‹ De l'existence de Dieu: Lettres sur la religion. Discours pour le sacre de l'électeur de CologneChapitre 142 sur 165 · LETTRE IV · texte numérisé non relu

LETTRE IV

Exhortation à demeurer ferme parmi les combats à soutenir contre les anciens préjugés et contre les affections de la nature : ces combats seront suivis dn plus parfait repos.

Je ne m'étonne nullement de l'état violent où vous vous trouvez. « Le règne de Dieu, dit le Saint-Esprit S souffre violence. » On ne renaît point sans douleur. Vous auriez tort, si vous ne sentiez pas une extrême peine à quitter tout ce qui vous étoit le plus cher, et à vous renoncer vous-même. On ne meurt point sans le sentir; mais celui qui vous afflige sera luimême votre consolateur. La vérité vous délivrera : alors vous serez véritablement libre 2 ; vous goûterez la consolation de sacrifier à Dieu vos anciens préjugés.

Il est vrai que la religion catholique vous donnera, contre votre amour-propre , des leçons d'humilité dont vous aurez un peu à souffrir, parce que la religion où vous avez été nourri flattoit votre présomption naturelle, et vous rendoit juge de la parole de Dieu même. Mais vous sentirez la vérité de ces paroles de Jésus-Christ : «Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes \ » Vous trouverez un repos intérieur à vous rabaisser et à vous corriger, que

i. Matth., xi, 13.

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