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SYMPHONIE AVEC CHŒURS

Nous avons mentionné, en parlant de cette symphonie, dans nos Curiosités musicales^ les points susceptibles d'interprétation dissemblable.

Nous avons comparé le scherzo en l'analysant au point de vue de la structure, avec le scherzo de la symphonie en t/^ majeur;

Nous avons discuté, dans un autre ouvrage, la Société des Concerts^ au sujet de la rentrée du motif par le hautbois, dans le trio, la véridicité de Viii bécarre suivant immédiatement le si bémol, sans le secours de la progression chromatique la, si by si H, ut H.

Ajoutons ici une dernière remarque concernant ce passage à un autre point de vue.

Le P qui se trouve placé sous le premier ut bécarre du basson, dans l'édition des frères Schott (la première en date), est reculé d'une mesure dans Tédition Breitkopff et Hartel.

La raison qui nous fait considérer ce déplacement de nuance comme fautif nous fait repousser Tintervention du 51 naturel, malgré son adoption à l'exécution. — Tradition respectée à laquelle on s*est habitué.

D'abord, la place qu'occupent les bécarres ôte le doute d'une substitution de note. En effet, le bécarre du temps levé est reproduit au premier temps de la mesure qui suit, ce qui fait concevoir pour la seconde syncope le maintien de Vîit naturel qui, une deuxième fois, est naturalisé au commencement de la mesure suivante où il se trouve également syncopé,

^ ut

^ut, ut

tj utf suivant le texte ;

tandis qu'avec l'écriture moderne, on pourrait, à langueur, présumer d'une note fausse, la relation des bécarres se trouvant observée,

a ui

ut, H ut

ut

et admettre une substitution de note,

S' si

si, ^ ut\ ut

Maintenant, en ce qui concerne la nuance, on remarquera que le P, ainsi placé sous le premier ut naturel, se trouve 1"* en parfait rapport avec la carrure de phrases qui précèdent ; 2* qu'il détermine ime espèce d'écho par la répétition mélodique des mêmes notes sur une tonalité nouvelle,

avant de conduire au retour du motif.

DE L'KXÉCUTION D'ENSEMBLE.

Dans Tédition publiée par M"® veuve Launor, à Paris, on a suivi pas à pas la même ordonnance que celle de la partition des frères Schott, à Vienne. Le texte de ces deux

éditions rend fidèlement la disposition probable du manu scrit de Fauteur.

On ne peut signaler que deux omissions : celle du da capo et celle du renvoi à la coda.

Ces omissions sont une preuve que Fauteur entendait suivre la règle des reprises. — Ceci étant, il s'est abstenu, de toute indication.

On doit donc interpréter son silence comme devant procéder à l'ordinaire, c'est-à-dire en sous-entendant le da capo seiiza replica entre le point d'orgue et la coda^ ainsi que le renvoi à la coda, après le point d'orgue qui précède le conduit menant au trio.

Il n'en est pas de même pour l'édition de Breitkopff et Hârtel .

Le retour au scherzo (le D. C.) est gravé tout au long dans la partition , ainsi que dans les parties d'orchestre ; gravé textuellement à la suite, c'est-à-dire avec les mêmes reprises indiquées et accompagnées de 1'® et 2® fois pour la seconde reprise; enfin tout comme au commencement du morceau, jusqu'au conduit où, au lieu de poursuivre, on passe à la coda.

Pour éviter une pareille interprétation, il ne fallait pas que l'auteur s'en tînt au sous-entendu; il fallait mettre les points sur les i, écrire: D. C. senza replica j en un mot exprimer son intention pour ceux qui ne la comprendraient pas.

Les progrès obtenus par l'orchestre de la Société des concerts ont mis en lumière certains effets dont on n'avait pas ridée jusque-là.

«64 DE L'EXÉCLTION D'ENSEMBLE.

La perfection d'exécution, à laquelle on est parvenu par les difficultés vaincues de Tœuvre de Beethoven, a ouvert une voie nouvelle aux nombreuses ressources qui, peu à peu se faisant jour, en augmentèrent considérablement l'intérêt par la puissance des nouveaux moyens acquis. Ceux-ci se développant furent un des auxiliaires à la variété des détails, à là richesse des effets, à Tintelligence de l'interprétation des auteurs anciens et modernes.

Et ce résultat est dû au génie régénérateur de Beelhoven et au degré éminent où est arrivée l'exécution.

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