PREMIÈRE PARTIE «h
Seigneur, que tout l'être est en vous, vous épuisez et vous engloutissez, ô abîme de vérité, toute ma pensée ; je ne sais ce que je deviens : tout ce qui n'est point vous disparaît, et à peine me reste-t-il de quoi me trouver encore moi-même. Qui ne vous voit point n!arien vu; qui ne vous goûte point n'a jamais rien senti : il est comme s'il n'était pas ; sa vie entière n'est qu'un songe. Levez-vous, Seigneur, levez- vous ! qu'à votre face vos ennemis se fondent comme la cire et s'évanouissent comme la fumée. Malheur à l'âme impie qui, loin de vous, est sans Dieu, sans espérance, sans éternelle consolation ! Déjà heureuse celle qui vous cherche, qui soupire et qui a soif de vous! mais pleinement heureuse celle sur qui rejaillit la lumière de votre face, dont votre main a essuyé les larmes, et dont votre amour a déjà comblé les désirs! Quand sera-ce, Seigneur? O beau jour sans nuage et sans fin, dont vous serez vous-même le soleil et où vous coulerez au travers de mon cœur comme un torrent de volupté ! A cette douce espérance mes os tressaillent et s'écrient : Qui est semblable à vous ? Mon cœur se fond et ma chair tombe en défaillance, ô Dieu de mon cœur, et mon éternelle portion !
i*2 DE I/EX18TEMCE BE BIEU
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