‹ De L'Exagération Des Réflexes Tendineux Dans L'HystérieChapitre 5 sur 50 · DONNÉES GÉNÉRALES. — PLAN · texte numérisé non relu

DONNÉES GÉNÉRALES. — PLAN

Avant d'entrer dans le cœur de notre travail, il serait nécessaire d’en donner une délimitation préeise, d'établir à la base quelques définitions. Qu'est-ce qu'un réflexe tendineux ? Un réflexe exagéré? Qu'est-ce que l'hystérie ? Voilà ce que nous voudrions pouvoir dire d’une façon nette et précise. Pareille œuvre serait au-dessus de notre tâche: nous nous contenterons d'indiquer ce que, en pratique, on désigne habituellement sous ces termes.

1° Réfleres tendineur : Nous comprenons sous ce nom la contraction musculaire qui se produit dans un muscle au repos lorqu'on pereule son tendon : cette contraction détermine un déplacement grâce auquel l'acte réflexe devient appréciable à nos yeux. Sa production exige l'intégrité des centres nerveux. :

Les principaux réflexes usuels en clinique sont : le réflexe rolulien et le réflexe du tendon d'Achille aux membres infé rieurs ; le réflexe du biceps, du triceps, des radiaux et des tendons juxtacarpiens aux membres supérieurs ; le-réflexe masselérin à la face. Nous ne signalerons que pour mémoire le réflexe du pectoral, du sterno-cleïido-mastoïdien, du fessier (Bechterew), du jambier antérieur, etc,

SHERINGTON! el certains auteurs ne considèrent pas le phénomène du genou comme un vrai réflexe : le temps de réaction entre la percussion du tendon rotulien et le mouvement d'extension de la jambe sur la cuisse serait trop court pour qu'on puisse admettre l'intermédiaire du système nerveux.Ce ne serait qu'un pseudo-réflexe tendineux. JexbrassiR proteste avec vigueur contre cette opinion. Nous le conservons donc dans ce groupe : qu'il soit faux ou vrai, les indicatons qu'on en lire sont plus précieuses encore que celles des autres réflexes, C’est le plus consulté d'habitude, quand on veut se renseigner sur l’état du tonus musculaire.

Il faut, pour sa recherche, perculer autant que possible avec un marteau à réflexe sur le tendon lui-même, le muscle étant en état de relâchement. L'important c'est de bien obtenir ce dernier état. Aussi vaut-il mieux le chercher, le sujet assis sur un siège un peu élevé {lable, bord du lit}, les jambes ballantes : il faudra détourner son attention en le faisant lire (Rosenbach), en le priant de faire effort du côté de ses membres supérieurs (Jendrassik), en examinant sa pupille (Petit), pour éviter la contraction de son triceps crural. Une précaution nécessaire dans certains cas d'expertise médicolégale est de fermer les yeux au malade pour éviter toute simulation.

Certaines conditions, telle que la contracture, rendent parfois impossible toute recherche des réflexes.

Le réflexe achilléen doit être recherché, le sujet à genoux, sur une chaise ou sur le bord du lit.

Les réflexes des avant-bras sont tantôl tendineux, tantôt musculaires ou osseux : il est parfois difficile de les différencier ; ils sont rarement dissociés dans leur exagération où

leur/diminution.

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20 Quand doit-on dire qu'un réflexe tendineux est exagéré ? Normalement, les réflexes ne sont pas absolument constants. Malgré les variations de l’état physiologique, les réflexes du membre supérieur ont toujours moins d'amplitude que ceux du membre inférieur ; ils peuvent être abolis jusque dans une proportion de5,3 0/0 (Bechterew et Nikitine), de 13 ou même 33 0/0 d’après L. Mobr, de Berlin. Par contre, les réflexes rotuliens le sont bien rarement à l'état physiologique ; on cite comme tout à fait exceptionnelles les statistiques d'Eulenberg : 9 fois abolis sur 214 enfants, T fois abolis sur 124 ; Glorieux ne les a trouvés absents qu'une fois sur 500 soldats; Kollarits, de Buda-Pesth, ne les à jamais vus manquer chez mille sujets ; G.-L. Walton et W.-E. Paul, Oppenheim les considèrent comme loujours normaux ; tout au plus,au-dessus de 50 ans, deviendraient-ils plus faibles et pourraient-ils manquer (Sommer et 0. Kopine).

