‹ De l'éxecution d'ensembleChapitre 24 sur 41 · RossiNi. Guillaume Tell, n» 2 (duo du !«' acte · texte numérisé non relu

RossiNi. Guillaume Tell, n» 2 (duo du !«' acte

Dt: LEXÉCLTION D'ENSEMBLE. 129

Les considérations que Ton invoque en faveur deTopposilion manifeste, c'est-à-dire cette nouvelle méthode qui consiste à préférer, quand même, être à contre-archet, ne sauraient être prises au sérieux ; elles sont basées sur un système faux, qui porte atteinte même à la valeur de Tarliste; car, méconnaître le sentiment vrai des auteurs, c'est avouer en être dépourvu soi-même. El, si ce n'est point par cette cause que règne l'opposition, c'est du moins par négligence ou par inhabileté, qu'on préfère suivre un chemin où Ton sait ne rencontrer devant soi aucun obstacle.

Mais l'emploi constant des « coups doubles » amène inévitablement une diversité de rapports dans la conduite des archets; à part les points de repère où le sentiment est un guide certain déterminant soit le tiré, soit le poussé, il se rencontre chez les exécutants une individualité qui commande impérieusement chacun d'eux selon leur nature distincte, et les fait obéir instinctivement à des habitudes personnelles.

Ces différentes manières d'exprimer engendrent naturellement l'irrégularité dans les coups d'archet. Loin d'être un défaut, c'est une qualité, nous l'avons dit déjà, lorsque la nuance générale n'est obtenue que par des concessions réciproques de chacun des exécutants.

Autrement, quand la nuance le permet et lorsque les liaisons sont exprimées de manière à ne point entraver l'archet par des contresens, ce serait commettre une faute grave que de négliger de régler le phrasé par des façons identiques dans l'ensemble.

L'émission du son est de nature diverse :

130 DE L'EXÉCUTION IVENSEMBLE.

'1<^ Selon son intensité;

2" Selon sa durée;

S"* Selon la place qu'il occupe dans la mesure.

Ces trois manières d'être se modifient et se subdivisent à rinfini; mais les variétés qu'elles engendrent n'ont que deux façons, de se traduire par l'archet : soit en tirant, soit en poussant.

£t remarquons aussi que la voix procède de la même manière. Son mécanisme repose essentiellement sur les principes mêmes des instrumentistes \

En veut-on une preuve?

L*émission du son, dans la vocalise, sur la syllabe BEU très ouverte, suivie de la voyelle A beit-a^ au début d'un morceau, et après chaque repos ou silence marquant les différentes reprises du son — un commencement à nouveau, — ce procédé n'est-il pas en rapport direct avec le tiré de l'archet? En effet, que la phrase soit jouée ou chantée, si l'émission première repose sur le temps fort de la mesure, elle s'émettra naturellement par la syllabe beu-a comme par le tiré de Tarchet.

Nouvelle preuve à l'appui du tiré du larghetto de la symphonie en rc.

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