‹ De l'existence de Dieu: Lettres sur la religion. Discours pour le sacre de l'électeur de CologneChapitre 5 sur 165 · IV DES ÉCRITS PHILOSOPHIQUES · texte numérisé non relu

IV DES ÉCRITS PHILOSOPHIQUES

On reproche à Fénelon de n'avoir pas dédaigné de réfuter des hypothèses aussi ridicules que celles d'Épicure et de Lucrèce sur la formation du monde, et même de s'être un peu trop étendu à en développer les extravagances et les absurdités ; mais quelle sagacité il montre en même temps dans ses raisonnements, et quelle richesse il étale dans sa diction ! que d'élévation dans ce morceau sur l'union de l'âme et du corps 1 * Comme ! « l'Écriture nous représente Dieu qui dit : Que la lumière « soit, et elle fut : de même la seule parole intérieure « de mon âme, sans effort et sans préparation, fait ce « qu'elle dit. Je dis en moi-même, par cette parole si « intérieure, si simple et si momentanée : Que mon « corps se meuve, et il se meut. A cette simple et intime « volonté, toutes les parties de mon corps travaillent ; « déjà tous les nerfs sont tendus, tous les ressorts se « hâtent de concourir ensemble, et toute la machine « obéit, comme si chacun de ses organes les plus secrets « entendoit une voix souveraine et toute-puissante. « Voilà sans doute la puissance la plus simple et la plus « efficace que Ton puisse concevoir ; il n'y en a aucun « exemple dans tous les êtres que nous connoissons ; « c'est précisément celle que tous les hommes, perce suadés de la Divinité, lui attribuent dans tout l'univers. « L'attribuerai-je à mon foible esprit ou à la puissance « qu'il a sur mon corps, qui est si différent de lui ?

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