Mattd., xx
autres. Vous le voyez; le Fils de Dieu, que vous allez représenter au milieu de son peuple, n'est point venu jouir des richesses, recevoir des honneurs, goûter des plaisirs, exercer un empire mondain : au contraire, il est venu s'abaisser, souffrir, supporter les foibles, guérir les malades, attendre les hommes rebelles et indociles, répandre ses biens sur ceux qui lui feroient les plus grands maux, étendre tout le jour ses bras vers un peuple qui le contrediroit. Croyez-vous que le disciple soit au-dessus du maître ? Voudriez-vous que ce qui n'a été en Jésus-Christ qu'un simple ministère fût en vous une domination ambitieuse ? Comme Fils de Dieu, il étoit la splendeur de la gloire du Père et le caractère de sa substance * ; comme homme, il comptoit parmi ses ancêtres tous les rois de Juda qui avoient régné depuis mille ans, tous les grands sacrificateurs, tous les patriarches. Au lieu que les plus augustes maisons se vantent de ne pouvoir découvrir leur origine dans l'obscurité des anciens temps, celle de Jésus- Christ montroit clairement, par les livres sacrés, que son origine remonte jusqu'à la source du genre humain. Voilà une naissance à laquelle nulle autre, sous le ciel, ne sauroit être comparée. Jésus -Christ néanmoins est venu servir jusqu'aux derniers des hommes : il s'est fait l'esclave de tous.
Nul disciple ne doit espérer d'être au-dessus du maître. Il est donné aux apôtres de faire des miracles encore plus grands que ceux du Sauveur : l'ombre de saint Pierre suffît pour guérir les malades ; les vêtements de saint Paul ont la même vertu. Mais ils ne sont que les esclaves des peuples en Jésus-Christ : nos autem servos vestros per Jesum *. Fussiez-vous Pierre, fondement éternel de l'Église, vous ne seriez que le serviteur de ceux qui servent Dieu. Fussiez-vous Paul, apôtre des nations, ravi au troisième ciel, vous ne seriez qu'un esclave destiné à servir les peuples pour les sanctifier.
Et pourquoi est-ce que Jésus-Christ nous confie son autorité?