaie dereprendre son travail. Elle rentre à la salle Bichat le 25 octobre.

Etat à l'entrée : La malade se plaint de fatigue générale, de faiblesse danslesmembres inférieurs etde quelques douleurs au niveau des genoux et des articulations coxofémorales, quand elle marcheou se tient debout. La marche n'a rien de particulier. Ses genoux ne présentent pas de tuméfaction : ils sont douloureux à la pression.

La malade tousse un peu, quand elle s’assied sur sonlit;:elle ne crache pas, n'a plus eu de crise de dypsnée. Quelques légers frottements pleuraux à la base droite.

Traitement : teinture d'iode à la base droite ; injections de cacodylate de soude; enveloppement des genoux au salicylate de méthyle.

29 octobre : La malade reste au lit deux jours; le premier jour, où elle se lève, on ne remarque aucun trouble bien particulier, à peine

un peu de parésie des membres inférieurs. Les jours suivants, la marche devient à peu près impossible : elle ne peut guère se tenir sur ses jambes, ne peut faire quelques pas sans tituber, sans tomber. Tout à fait atypique, cette marche est à la fois sautillante (spastique) et titubante. Elle imite assez bien le type de la marche d'une autre petite malade spastique du service.

Membres inférieurs : Motilité : Examinés au lit, les membres inférieurs présentent un degré de paralysie assez marqué. Difficulté à soulever chacnn de ces membres au-dessus du plan du lit, impossibilité de les soulever en même temps. Les membres inférieurs sont flasques ; les articulations du genou sont plus douloureuses à la pression.

Sensibilité : Pas d'anesthésie spontanée; nous parvenons assez facilement à suggérer un certain degré d’hypoesthésie du côté gauche.

Trophicité : Pas d'atrophie, pas de troubles vasomoteurs.

Réflexes tendineux des plus exagérés : La percussion du tendon rotulien détermine une trépidation épileptoïde de tout le corps; Le clonus du pied est des plus intenses. La recherche du signe de Babinski détermine une rétraction violente de tout le pied et de tout le membre : il est impossible de rechercher ce signe.

Pas de Laségue, pas de Kernig. Membres supérieurs normaux. Réactions pupillaires normales.

Zone hystérogène (déterminant la sensation de boule et des mouvements de déglulition) suggérée au niveau de la région ovarienne droite. Hyperesthésie générale : une pression un peu forte détermine un état de trépidation assez marqué de tout le corps. Réactions vasomotrices rapides et intenses.

1e novembre : Par la suggestion, en persuadant à la malade de marcher, en lui apprenant à marcher, on arrive à luilfaire faire quelques pas, à lui faire parcourir de plus longues distances. Au bout de cinq à six jours, la paralysie a complètement disparu, de même que la spasticité ; elle marche comme toutle monde et reprend le 5 novembre son service.

Diagnostic.— Voilà done une jeune fille qui,entrée pour de légères douleurs articulaires des membres inférieurs, réalise une paraplégie presque complète avec phénomènes spastiques (trépidation épileptoïde, exagération des réflexes énorme), et troubles de la marche.

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Cette jeune fille a été opérée de mastoïdite il y a quelques mois ; elle a présenté, il y aquelques jours, une dyspnée exagérée, un peu de céphalée, de photophobie ; on peut penser à des phénomènes méningés. Mais les caractères des troubles paralytiques, leur apparition rapide coïncidant avec la présence dans la salle d'une malade réalisant une démarche spastique, le nervosisme {rès marqué, l’absence du signe de Kernig, font porter le diagnostic de névrose. La persuasion, la suggestion à l'état de veille ont raison de tous ces phénomènes au bout de 5 à 6 jours.

17 Juillet 1908 : Nous avons revu cette A qui n’a présenté depuis lors aucun trouble parétique. Les réflexes rotuliens sont normaux, les réflexes des orteils se font en flexion ; il n'y a pas de trépidation épileptoïde,

OgsEenvarTion VIII

Tremblement, mouvements choréiques et athétosiques dans le membre supérieur droit, de nature hystérique. Exagération des réflexes ; clonus du pied apparaissant sous l'influence de la suggestion.

