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EXAMEN DU CŒUR ET DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE

L'examen cardiologique, comme celui du système nerveux, devra être pratiqué par le médecin examinateur avec le maximum de prudence, du fait des délicats problèmes cliniques qu’il aura journellement à résoudre. Bien souvent, il y aura interpénétration des deux facteurs, cardiaques et neurologique, et il importera que le médecin se souvienne qu’un cardiaque est en même temps un névropathe hyper-vago ou sympathicotonique, et qu'une telle détermination nerveuse entraînera toujours d'importantes conséquences quant à la conduite des véhicules.

C'est pourquoi certains auteurs ont réclamé l’élimination systématique de tout individu présentant une lésion cardiaque quelconque, même si celle-ci se trouvait

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parfaitement bien compensée. Au surplus, on a fait remarquer que la conduite des véhicules — pendant quelquefois dix heures consécutives, ainsi que le fait se produit fréquemment dans certaines compagnies de transports automobiles — créait un état de fatigue dont le retentissement cardiaque pouvait être des plus graves, tant pour l’intéressé que pour les autres usagers de la route.

Inversement on a pu citer des cas nombreux de cardiaques authentiques conduisant sans aucun accident depuis de longues années. De là à contester l’utilité de tout examen médical, il n’y a qu’un pas !

Nous ne pouvons cependant oublier cet accident — devenu classique en quelque sorte — d’un autobus de la T.C.R.P. tombé dans la Seine et ayant entraîné la mort de plusieurs voyageurs : l’enquête avait alors prouvé que le chauffeur avait succombé subitement à une affection cardiaque, avant la chute de l’autobus dans le fleuve.

La cause de l’examen médical est maintenant jugée, et il ne nous importe plus que de savoir dans quelle mesure cet examen doit être pratiqué. Tout d’abord il faut souligner que le système actuel, prévu par la circulaire ministérielle, est mauvais, en ce sens qu’il manque par trop de souplesse puisqu'il ne prévoit que des éliminations définitives. Il faut au contraire rétablir les acceptations provisoires, comme le réclamait le Dr Cambessédès au dernier Congrès de la Route. Une telle mesure permettrait au médecin d'adapter plus étroitement ses décisions aux multiples nécessités de la clinique.

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Un candidat âgé d'environ 50 ans se présente à la consultation de la Préfecture ; l’examen décèle une aortite jusque-là méconnue. Le sujet n’a aucun trouble fonctionnel, pas d’anévrysme, ce n’est pas un neurotonique. Or la circulaire ministérielle est formelle : Elimination définitive du candidat. Ceci nous paraît une erreur tant clinique que sociale : l’aortite de l’homme de la cinquantaine est fréquente, souvent bien supportée. Il faut donc accorder à un pareil malade le bénéfice de l'acceptation provisoire en lui prescrivant simplement de se présenter tous les ans à la visite, afin de juger de l’évolution des lésions. Il est bien évident en effet que le médecin examinateur cherchera d’abord à déceler parmi les lésions cardiaques, celles qui, par leur conséquences les plus graves, vertiges, syncopes, mort subite, créent un véritable état de danger pour les autres usagers de la route.

Le médecin est avant tout un hygiéniste qui fait de la prophylaxie.

Aussi faudra-t-il ranger d’un côté, les affections cardiaques de rature indiscutablement éliminatoire du fait même de leur gravité ou du déséquilibre neurologique concomitant ; de l’autre, les lésions compatibles avec la conduite des automobiles, tout au moins de façon temporaire.

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1°. Maladies éliminatoires Les insuffisances cardiaques.

Toutes les insuffisances cardiaques, qu’il s’agisse d’insuffisance du muscle tout entier, ou d’une insuffisance du cœur gauche ou droit, sont évidemment incompatibles avec la conduite d’un véhicule.

L’insuffisance ventriculaire gauche.

C’est la plus fréquente des insuffisances cardiaques, car elle constitue l’aboutissement de la plupart des cardiopathies. Mais ce ne sera qu’exceptionnellement que le médecin examinateur se trouvera en face d’une insuffissance bien individualisée par tous ses signes. Bien plus souvent au contraire un seul symptôme devra faire redouter l'insuffisance cardiaque et ses redoutables complications. Le plus fréquent sera le galop gauche.

Bruit de galop gauche : Un tel bruit, mésocardiaque, entendu d’ordinaire assez près de la pointe, et caractérisé par le rapprochement de deux bruits — l’un présystolique, pathologique, l’autre systolique normal, tous deux. précédant le 2e bruit normal qui apparaît comme isolé — doit, par ses caractères ainsi précisés, faire conclure à une insuffisance ventriculare gauche, éli-

minatoire.

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