‹ De l'existence de Dieu: Lettres sur la religion. Discours pour le sacre de l'électeur de CologneChapitre 99 sur 165 · Hor. } lib. II, sat. vi · texte numérisé non relu

Hor. } lib. II, sat. vi

raoMOMcâ AU SACRE DE L'eLECTEUB DE COLOGNE

Dans l'église collégiale de Saint-Pierre, à Lille, le 1er mai 1707.

Depuis que je suis destiné à être votre consécrateur, prince que l'Église voit aujourd'hui avec tant de joie prosterné au pied des autels, je ne lis plus aucun endroit de l'Écriture qui ne me fasse quelque impression par rapport à votre personne. Mais voici les paroles qui m'ont le plus touché : <c Étant libre à l'é- « gard de tous, dit l'Apôtre *, je me suis fait esclave de tous, « pour en gagner un plus grand nombre : Cùm liber essem ex « omnibus, omnium me servum feci, ut plures lucrifacerem. » Quelle grandeur se présente ici de tous côtés ! Je vois une maison qui remplissoit déjà le trône impérial il y a près de quatre cents ans. Elle a donné à l'Allemagne deux empereurs et deux branches qui jouissent de la dignité électorale. Elle règne dans la Suède, où un prince, au sortir de l'enfance, est devenu tout à coup la terreur du Nord. Je n'aperçois que les plus hautes alliances des maisons de France et d'Autriche : d'un côté vous êtes petit- fils de Henri le Grand, dont la mémoire ne cessera jamais d'être chère à la France ; de l'autre côté, votre sang coule dans les veines de nos princes, précieuse espérance de la nation. Hélas! nous ne pouvons nous souvenir qu'avec douleur de la princesse à qui nous les devons, et qui fut trop tôt enlevée au monda!

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