A. FAVRE
vantes, selon la nature et la marche plus ou moins avancée de la tumeur :
1° L’exentération complète sous-périostée, dans laquelle, après le débridement des paupières, l’incision de la base de l’orbite, à travers la conjonctive, jusqu'à l’os, le décollement du périoste orbitaire, et la section du pédicule, on se trouve en face d’une vaste plaie, dont la guérison se fait par bourgeonnement. Mais ce bourgeonnement ne se fait pas sans inconvénient ; le tissu cicatriciel, en effet, qui lui fait suite, tiraille les paupières qui se rétractent, attirées vers le sommet de l’orbite, empêchant d’une façon absolue l’usage d’un œil artificiel, et obligeant d’avoir recours à la prothèse sus-palpébrale, si l’on recherche un résultat esthétique meilleur. Nous ajouterons que, dans quelques cas, l’ablation opératoire plus ou moins complète des paupières vient rendre plus difficile encore la restauration plastique.
2° L’exentération sous-conjonctivale dans laquelle on libère la conjonctive bulbaire sans toucher aux muscles en la fendant horizontalement, de manière à avoir deux lambeaux, l’un supérieur, l’autre inférieur, le reste de l’exentération se faisant comme dans le premier cas.
3° L’exentération sus-périostée, où, respectant le squelette de l’orbite, y compris le périoste, on fait seulement l’ablation complète des parties molles (1).
(4) Lagrange, Tumeurs de l'Orbite, t. IN, p.565.
Nous ne décrirons que la première de ces Opérations, en étudiant successivement ses indications, la technique opératoire, les méthodes de restauration plastique et leur résultat. Nous reproduirons enfin quelques observations qui ont paru suffisamment intéressantes à notre maître, le professeur Rollet, pour faire le sujet de notre thèse.