‹ De L'Excision Du Cul-De-Sac Conjonctival Dans Le Traitement De L'Ophtalmie GranuleuseChapitre 7 sur 28 · II. — MÉTHODE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

II. — MÉTHODE FRANÇAISE

Ici, les excisions sont moins larges, moins profondes; en aucun cas le cartilage tarse n’est entamé.

Comment procède-t-on ?

a) Richet fait, au préalable, la canthoplastie; le renversement des paupières étant ainsi facilité, il saisit la muqueuse du cul-de-sac dans une pince à griffes et, avec des ciseaux courbes, l’excise plus ou moins largement.

b) Galezowski renverse la paupière, saisit la muqueuse avec une pince à griffes ; la pince étant confiée à un aide, il limite par deux incisions les parties à réséquer et dissèque le lambeau, en allant du bulbe oculaire vers le cartilage tarse.

c) M. Truc agit de la façon suivante :

La paupière supérieure est renversée et confiée à un aide; l'opérateur saisit la muqueuse du cul-de-sac avec une pince à griffes et résèque au bistouri ou aux ciseaux les parties où paraissent siéger les granulations.

Le lambeau excisé comprend généralement tout le cul-desac, s'arrêtant d’un côté au niveau de la conjonctive bulbaire, de l’autre côté au niveau de l'angle que forme la saillie du bord postérieur du tarse. En aucun cas il n’entame le cartilage. L'opération terminée, on comprime énergiquement les paupières pour empêcher l’ecchymose et faire l’hémostase ; puis on modifie avec des ciseaux courbes les irrégularités des lèvres de la plaie. L’œil étant lavé avec une solution boriquée, on le débarrasse des caillots et on applique le pansement composé de rondelles de coton aseptisé, trempées dans une solution de sublimé à 0 gr. 20 pour 1,000.

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Ce pansement est maintenu humide toute la journée. Le lendemain, l'œil est nettoyé, irrigué avec une solution boriquée et on le laisse découvert, ou simplement protégé par un ban-

deau flottant.

III. — MÉTHODE AUTOPLASTIQUE Ce procédé, que Noissowski a seul employé jusqu'ici, est destiné à prévenir les inconvénients qui peuvent résulter d’un raccourcissement de la muqueuse.

L'opération comprend trois temps :

Premier temps.— Excision de la muqueuse du cul-de-sac, selon les procédés ordinaires.

Deuxième temps. — Dissection d’un lambeau de muqueuse labiale.

Troisième temps. — Suture du lambeau labial aux lèvres cruentées de la plaie conjonctivale, suture de la plaie labiale.

Il s’agit ici d’une véritable opération longue, douloureuse ; elle ne peut être faite avec le secours seul de la cocaïne, et entraine la nécessité d’une anesthésie générale. La gène qu’elle crée du côté de la bouche, la douleur qu’elle occasionne, enfin la gravité elle-même de l'opération, ne paraissent pas en rapport avec les résultats qu'elle fournit, et nous ne pensons pas que ce procédé, qui ne date que d'hier, ait des chances d’être vulgarisé.

Dans ces différents procédés d’excision, nous n’avons parlé que de l’excision du cul-de-sac supérieur; la même opération se fait sur la paupière inférieure : on opère simultanément les deux paupières à la fois, ou l’une après l’autre.

Nous ne pensons pas que l’excision du cul-de-sac inférieur

ls soit d’une très grande utilité, car nous avons rarement vu celui-ci être le siège de granulations tenaces.

Si un seul œil est opéré, il est inutile, sinon dangereux, de faire l’occlusion des deux yeux. En effet, l’occlusion chez les granuleux produit ou augmente l’irritation.

Dans les excisions peu étendues, M. Truc laisse quelquefois les deux yeux découverts. Dès que l’opération est finie, il applique un pansement compressif; une heure après, le pansement est défait, l'œil irrigué et recouvert d’un simple bandeau flottant (voir obs. VI).

Ceci n’est applicable qu'aux excisions peu larges et peu profondes.Après les opérations, telles queles pratiquent Treitel et les Allemands en général, les malades gardent le lit durant les trois premiers jours, ne prenant que des aliments liquides. Toutes les vingt-quatre heures, le pansement est changé, l'œil lavé, le sac conjonctival irrigué avec une seringue, après une instillation de quelques gouttes d’atropine et cocaïne.

Pendant ces différentes manipulations du pansement, la plaie est un peu tiraillée ; mais, en prenant des précautions, on peut agir sans craindre d’aviver la blessure. La paupière supérieure sera relevée, en appuyant la pulpe du pouce sur le rebord orbitaire et en attirant en haut le bord ciliaire, pendant que, de l’autre main, on maintient la paupière inférieure ; en manœuvrant avec précaution, on peut ainsi découvrir la cornée sans rompre les adhérences des lèvres de Ia plaie conjonctivale.

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