I Cor., il
Oserai-je ajouter, en présence d'Emmanuel 1 , que les infidèles ont senti et que les chrétiens ont admiré sa valeur? Toutes les nations s'attendrissent en éprouvant sa douceur, sa bonté, sa magnificence, son aimable sincérité, sa constance à toute épreuve dans ses engagements, sa fidélité, qui égale dans ses alliances la probité et la délicatesse des plus vertueux amis dans leur société privée. Avec un cœur semblable à celui d'un tel frère, prince, il ne tenoit qu'à vous de marcher sur ses traces. Vous étiez libre de le suivre ; vous pouviez vous promettre tout ce que le siècle a de plus flatteur : mais vous venez sacrifier à Dieu cette liberté et ces espérances mondaines. C'est de ce sacrifice que je veux vous parler à la face des saints autels. J'avoue que le respect devroit m'engager à me taire; « mais l'amour, comme saint Berce nard le disoit au pape Eugène 2 , n'est point retenu par le res- « pect... Je vous parlerai, non pour vous instruire, mais pour « vous conjurer comme une mère tendre. Je veux bien paroître « indiscret à ceux qui n'aiment point, et qui ne sentent pas u tout ce qu'un véritable amour fait sentir. » Pour vous, je sais que vous avez le goût de la vérité, et même de la vérité la plus forte. Je ne crains point de vous déplaire en la disant : daignez donc écouter ce que je ne crains point de dire. D'un côté l'Église n'a aucun besoin du secours des princes de la terre, parce que les promesses de son Époux tout-puissant lui suffisent ; d'un autre côté les princes qui deviennent pasteurs peuvent être très-utiles à TÉgUse, pourvu qu'ils s'humilient, qu'ils se dévouent au travail, et qu'on voie reluire en eux toutes les vertus pastorales. Voilà les deux points que je me propose d'expliquer dans ce discours.