‹ De L'Excision Du Cul-De-Sac Conjonctival Dans Le Traitement De L'Ophtalmie GranuleuseChapitre 9 sur 28 · COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS

Il est dans les procédés d’excision du cul-de-sac employés en Allemagne une complication tellement fréquente, qu'on l'a considérée comme une suite normalede l'opération. Cette complication a pour siège ‘la cornée et consiste en une desquamation épithéliale plus ou moins large et profonde.

«Ces érosions cornéennes, dit Treitel, apparaissent le premier jour au moins dans la moitié des cas, à tel point que je les considère comme une suite naturelle de l’opération. » Heureusement elles ne laissent pas de trace ou du moins très peu. Néanmoins cette desquamation aboutit quelquefois à des infiltrations des lames profondes de la cornée, chez d’autres malades à de larges ulcères laissant des traces ineffaçables.

Treitel raconte qu'ayant opéré un enfant de douze ans, ïl se forma chez lui un abcès de la cornée qui aboutit à un leucome gênant considérablement la vision : «Chose d'autant plus regrettable, dit-1l, que cet enfant était entré dans notre service avec des cornées absolument intactes. »

Si l'on en recherche les causes, on voit que ces ulcérations seraient dues à la présence des fils de suture; d'où il est recommandé :

4° De couper les fils très courts ;

2 Dene pas mettre une seule suture placée à la partie médiane de la plaie opératoire, mais deux sutures : l’une vers la partie interne, l’autre vers la partie externe. Ces précautions

auraient permis à Treitel de voir disparaître ces complications cornéennes.

Il nous paraît préférable, comme le fait M. Truc, de ne point mettre de sutures. L’œil étant fermé, les lèvres de la plaie se coaptentnaturellement et'sesoudentrapidement. Si cependant, à cause de son étendue ou de sa profondeur, on croit devoir suturer la plaie, il serait préférable d'employer un catgut fin, dont la résorption sera rapide. Car l'enlèvement de ces fils de sutures sera encore une manœuvre délicate. Dans aucun cas, d’après Treitel, il ne faut songer à les enlever avant le dixième jour ; il faut attendre que la cicatrisation de la plaie soit assez complète pour qu’elle ne risque pas de s'ouvrir, quand on renverse la paupière supérieure. Et même si l'enlèvement des fils présente quelques difficultés (soit qu’ils aient été coupés trop courts, soit que l'œdème les cache), il n’y a pas d’inconvénient à les laisser plus longtemps en place. En effet, Treitel à remarqué que les lésions cornéennes, si elles doivent se produire, apparaîtront toujours avant le cinquième jour.

Dans deux cas, Galezowski a vu se produire les phénomènes septiques suivants: inflammation violente avec écoulement muco-purulent abondant, tous les symptômes d’une ophtalmie purulente et comme conséquence la fonte de l'œil.

. Ces accidents ont été observés dans les premières opérations de Galezowski, alors que l’antisepsie n'était pas connue ni pratiquée comme aujourd’hui ; ils paraissent reconnaitre comme cause directe une infection externe, soit par les instruments, soit par les objets de pansement.

Quelquefois aussi il se produit, sur les lèvres de la plaie, des bourgeons charnus assez volumineux. Leur présence se traduit par une irritation violente et douloureuse; il faudra les exciser rapidement.

Du côté des paupières, des déformations légères peuvent se produire. Le bord palpébral supérieur présentera une con-

2,00 vexité plus marquée qu'habituellement, ou bien en son milieu se trouvera comme une encoche. Ces déformations très peu appréciables résultent d’une excision irrégulière du cartilage tarse, et on ne les observe pas dans les méthodes françaises.

Du côté de la paupière inférieure, on pourra observer une légère déviation en bas du bord palpébral ; mais ces anomalies purement esthétiques et peu importantes en elles-mêmes sont rachetées par l’action favorable de l’opération sur la conjonetivite granuleuse. Rarement (quoi qu’en dise Panas) on a vu l’entropion directement produit par l’excision du cul-de-sac, jamais l'ectropion.

Le ptosis dela paupière supérieure a été observé plusieurs fois en Allemagne. Cependant il est moins fréquent que ne le ferait prévoir la théorie, car, se fondant sur les idées actuelles de l’anatomie, d’après lesquelles le muscle releveur de la paupière supérieure s’insère sur le bord supérieur convexe du cartilage tarse, on devrait toujours observer le ptosis après une opération dans laquelle on résèque ce bord supérieur du tarse. La description des insertions du releveur, due aux recherches de Schwalbe, nous expliquera pourquoi, en réalité, on observe si rarement le ptosis. D’après Schwalbe, le tendon du muscle releveur de la paupière supérieure vient se perdre dans un tissu situé en avant du cartilage tarse, entre celui-ci et le muscle orbiculaire; il appelle ce tissu « couche centrale de tissu conjonctif. » Aussi observe-t-on le ptosis surtout après des excisions aveugles, telles que celles pratiquées par Schneller avec sa pince automatique, car c’est principalement dans ce cas qu’on pourra léser le tissu sous-conjonctival.

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