‹ De l'existence de Dieu: Lettres sur la religion. Discours pour le sacre de l'électeur de CologneChapitre 102 sur 165 · Is., lx, il ei seq · texte numérisé non relu

Is., lx, il ei seq

lui avec tremblement, de peur que sa colère ne s'enflamme, et ) que vous ne périssiez en vous égarant de la voie de la justice. Dieu jaloux renverse les trônes des princes hautains, et il fait asseoir en leurs places des hommes doux et modérés; il fait secher jusqu'aux racines des nations superbes, et il plante les humbles 1 pour les faire fleurir; il détruit jusque dans ses fondements toute puissance orgueilleuse ; il en efface même la mémoire de dessus la terre 1 . Toute chair est comme Vherbe, et sa gloire est comme une fleur des champs : dès que l'esprit du Seigneur souffle, cette herbe est desséchée, et cette fleur tombe *.

Que les princes qui se vantent de protéger l'Église ne se flattent donc pas jusqu'à croire qu'elle tomberoit s'ils ne la portaient pas dans leurs mains. S'ils cessoient de la soutenir, le Tout-Puissant la porleroit lui-mêâfle. Pour eux, faute de la servir, ils périr oient *, selon les saints oracles.

Jetons les yeux sur l'Église, c'est-à-dire sur cette société visible des enfants de Dieu qui a été conservée dans tous les temps : c'est le royaume qui n'aura point de fin. Toutes les autres puissances s'élèvent et tombent : après avoir étonné le monde, elles disparoissent. L'Église seule, malgré les tempêtes du dehors et les scandales du dedans, demeure immortelle. Pour vaincre, elle ne fait que souffrir ; et elle n'a pas d'autres armes que la croix de son Époux.

Considérons cette société sous Moïse : Pharaon la veut opprimer; les ténèbres deviennent palpables en Egypte; la terre s'y couvre d'insectes ; la mer s'entr'ouvre, ses eaux suspendues s'élèvent comme deux murs ; tout un peuple traverse l'abîme à pied sec ; un pain descendu du ciel le nourrit au désert ; l'homme parle à la pierre, et elle donne des torrents : tout est miracle pendant quarante années pour délivrer l'Église captive.

Hâtons-nous ; passons aux Machabées : les rois de Syrie persé-

i. Luc, I, 52.

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