Fénelon, Démonstration de l'existence de Dieu
DE FÉMEL0N V
« Croirai-je que ma volonté a cet empire suprême par « son propre fonds, elle qui est si foible et si impuis- « santé ? Mais d'où vient que, parmi tant de corps, elle « n'a ce pouvoir que sur un seul ? Nul autre corps ne se « remue selon les désirs de ma volonté. Qui lui a donné « sur un seul corps ce qu'elle n'a sur aucun autre ? »
Si Fénelon a suivi Cicéron dans la première partie de son Traité, dans la seconde il suit Descartes. « Il se « sert de son doute méthodique pour parvenir à la con- « noissance d'une première vérité ; et bientôt il arrive, a comme lui, à cette proposition fondamentale, base de « toute certitude : Je pense, donc je suis. Il s'élève ente suite comme lui de conséquence en conséquence, juste qu'à l'idée de l'être nécessairement infini, que nous a appelons Dieu. Cette idée exalte son imagination sen- « sible, et il prouve que rien ne caractérise mieux la « Divinité que ce mot vraiment sublime : Celui qui est. « Il ne veut pas qu'on y ajoute rien , pas même le mot « d'infini 1 . »
Fénelon réfute en passant ce qu'on nomme le spinosisme, mais en peu de mots : a On voit, ajoute M. de La . « Harpe, qu'il dédaigne de s'occuper longtemps d'un a système en général si obscur et si monstrueux dans ce « qu'on en peut comprendre. C'est en effet une peine a bien perdue que de chercher à entendre un homme o qui probablement ne s'est pas entendu lui-même. Fé-