Bousq... Joséphine, 28 ans, domestique, entre dans le service de M. le professeur Grasset, salle Espéronnier, n° 17,le 20 mars 1908, pour légères douleurs, mouvements incoordonnés dans les membres et particulièrement la main gauche.

Histoire de la maladie: La malade a ressenti, il y a environ un mois et demi,un peu de parésie de ses membres inférieurs avec sensation de fourmillements, quelques élancements douloureux dans les pieds survenant par intervalles ; elle a été obligée de se reposer quelques jours. Depuis 15 jours, cette parésie et ces douleurs ont disparu ; alors sont survenus des battements abdominaux et épigastriques intenses avec sensation de constriction thoracique et de boule remontant au pharynx, de la céphalée, des vertiges, un léger trouble de la vue, des défaillances légères,sans perte de connaissance complète ni chute. La nuit, la malade est tourmentée par des crises de contracture envahissant les jambes, particulièrement la jambe

gauc he, et durant quelques minutes ; ces crises de contracture seraient remplacées, à certains moments, par un léger tremblement du membre inférieur gauche. Depuis 45 jours s’est installé un tic de

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la face consistant en un relèvement spasmodique de la commissure labiale gauche, avec légère inclinaison latérale gauche de la tête.

La malade à dû interrompre son travail dépuis huit jours.

Trois ou quatre jours avant son entrée, elle s'est aperçue de quelques mouvements involontaires dans son bras gauche, elle tombait les objets qu'elletenail dans sa main.La nuit.dernière, elle a présenté une agitation intense, une sensation d'angoisse et de défaillance particulièrement pénible. |

Elle montre, en racontant son histoire, un nervosisme et une impatience intenses, s’arrélant à plusieurs reprises, comme épuisée par l'interrogatoire ; puis reprenant son récit sans aucune peine, elle fait grand étalage de tous ses maux.

Antécédents personnels : rougeole à 4 ans ; pas d'autres maladies infectieuses ; pas de convulsions dans l'enfance ; son enfance se passe, jusqu'à 12 ans, en pension dans un couvent. À partir de ce moment jusqu'à 18 ans, ses parents lui confient la garde du bétail. Vers 13 à 14 ans elle voit, la nuit, en rêve, les animaux qu'elle a l'habitude de garder, leur parle à haute voix, les appelle, se lève de son lit, descend à la cuisine, à l'étable, ne se réveille que lorsque sa mère vient la chercher; elle ne garde le souvenir de rien de ce qu'elle a dit ou fait. Ces crises desomnambulisme persistent deux à trois mois. Sa mère a alors couché avec elle et ces crises ont disparu.

À 16 ans, hallucination de la vue, la nuit, après la mort de son cousin. |

La malade, toujours très nerveuse, quitte brusquement, à 21 ans, sa famille, après une violente discussion, à l'occasion d'un mariage qu'on voulait lui imposer. Elle vient se placer comme bonne à Montpellier. Comme incident pendant son séjour, elle ne nous signale qu'une brûlure au bras droit; à l'occasion de cette brûlure, elle ébauche devant le docteur qui la panse une crise nerveuse s'accompagnant de tremblement très intense. Ce même jour la malade aurait eu, presque immédiatement après la brûlure, une épistaxis et une ménorrhagie abondante.

Pas de crises hystériques franches, pas de perle de connaissance, pas de chute, mais fréquemment sensation de boule, petites défaillances. Emotivilé considérable. À la moindre observation de ses patrons, crise de pleurs, tremblement généralisé cessant rapidement;

agitation et rêves la nuit, sans somnambulisme. Il y à un an, la malade a présenté des fourmillements dans la plante des pieds et quelques crampes dans les mollets pendant environ trois mois. Réglée à 14 ans ; règles au début fort irrégulières, actuellement.

assez régulières, très douloureuses. Pertes blanches. La malade nous à caché que ses règles étaient interrompues depuis deux mois, alors qu'elle est, parait-il, très anxieuse, hantée par la crainte d'une grossesse.

Antécédents héréditaires: père alcoolique, de caractère vif et emporté ; mère opérée il y a deux ans de cancer du sein. Une cousine aurait été atteinte, à l'âge de 19 ans, demouvements choréiques qui reviendraient ensuite tous les ans à la même époque (?) et qui ont fortement intéressé et impressionné la malade.

