SURJETS MUSCULAIRES ET SUTURE DE LA PEAU
Le sujet est alors remis sur le dos. On change de gants el d'instruments, et, par une courte incision présterno-mastoidienne gauche, on va à la recherche de l’œsophage. I faut quelques minutes pour procéder à ce temps, si l'on a soin de chercher l’œsophage très bas, près de l’orifice supérieur du thorax, Point n’est besoin de voir la thyroïdienne inférieure. li faut d’ailleurs ménager soigneusement la vascularisation déjà précaire de ce segment d’œsophage.
Si l'organe extrait est sulfisamment long, on peut en profiter pour le faire descendre au-dessous du niveau de la clavicule, sous un petit tunnel de peau. Sinon, on l'abouche à la peau comme un intestin, en le laissant dépasser un peu pour pailier à la rétraction toujours considérable. Sulfamides dans la plaie. Fermeture partielle de celle-ci. On adapte immédiatement un gros tube en verre qui, par un conduit en caoutchouc intermédiaire, sera raccordé à la sonde de gastrostomie.
La salive, sans cesse déglutie, est ainsi dérivée,
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Les suites opératoires vont évidemment nécessiter une surveillance constante. Réchauffement, toni-cardiaques, sérum en abondance sous-cutané et intraveineux, perfusion san- £uine, au besoin, seront largement utilisés. Il est bon de procéder à une oxygénothérapie constante. Le procédé le plus simple et le mieux supporté consiste à introduire par une narine jusque dans le naso-pharynx une petite sonde de Nélaton, à laquelle on adapte le tube à oxygène.
La première préoccupation du chirurgien sera ainsi de Jutter contre le choc opératoire et l’anoxhémie. Cette question est en général liquidée dans les quarante-huit heures.
À part le danger d’hémorragie, c’est l'infection qui est à redouter. La sulfamidothérapie sera continuée pendant plusieurs jours. Si la plèvre a été drainée, on maintiendra le drain fermé et on ne l’ouvrira que deux fois dans les vingtquatre heures. Si l’on a drainé le médiastin, on procédera de la même façon en laissant le drainage quarante-huit heures.
Enfin, s'il n’a été procédé à aucun drainage, on surveillera l'hémothorax. S’il n’augmente pas et si la température est bonne, le mieux est d'y toucher le moins possible. Sinon, on ponctionne, on suit la formule cyto-bactériologique de l'épanchement, et on se tient prêt, en cas d'infection, à glisser dans la plèvre un drain de Monod adapté à un siphonage, ou, Mieux, à une aspiration continue.
Les complications pulmonaires sont également des plus à redouter. La sulfamidothérapie et l'oxygénothérapie en constituent les meilleurs préventifs.
‘Une fois la guérison opératoire acquise, se posera le problème de la confection de l'œsophage préthoracique. Mais il ne laut Songer à entreprendre cette nouvelle série d’exercices périlleux qu'après un délai sulfisamment long. Dans l’observation 1 du Docteur Laumonier, on.s’est cru autorisé à faire, après un délai de huit mois, le premier temps d'œsophagoplastie. Quelques semaines après, le malade mourait d'une énorme récidive locale. |