‹ De l'éxecution d'ensembleChapitre 32 sur 41 · SYMPHONIE PASTORALE · texte numérisé non relu

SYMPHONIE PASTORALE

Plusieurs points du texte de cette symphonie sont dissemblables dans les éditions françaises et allemandes :

1** Dans le premier morceau, à la reprise du motif (2* reprise), l'absence du signe abréviatif remplacé par des pauses aux mesures où se trouvent la répétition du trait en triolet par les premiers violons ;

2** L'appel du cor, arpégeant l'accord à\it pendant que les instruments à cordes tiennent celui de fa.

Ces deux points ont été le sujet de bien des commentaires, et en somme, le premier a été maintenu à l'exécution pendant près de vingt-cinq ans, c'est-à-dire la lacune des trois mesures simili qui se trouve dans la partie de i " violon, édition Siéber, ainsi que dans la partition de Fétis- Farrenc ! Nul critique de musique n'en a jamais fait la remarque, cependant.

Ce n'est pas comme pour le deuxième point, où la critique, malgré Ja rectification apportée naturellement par

<o2 I)F L'EXÉCUTION D'ENSEMBLE.

rcxéculion (la partie de cor contenant un la sous Taccord de fa, édition Siéber); la critique a jugé d'après le sol contenu dans la partition française, en déclarant cette note « une étrangeté, une bizarrerie, une incohérence», comme, par parenthèse, à l'égard du passage identique de la Sym-

phonie héroïque.

Il est au moins surprenant que les Fétis, les Berlioz, les Oulibischeff, etc., aient fondé un jugement par le secours des yeux et non par le secours de l'ouïe; qu'ils ne se soient pas aperçus ({vl* entendant la note vraie ils jugeaient comme ayant lu V « étrangeté », la note fausse.

Un autre point présente deux physionomies différentes, lesquelles déterminent deux intentions de caractère opposé : c'est dans l'orage, quelques moments avant l'explosion de la foudre. Les premiers violons font entendre deux notes persistantes : fa dièse, sol, par deux fois, suivies d'une gamme chromatique descendante; puis deux fois encore {sempre piii forte) ces deux notes fa dièse, sol, sont frappées à distance d'une mesure sans gamme chromatique ; puis montant d'un demi-ton, les notes sol, la bémol, répétées également à distance d'une mesure, poursuivent la progression, laquelle parvient enfin, par les notes la fi, si H, uty plus brièvement enlevées, à l'accord de septième diminuée du temps faible de la mesure sur lequel tombe en éclats toute la force de Torchestre.

Les deux notes fa dièse, sol, doublées par les flûtes, les hautbois, le basson, sont, dans la partition française, séparées : l'une détachée et brève, l'autre syncopée et soutenue. Ce qui donne une très grande vigueur d'attaque à ce dessin progressif, c'est le détaché qui précède, dans l'harmonie,

ainsi que pour les trois notes de la progression la H, sz y, ut, qui en est la conséquence naturelle.

On en voit Talténuation défectueuse dans les « liaisons » que contient l'édition Breitkopffet Hârtel, d'après lesquelles l'exécution perd tout l'effet de ces accents énergiques.

Et nous nous rappelons encore les seconds violons dans la progression chromatique descendante qui suit, faisant une sorte d'écho répété trois ou quatre fois par suite d'un accent placé par erreur une mesure plus tard que le sforzato général de tout l'orchestre! C'était d'un effet saisissant mais d'invention gratuite.

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