‹ De l'existence de Dieu: Lettres sur la religion. Discours pour le sacre de l'électeur de CologneChapitre 126 sur 165 · Is., XL · texte numérisé non relu

Is., XL

serez plus féconde que jamais dans votre vieillesse. Les voilà x>enus de l'aquilon, de la mer, et de la terre du midi,,, levez les yeux autour de vous, et voyez; tous ceux-ci s'assemblent, et viennent à vous. épouse, Us vous environnent, et vous en serez ornée. mère qu'on croyoit stérile, vos enfants vous diront : L'espace est trop étroit; donnez-nous en d'autres pour habiter. Et vous direz dans votre cœur : Qui est-ce qui m'a donné ces enfants, à moi qui étois stérile et captive en terre étrangère? qui est-ce qui les a nourris? Tètois seule et abandonnée; et ceux-ci, où étoient-ils alors * ?

Peuples, pour le bonheur desquels se fait cette consécration, que ne puis-je vous faire entendre de loin ma foible voix ! Priez, peuples, priez; toutes les bénédictions que vous attirerez sur sa tête reviendront sur la vôtre; plus il recevra de grâces, plus il en répandra sur le troupeau.

Et vous, ô assemblée qui m'écoutez, n'oubliez jamais ce que vous voyez aujourd'hui; souvenez- vous de celte modestie, de cette ferveur pour le culte divin, de ce zèle infatigable pour la maison de Dieu. N'en soyez pas surpris : dès son enfance, ce prince a été nourri des paroles de la foi; le palais où il est né avoit, nonobstant sa magnificence, la régularité d'une communauté de solitaires; on chantoit dans cette cour, comme au désert, les louanges de Dieu. Le Seigneur n'oubliera point tant de marques de piété devenues comme héréditaires dans cette maison : après les jours de tempête, il fera en un luire sur elle des jours sereins, et lui rendra son ancien éclat.

Vous voyez, mes frères, ce prince prosterné au pied des autels; vous venez d'entendre tout ce que je lui ai dit. Eh! qu'est-ce que je n'ai pas osé lui dire! eh! qu'est-ce que je ne devois pas lui dire, puisqu'il n'a craint que d'ignorer la vérité? La plus forte louange le loueroit infiniment moins que la liberté épiscopale avec laquelle il veut que je lui parle. Oh ! qu'un prince se montre grand quand il donne cette liberté! oh! que celui-ci

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