À son entrée, le 20 mars, on constate dans le membre supérieur gauche queiques mouvements assez lents qui déplacent le membre et qui ressemblent les uns à des mouvements choréiques, quelquesuns à de l’athétose. Hypoesthésie gauche.

Réflexes : à gauche : Exagération très nelte du réflexe rotulien, léger clonus du pied, pas de danse de la rotule. À droite, réflexe rotulien normal, pas de clonus. M. Rimbaud, chef de clinique, insiste beaucoup, devant la malade, sur le clonus du pied gauche ; il attire son attention sur lui, le lui montre comme un excellent signe d'amélioration. Il déclare à plusieurs reprises que la guérison serait bientôt complète si le clonus apparaissait au pied droit.

Le soir, à la contre-visite, M. Rives, interne du service,constate : à gauche, un elonus du pied beaucoup plus intense que le matin et la danse de la rotule; à droite, le réflexe rotulien est exagéré et la flexion du pied détermine quelques secousses épileptoïdes.

Le lendemain matin, 21, le clonus du pied droit est plus accentué que la veille, à peu près égal à celui du pied gauche.

Etat le 22 mars : membres supérieurs: Motilité: quelques mouvements involontaires dans le membre supérieur gauche, limités au poignet et à la main (ouverture et fermeture de la main, flexion et extension d'un ou de plusieurs doigts ; flexion et adduction du poignet) peu fréquents, peu rapides. Ce symptôme est toutefois amélioré depuis le séjour de la malade à l'hôpital: elle peut fort bien maintenir un certain temps son membre étendu et immobile, ce qu'elle

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ne pouvait faire à son entrée, et ces mouvements ne lui font plus lâcher comme auparavant les objets qu'elle tient à la main.

Les mouvements volontaires sont normaux; la force est identique dans les deux mains : la malade oppose la ‘même résistance aux mouvements pour tous les segments du membre.

Sensibilité : Hypoesthésie non suggérée au membre supériear droit (nous avions voulu, au contraire, suggérer une hyperesthésie). Hyperesthésie au membre supérieur gauche, surtout à la face de flexion ; toute piqûre même légère exagère en fréquence et en étendue les mouvements incoordonnés du membre et détermine une sensation particulière de fourmillements dans la main. Au milieu de cette hyperesthésie de tout le bras, nous {rouvons sur la face dorsale de l’avant-bras une zone d'hypoesthésie ovalaire mesurant 6 à 8 centimètres de longueur sur 3 de large.

Réflexes Au poignet et de l’avant-bras légèrement exagérés des deux côtés.

Membres inférieurs : Motililé absolument intacte. Sensibilité : hypoesthésie droite. Hyperesthésie gauche. Réflexes tendineux : roluliens exagérés surtout à gauche ; nous n'obtenons, d'aucun côté, le clonus de la rotule ni le clonus du pied qu'on obtenait hier très facilement. On continue à suggérer à la malade le clonus du pied gauche. Pas de Babinski.

face : Tic de la face soulevant la commissure labiale gauche.

OE'il : La malade présenta, par crises de une à deux minutes, une perte presque complète de la vue, avec vertige, douleur oculaire et agitation extrême. Dans l'intervalle, la vue est excellente; pas de paralysie oculaire, pas d'anesthésie conjonctivale. Champ visuel à peu près normal.

Pas d'anesthésie pharyngée. Zone hystérogène épigastrique.

Fonctionnement à peu près normal de (ous les appareils : constipation assez opiniatre.

Psychisme.— La malade, assez intelligente, répond fort bien aux questions qu'on lui pose; se montre contente d'être examinée, el s'étend longuement sur tous les phénomènes nerveux qu'elle a présentés, sourit fréquemment. Mais une ou deux fois, au cours de cel examen, elle s'impatiente, s'interrompt; les mouvements de son bras deviennent plus désordonnés, plus intenses, la malade s'agite dans son lit assez violemment, présente la sensation de boule, puis,

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au bout de deux ou trois minutes, une fois la crise passée, elle continue à répondre normalement.

