‹ De l'éxecution d'ensembleChapitre 33 sur 41 · SYMPHONIE EN LA · texte numérisé non relu

SYMPHONIE EN LA

Les diverses éditions de cette symphonie s'accordent à peu près entre elles, quant à la conformité du texte, à l'exception cependant de quelques points que nous avons relevés dans nos Curiosités musicales. Nous ajouterons' une remarque qui, jusqu'ici, n'a pas encore été faite. Nous voulons parler du scherzo.

On se demande, vu la longueur de ce morceau, si Beetho ven s'est rendu compte de l'extension qu'il y apportait par le da capo ou répétition de reprises. On se demande encore par quel procédé il a établi ces retours traditionnels? Ça ne peut être par les avoir écrits à nouveau? Bien sûr! Alors il faut croire que c'est au moyen d'une note explicative, telle qu'on en trouve dans les quatuors, qu'il aura dû recourir, sans doute. De toute manière il est surprenant que l'on n'ait point trace de quelques signes indicatifs quelconques, d'aucun indice au sujet des reprises provenant directement du maître; que celles-ci aient été in-

terprélées avec tant de confiance que la critique ne s'en soit pas occupée ! Et cependant il y avait matière à discussion.

Ainsi, par exemple, en ce qui regarde ]e scherzo de la symphonie en /a, on aurait souhaité être renseigné sur les indications d'après lesquelles ont été établies les différentes reprises dans les textes gravés.

Il est probable qu elles nous auraient donné la clef de bien des incertitudes.

On s'explique très bien que les points de la deuxième reprise soient une erreur de gravure, carTauteur, s*il eût tenu à redire cette reprise, Teût indiquée bien certainement 13 mesures plus tôt, après la conclusion du ton de fa, tandis qu'il continue les imitations du dessin commençant la deuxième reprise, pour arriver à une tenue qui fait enchaînement au trio, — sorte de coda,

II n'y a pas de doute ici. Où le doute commence, c'est au (la capo du scherzo, «iprès le trio.

En effet, ce da capo ne s'effectue pas comme « à l'ordinaire ». Au lieu d'aller de suite, la première reprise se reprend comme la première fois, avec la différence d'un « pianissimo » continu qui s'étend de la première à la seconde reprise, jusqu'au crescendo amenant la conclusion du ton de fa. Cette nuance allant à l'encontre de la double attaque /br/e que contient la partition de Fétis-Farrenc, et de l'instrumentation qui reste la même, aurait dû, ce semble, être expliquée autrement que par les observations ordinaires de pp. L'auteur, afin d'éviter toute équivoque, devait exprimer son intention par une indication comme, par exemple, celle contenue dans le deuxième quatuor.

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op. 59, et qui avec une légère variante pourrait servir ici :

La capo il minore ma senza replica e allora ancora iina volta il trio e dopo di nuovD da capo il minore senza replica.

Cette intention n'étant mentionnée d'aucune façon, il en résulte un doute à Tégard de son authenticité. A ce propos on a dit qu'en présence d^un développement aussi grand, Habeneck avait eu Tidée de faire jouer tout son orchestre pianissimo pendant une période assez longue ! Et de ce fait \id pianissimo aurait été établi. Pour admettre cette hypothèse, il faut nécessairement convenir d'une erreur dans le da capo intégral du scherzo^ ou de l'absence d'une note comme celle-ci : « Si répète la secunda parte ^ al suo piacere [Quatuorip. 133). »

Il est donc permis d'élever un doute à l'égard de la confection de ce morceau et d'invoquer un souvenir qui nous revient à la mémoire.

Bien avant la publication de ces belles éditions de luxe, nous nous rappelons avoir dirigé cette symphonie au « Cercle des Amateurs », tenu par M. de Bez, sur une partition grand format, Wienn, bey Tobias^ Haslingen^ croyonsnous, dans laquelle le scherzo, après le trio, reprend à l'ordinaire, c'est-à-dire senza replica par un simple da capo qui, par parenthèse, oblige de revenir aux pages tournées déjà (comme pour la symphonie avec chœurs, édition Schott), jusqu'à la coda conduisant aux quelques mesures du trio avant la conclusion. Ce serait une raison pour confirmer la « venue » après coup du pianissimo.

Pour ce qui est du menuetto de la symphonie en si bé-

mol, Beelhoven a dû bien certainement, après avoir écrit le conduit ramenant au menuetto, indiquer par un signe quelconque le da capo avec cette recommandation : « senza replica » en ajoutant « allora encora una volta il trio » et, comme ce trio n'a pas de reprise marquée, s'abstenir d y joindre les mots « senza replica ».

Sans cette précaution, ce morceau, bien qu'il soit de moindre dimension, prenait les développements du scherzo de la symphonie en la. Ce que Beelhoven a fait pour Tun, il a du le concevoir pour l'autre, surtout par rapport à la dimension de ses reprises.

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