Si les réflexes tendineux et en particulier les réflexes patellaires sont rarement affablis ou abolis chez l’homme normal, peuvent-ils être exagérés chez lui? Une question préalable se pose: s'il est facile de s'entendre sur ce qu'est l'abolition des réflexes, 11 n’en n’est pas de même de leur exagéralion. ;

Ce serait relativement simple, si nous avions à notre disposition des appareils pratiques pour mesurer l'intensité des réflexes. On établirait une échelle de variations normales au-delà de laquelle les réflexes seraient dits exagérés. Gacnière! a essayé d'enregistrer divers éléments cinémaüques du réflexe rotulien au moven de la photographie; d’autres dispositifs, imaginés par Castex, Sommer?, quoique moins complexes, ne sont pas encore entrésdans le domaine de la clinique. Aussi sommes-nous réduits à avoir

ar ER recours pour perculer au mode banal dans lequel entre un gros coefficient personnel, et à nos propres sensations pour juger de l'intensité du réflexe.

Quel est l'élément qui fait l'exagération ? Est-ce la rapidité avec laquelle la contraction musculaire suit la percussion du tendon, réduisant le temps perdu à son minimum ? Est-ce l'intensité de cette contraction et l’excursion plus considérable du membre? Est-ce la brusquerie avec laquelle elle s'effectue une fois qu’elle est commencée ? Le plus souvent toutes ces modifications sont réunies : peutêtre la plus appréciable en clinique est-elle l’extension plus considérable de la jambe sur la cuisse.

Dans l'impossibilité où l’on est de donner une ligne de démarcation absolue, nous nous contenterons de considérer comme exagéré tout réflexe dont l'intensité dépasse celle que l'on constate en général. Il y a toutefois des degrés : réflexes légèrement exagérés (vifs ou brusques), réflexes moyennement exagérés, réflexes très exagérés.

Ces derniers peuvent s'accompagner de secousses violentes, de tremblement ou de trépidation dans tout le membre. Nombreux.sont les réflexes tendineux qui peuvent alors être décelés. Sternberg', en 1893, en comptait 22 et en y ajoutant les réflexes periostiques, osseux et articulaires, arrivait au chiffre de 56. Un certain nombre ont été décrits depuis lors : réflexe contralatéral des adducteurs de Pierre Marie (contraction des adducteurs à la percussion du tendon rotulien du côté opposé) ; réflexe du dos du pied de Mendel-Bechterew, (la percussion de la région latérale du dos du pied au niveau du cuboïde et du troisième cunéiforme détermine la flexion des

orteils).

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Les réflexes tendineux peuvent-ils être exagérés à l’état physiologique ? Oui, chez certains sujets nerveux ou névropathes ; mais peut-on considérer ces derniers sujets comme absolument normaux ? Cette exagération ne peut Jamais s’élever jusqu'à l’hyperreflectivité tendineuse extrême de certaines maladies du système, nerveux jusqu’à la trépidation de tout le membre, l’apparition des réflexes anormaux et le phénomène de l’épilepsie spinale.

L'épilepsie spinale où clonus du pied consiste en une série d'oscillations rythmées qu'on obtient en fléchissant brusquement le pied et qui persistent pendant toute la durée de la flexion passive ; ce clonus appartient-1l au cadre de l’exagération des réflexes? Certains auteurs l’en rejettent : ils ont rencontré ce clonisme tendineux au cours de la fièvre typhoïde, alors que les autres réflexes sont diminués; dans de nombreux cas ils ont constaté sa dissocialon d’avec les réflexes tendineux, notamment au cours des anesthésies (Lanois et Clément). Pitres, de Fleury et Delom- Sorbé en font un phénomène purement musculaire. Weil, Albouze, Beaujeu le croient lié à l'irritabilité de l'écorce cérébrale ; Jendrassik, Brissaud ne croient pas le clonus en corcordance absolue avec les réflexes tendineux. Notre maître, M. le professeur Grasset, par contre, avec la plupart des auteurs (Charcot, Crocq, Joffroy), admet son origine réflexe: ce n’est pour eux qu'un procédé spécial destiné à mettre en évidence l’exagération du réflexe achilléen ; la percussion du tendon est remplacée par son extension rapide déplaçant le muscle dans le sens opposé à celui de sa contraction volontaire (Vulpian, Charcot, Ordenstein, Joffroy et Crocq). Nous croyons done pouvoir avec ces auteurs rattacher l’épilepsie spinale à l’exagération des phénomènes tendineux. D'ailleurs, mème ceux qui la considèrent comme d'origine purement

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