Le 23 mars au matin, pas de clonus; le soir, un léger clonus est perçu au pied gauche, tandis qu'à droite on n'en trouve même pas d'ébauche.

Les réflexes rotuliens sont très vifs des deux côtés et la danse de la rotule est bilatérale. Pas de Babinski.

La malade, traitée par les bains fièdes et l’isolement, est très améliorée : battements épigastriques, crises et agitation ont diminué; les mouvements du membre supérieur droit et l'hyperesthésie ont disparu.

Indocile, la malade sort le 14% avril : les réflexes rotuliens sont exagérés à gauche, mais iln'y a ni frépidation épileptoide du pied ni clonus de la rotule.

OBsERvATION IX

Tremblement hystérique. — Trépidation épileploide du pied droit.

Grim... Zélie, 25 ans, domest., entre à la Maternité en avril 1908 dans le service du professeur Vallois, après un séjour de 4 mois à l'hôpital suburbain, dans le service du professeur Grasset.

Antécédents héréditaires : père, mère, frères ou sœurs en bonne santé.

Antécédents personnels : Réglée à 17 ans; règles irrégulières: grossesse depuis le mois d'août. Elle a uriné au lit jusqu'à l’âge de 8 à 9 ans. Elle était très nerveuse dans son enfance, très émotionnable, entrait, pour la moindre contrariété, dans une colère des plus inlensests

À 19 ans, à la suite d'une discussion violente, survient une crise d'hystérie (perte de connaissance, chute, agitation intense, pas d'urine, pas de morsure de langue, pas de cri) d'une durée d’un quart d'heure environ. Depuis, la malade n’a plus eu de crise, mais elle présente un tremblement qui, au début, ne survient que lorsqu'elle éprouve une émotion, un mouvement de colère ou simplement une sensation désagréable (bruit de fermeture d’une porte) et ne dure que quelques instants.

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Histoire de la maladie : A l'âge de 19 ans 1/2, affection fébrile de longue durée (1 mois 1/2), probablement fièvre typhoïde, pendant laquelle le tremblement dure toute la journée et s'accentue considérablement, envahissant même la tête et déterminant des vibrations dans tout le lit. Pendant la convalescence, elle commence à présenter une légère difficulté à marcher, qui s'est accentuée. Le tremblement persiste depuis cetle époque, sauf la nuit.

Pendant son séjour dans le service du professeur Grasset, où on a porté le diagnostic de « tremblement névrosique », la malade a été soumise au traitement hydrothérapique et à l'électricité statique sans grande amélioration.

La malade rit et pleure facilement.

Etat actuel, 15 avril 1908 :

Tremblement à oscillations petites, mais rapides, occupant surtout les membres inférieurs, un peu moins les membres supérieurs, ne se communiquant pas à la tête. Il cesse la nuit, n'existe pas le matin au réveil, ne s'installe que quelques heures après, quand la malade s'est fatiguée. Il augmente avec les émotions, les contrariétés ; il est peaucoup plus intense, quand la malade se sent examinée, le tremblement se communique alors à tout le lit. Il disparaît presque complètement certains jours, n'est pas iufluencé par les règles, ni * par la grossesse, ni par la position de la malade: debout, couchée, assise. Il empêche tout travail un peu délicat. Il n’augmente pas par l'acte.

L'écriture est tremblée; la parole normale.

MEMBRES INFÉRIEURS. — Raccourcissement du membre inférieur gauche, qui présente un léger degré de varus équin dû à une contracture des jumeaux.

Motilité: la malade ne présente, dans le lit, aucune difficulté pour soulever les membres séparément et simultanément ; la motilité est absolument normale dans tous les segments articulo-moteurs, même dans l'articulation tibiotarsienne gauche. Démarche: lamalade dit éprouver une faiblesse des membres inférieurs et être obligée de s'asseoir, de se reposer dès qu'elle a un peu marché. Elle marche en boitant légèrement et en trainant la jambe gauche. Elle ne boite que quand elle marche lentement; elle peut fort bien courir et aucun trouble n'apparait. Au contraire, la démarche à pelits pas est beaucoup plus difficile.

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